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Une nouvelle tendance fait sensation sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Le "decentering men", soit "se décentrer des hommes" en français, est un mouvement qui invite les femmes à ne plus faire de l'attention, du désir ou de l'approbation des hommes le centre de leur vie. Beaucoup d'entre elles partagent leur volonté de se recentrer sur elles-mêmes et leurs ambitions, plutôt que d'attendre qu'une relation vienne compléter leur existence, ainsi que s'adonner à des envies longtemps reléguées au second plan.
Cité dans le magazine Vogue France, ce phénomène est "une nouvelle manière de penser l'amour hétérosexuel, l'indépendance et, surtout, la place que l'on accorde au regard des hommes". Cette expression a été théorisée en 2019 par l'autrice et sociologue Sherese "Charlie" Taylor.
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Selon elle, se "décentrer des hommes" consiste à "renverser et à désapprendre les normes patriarcales. Cela se traduit notamment par le fait de ne pas lier sa valeur à son rôle d'épouse, de mère, de petite amie ou à toute autre relation dans laquelle on attend des femmes qu'elles performent. On cherche à fonder toutes ses décisions sur ce que l'on veut soi-même, et non sur ce que les hommes pensent, veulent, dictent ou imposent par le biais des institutions ou de la société", indique le magazine de mode.
Ce mouvement fait également écho à des pensées féministes précédentes comme celles de Belll Hooks, Viriginia Woolf ou encore Lauren Bastide. Le média français rappelle également qu'il ne s'agit pas de renoncer "aux hommes, à l'amour ou au couple hétérosexuel, mais plutôt de ne plus les considérer comme une destination obligatoire", et donc de privilégier d'autres passions et activités sans se demander ce qu'un homme pourrait en penser.
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Si cette forme de liberté est, pour la thérapeute de couple Marie-Anne Ellis, importante, elle prévient tout de même que certains points sont à garder avec attention. "Il y a des dizaines d'années, le mariage et le couple étaient perçus comme nécessaires, notamment pour une question de sécurité. C'est uniquement bien plus tard que les femmes ont pu être davantage émancipées, et cela reste assez récent", explique-t-elle.
"Les personnes qui ont aujourd'hui la cinquantaine sont parmi les premières à vivre de manière libre et presque égalitaire dans notre société. On ne se rend pas compte de ce droit d'être un couple sans avoir un poids de la part de la famille. Nous ne nous rendons également pas compte que l'on a un manque d'exercice et de développement d'outils, en tant que précurseurs", avance la spécialiste en traitement des troubles émotionnels et des traumatismes.
La thérapeute prévient qu'il ne faut pas passer d'un extrême à l'autre, et ne pas opposer le "je" au "nous", même si on se recentre sur soi. "Il faut développer des outils pour pouvoir conserver des liens et des relations avec les autres", suggère-t-elle.
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Pour elle, il est donc important de se remettre en question, de s'intéresser à ses besoins, à ce que l'on ressent et de connaître ses émotions. "C'est très bien de dire que 'j'ai envie de me libérer, d'être indépendante du regard de l'homme, de faire des choses plus librement pour moi'. Mais il faut faire attention que cette forte libération ne désoriente pas non plus", poursuit l'experte.
"On nous a vendu le couple un peu comme Disney, où la femme n'est heureuse qu'avec son prince charmant. Or, pour réussir son couple, il faut pouvoir aussi être heureuse", rappelle-t-elle.
Que l'on soit adepte ou non de cette tendance du "decentering", la thérapeute souligne en tout cas qu'ouvrir la réflexion sur son propre ressenti à l'intérieur du couple est positif. "Le meilleur outil, c'est sa boussole intérieure. La trahison la plus coûteuse personnellement, c'est la trahison de soi. Si l'on se trahit soi, on se retrouve en insécurité", conclut la thérapeute.
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