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Selon les insoumis Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot, le mouvement lycéen connaît plus d’interpellations que Mai-68 et le mouvement des gilets jaunes. Est-ce vrai ?
La rédaction - Aujourd'hui à 16:35 | mis à jour aujourd'hui à 16:41 - Temps de lecture :
« La surenchère policière est hors de contrôle. Le nombre d'interpellations est plus élevé que pendant Mai-1968 et au plus haut niveau depuis octobre 1961 pendant la guerre d'Algérie », a écrit lundi sur X le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon en évoquant la mobilisation lycéenne. De son côté, la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot a affirmé qu’il y avait « plus d’interpellations qu’au plus fort des gilets jaunes ».
Depuis le 30 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées, dont 87 % de mineurs. Le pic a été atteint le jeudi 1er octobre, avec 1 949 arrestations en 24 heures, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Un chiffre en effet plus élevé que celui du mouvement des gilets jaunes sur une journée : au plus fort de la mobilisation, le 8 décembre 2018, 1 723 personnes avaient été interpellées.
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Gilets jaunes : 6 730... sur plusieurs mois
Au total, les deux mobilisations se valent : 6 730 personnes avaient été placées en garde à vue pour les gilets jaunes, soit légèrement plus que pour la mobilisation lycéenne. Mais la comparaison reste toutefois limitée, car ce chiffre s'étale sur de nombreux mois de mobilisations, contre seulement trois semaines pour les lycéens. Pour les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, 3 354 personnes avaient été interpellées en 10 jours, auxquelles s’ajoutaient environ un millier d’arrestations a posteriori. Le total actuel est bien supérieur.
Concernant 1968, les estimations se corsent, le recensement précis des interpellations n’existe pas. Une évaluation a été faite en 2006 : les historiens retiennent 422 arrestations le 6 mai, 450 le 10 mai et environ 600 lors de l’évacuation de la Sorbonne. Selon l'historienne Danielle Tartakowsky, 4 000 à 5 000 personnes auraient été interpellées sur l’ensemble du mouvement. Le bilan lycéen, déjà plus élevé, est donc supérieur, avec la réserve d’un comptage incomplet à l’époque. Si les données avancées par LFI se vérifient, les chiffres des lycéens sont cependant très loin d’atteindre ceux du 17 octobre 1961, quand des milliers d’Algériens manifestaient contre le couvre-feu visant uniquement les « Français musulmans d'Algérie », en pleine guerre. Ce jour-là, 12 000 personnes avaient été interpellées.


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