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  • « Le danger repart à la hausse » : quelles conséquences peut avoir la canicule sur les ...

La Moselle et la Meurthe-et-Moselle ont été placées en risque « très élevé » de feux de forêt pour la journée de jeudi, et 29 autres départements en risque « élevé ». Ce risque coïncide avec le retour d’une nouvelle vague de chaleur sur l’est de la France.

Cyrielle Thevenin - Hier à 20:20 | mis à jour hier à 20:24 - Temps de lecture :

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Le danger de feux de forêt « repart à la hausse », a prévenu ce mercredi Météo-France, alors qu’un nouvel épisode caniculaire débute sur une portion est du pays. Deux départements, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle, ont été placés en risque « très élevé » de feux pour la journée de jeudi. Vingt-neuf autres départements, essentiellement dans l’est de la France, resteront en risque « élevé ». Ils étaient une soixantaine ce mercredi, alors que des températures supérieures à 35 °C ont été relevées sur une large partie de la France.

La préfète de la Gironde, où sévit un important incendie, a prévenu que le retour des fortes chaleurs « pourrait aggraver le phénomène ». Plusieurs reprises de feu ont été constatées au cours de la journée de ce mercredi. Dans les Landes, la préfecture avait également averti mardi d’un « risque de réactivation des foyers résiduels » en lien avec les températures élevées, alors que le feu est fixé. On vous explique pourquoi les fortes chaleurs ont un impact sur le déclenchement et la gestion des feux de forêt.

Des conditions météo défavorables

« La température fait effectivement partie des paramètres météo qui influencent le danger du feu », confirme Guillaume Trichaud, expert feux chez Météo-France. « Il y a aussi l’absence d’humidité qui, couplé à des températures élevées, va favoriser l’assèchement de la végétation. Le vent va aussi aider à l’éclosion du feu et à sa propagation, puisqu’il oriente les flammes », poursuit le responsable de l’assistance feux de forêt et végétation pour la zone Sud-Est. En Côte-d’Or, où un important feu s’est déclenché ce mercredi, les trois conditions étaient réunies : les températures ont atteint les 37 °C, un vent du Sud-Ouest circulait à une vitesse de 35 km/h et le département est en situation de sécheresse aggravée.

Les fortes chaleurs vont aussi venir augmenter le risque de reprise du feu sur un feu « fixé » ou « stabilisé ». Le risque de reprise concerne particulièrement les « feux zombies ». « Le feu peut être visiblement éteint en surface mais dans le sol, qui est parfois un mélange de sable et de composés organiques, le feu peut continuer à couver. Le retour de températures élevées, donc de surchauffe du sol, et l’arrivée du vent peuvent faire reprendre le feu en surface », explique Guillaume Trichaud. C’est pourquoi la vigilance était « absolue » dans les Landes et en Gironde ce mercredi.

Une végétation asséchée

« Des conditions de température élevée et d’humidité basse vont favoriser l’assèchement de la végétation. Moins la végétation contient de l’eau, plus elle sera sensible à pouvoir s’enflammer et propager le feu », poursuit Guillaume Trichaud. « Dès qu’on va augmenter la chaleur, c’est comme si l’atmosphère avait une soif énorme d’eau. Par un jeu de pression, elle va venir absorber encore plus l’eau qu’il reste dans le sol et dans les plantes. Cette chaleur fait donc chuter toute la teneur en eau qu’on peut avoir dans la végétation et on va encore plus fournir de combustible au feu », a détaillé sur RMC ce mercredi matin Emma Haziza, hydrologue.

D’autant qu’il s’agit de la quatrième vague de chaleur de l‘été et que les arbres ont déjà subi un stress hydrique important. L’ensemble de la France se trouve dans un état de sécheresse « exceptionnelle » par sa précocité et son intensité. « Ces vagues de chaleur, avec des températures qui montent au-dessus de 40 °C, ont pu procurer à bon nombre d’espèces arbustives et arborées un stress thermique avec un jaunissement prématuré des feuilles ou des aiguilles, avant que cela les fasse chuter. Cela rajoute une masse de combustible au sol, donc vous augmentez le risque d’avoir des feux importants », explique Guillaume Trichaud.

Des pompiers fatigués

Cette nouvelle hausse des températures intervient alors que les pompiers luttent depuis une semaine contre le feu en Gironde. Or, la chaleur fatigue l’organisme et les pompiers ne sont pas immunisés. Les reprises de feu « nécessitent des engagements massifs de troupes et de moyens aériens », des « déplacements récurrents de sapeurs-pompiers » alors que « la fatigue est là », au huitième jour de lutte contre les flammes, a ainsi confirmé sur BFMTV Matthieu Jomain, commandant du service d’incendie et de secours de la Gironde.

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