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Le commandant des forces de l’Otan en Europe a durci le ton face à la Russie en appelant les pays membres à « adresser aux Russes un message clair et concis » en réponse à la multiplication des attaques hybrides attribuées à Moscou.
Luc Chaillot - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :
Le chef militaire de l’Otan a adressé un avertissement à la Russie en réponse à l’intensification de la guerre hybride contre les pays membres qui soutiennent l’Ukraine. « Nous veillerons à ce que toute attaque contre n’importe quel allié se révèle totalement vaine », a assuré le général Alexus Grynkewich qui présentait lundi 12 octobre sa « théorie de la victoire » sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d’agression à l’occasion du Forum de la sécurité de Varsovie en Pologne.
Le commandant suprême des forces alliées en Europe ne considère pas toutefois « qu’un conflit est imminent ou inévitable » mais il appelle les pays membres de l’Otan à « adresser aux Russes un message clair et concis quant à nos lignes rouges ». Le général américain réagissait à la multiplication des attaques hybrides attribuées à la Russie alors que le scénario d’une attaque conventionnelle semble peu probable. « Il est important que les Alliés continuent de se consulter et de réfléchir à la manière dont nous pourrions réagir », ajoute le chef militaire de l’Otan en laissant entendre que les pays de l’Alliance ont du mal à faire bloc face aux provocations russes.
Les fréquentes incursions de drones cherchent à tester la réactivité des défenses aériennes des pays européens. Une étape supplémentaire a été franchie en août dernier avec la découverte d’un drone explosif sur l’aéroport de Leipzig en Allemagne qui aurait pu faire des victimes.
Cyberattaques et sabotages
La Russie est aussi accusée d’être derrière des cyberattaques et des sabotages qui visent à déstabiliser les sociétés dans les pays alliés de l’Ukraine. La Pologne a ainsi failli être victime d’une panne géante de son système électrique provoquée par des pirates informatiques proches des services de renseignement russes en décembre dernier. L’alerte a été jugée assez sérieuse pour que la France décide d’organiser un exercice de black-out national en 2027 après s’être dotée d’un nouvel état d’alerte de sécurité nationale depuis août dernier.
Emmanuel Macron a rappelé que la France avait « déjà été l’objet d’attaques hybrides » dont plusieurs ont été attribuées à la Russie. « Le risque existe, il est réel et la menace a été rehaussée », a reconnu le président après avoir réuni les chefs de parti et les candidats à la présidentielle le 18 septembre dernier. Emmanuel Macron avait aussi évoqué les risques d’interférences russes dans les élections.
Lundi, le Premier ministre britannique Andy Burnham a reconnu pour la première fois que la Russie était intervenue dans le référendum sur le Brexit en 2016, en avertissant que le Kremlin tentait désormais d’influencer les électeurs en France et en Allemagne.


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