Les forces de l’ordre opèrent régulièrement des saisies de la drogue “Pète ton crâne” (PTC). Les affaires de trafic de ce produit stupéfiant, accessible en un instant sur les réseaux sociaux, se multiplient devant les tribunaux français.

Alexandra Simard - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :

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Il suffit de tapoter sur son smartphone pour trouver en moins d’une minute un vendeur de “Pète ton crâne” (PTC) - du cannabis de synthèse qui se vapote. Sur TikTok, nous tombons immédiatement sur cette annonce : « Envoi dans toute l’Europe, trois taffes dodo, négatif aux tests », vante un vendeur de PTC dans une vidéo sur laquelle figurent des petites fioles colorées contenant le liquide à vapoter. « Normal que ça ne me fait quasi rien ? », interroge un usager. « Il fallait venir prendre chez nous », lui répond le vendeur.

L’ubérisation du trafic de stupéfiants fait qu’aujourd’hui, la drogue se trouve à portée de smartphone. Via Snapchat, TikTok ou Telegram, les jeunes peuvent rapidement se faire livrer leur dose de PTC par voie postale. Derrière ce business se cachent des organisations criminelles. La matière brute de ces cannabinoïdes de synthèse est importée de Chine et d’Inde. Elle est ensuite transformée en Europe. Des installations de transformation et de conditionnement de cannabinoïdes de synthèse ont notamment été identifiées en Belgique et aux Pays-Bas.

Sur TikTok, il est possible de tomber rapidement sur une annonce pour acheter du PTC. Capture d'écran EBRA/Alexandra Simard

Sur TikTok, il est possible de tomber rapidement sur une annonce pour acheter du PTC. Capture d'écran EBRA/Alexandra Simard

Sa matière première provenait du dark web

En France, policiers et gendarmes démantèlent régulièrement des réseaux. Fin mars, les gendarmes de l’Aube ont interpellé quatre personnes. Lors de leurs perquisitions, ils ont découvert cinq litres de liquide contenant du PTC. Le principal mis en cause fabriquait le PTC à partir de substances actives achetées sur le dark web. Le réseau comprenait un commanditaire, un « cuisinier » chargé de la fabrication, des livreurs assurant la distribution, et plusieurs consommateurs. Trois d’entre elles ont été placées en détention provisoire, la quatrième sous contrôle judiciaire, dans l’attente de leur jugement qui devait avoir lieu fin mai.

Dans les tribunaux, on assiste de plus en plus à des affaires en lien avec les cannabinoïdes de synthèse. Le 3 février dernier, trois Meusiens, de 21 à 25 ans, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc pour avoir consommé, revendu et participé à un trafic de PTC. Ils écoulaient le PTC via Snapchat pour 400 euros le litre. Les deux premiers (fournisseurs et revendeurs) ont écopé de 18 mois de prison, le troisième (consommateur) a été condamné à six mois ferme. En décembre 2025, le tribunal de Bar-le-Duc examinait également une autre affaire de PTC : celle d’un jeune homme de 23 ans accusé d’avoir fabriqué 72 litres de PTC et réalisé plus de 28 000 euros de vente. Le prévenu avait alors écopé de 18 mois ferme.

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