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Début de l’enquête sur les deux travailleurs happés par des camions-bennes au N.-B.

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L’enquête publique conjointe du coroner concernant la mort de deux travailleurs liés au ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick a commencé lundi matin, au palais de justice de Campbellton. Un jury, composé de trois hommes et deux femmes, a été formé, et un total de six témoins se sont fait entendre.

Jean-Eudes Doiron est mort le 10 octobre 2024 alors qu’il était employé du ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick. L’accident est survenu sur un chantier situé dans le secteur de Rang-St-Georges dans la municipalité des Hautes-Terres.

Marcel Gagnon, pour sa part, a péri le 23 juillet 2024 après un accident dans une carrière près de Saint-Joseph-de-Madawaska. Il travaillait à ce moment-là pour une compagnie dont les services avaient été retenus par le ministère des Transports.

D’après le coroner régional, Danny Mallet, ces deux hommes sont morts après avoir été happés par des camions-bennes qui tentaient de reculer.

Le cas de Marcel Gagnon

Les six premiers témoins qui ont été présentés aux membres du jury, ce lundi, sont principalement intervenus en lien avec la mort de Marcel Gagnon. Il s’agit notamment de camionneurs, de mécaniciens ainsi que de fonctionnaires.

Parmi ces témoins figure l’enquêteur chez Travail Sécuritaire NB, Patrick Gould, qui s’est rendu sur place à Saint-Joseph-de-Madawaska en juillet 2024. L'organisme gouvernemental provincial qu'il représente a, notamment, le mandat d'enquêter lors d’accidents de travail.

Selon l’enquêteur, le 23 juillet 2024, entre 15 h et 16 h, Marcel Gagnon a été happé par un camionneur qui reculait. M. Gagnon se déplaçait dans une zone où des camions lourds faisaient la file pour effectuer des déchargements.

Sauf qu’au moment de traverser, M. Gagnon avait un cellulaire à la main et ne portait ni casque de sécurité ni veste fluorescente.

Patrick Gould a conclu, lors de son enquête, qu’il ne devrait pas y avoir d’accusations contre le conducteur qui a happé Marcel Gagnon. Parmi ses motifs, il invoque le fait que le conducteur a regardé dans son rétroviseur avant de reculer, puis un collègue lui a indiqué par walkie-talkie que la voie était libre.

Il conclut également que la distance, entre Marcel Gagnon et le véhicule lourd, était trop petite pour que l’homme happé soit visible.

Ce n’est qu'à une distance de 87,17 mètres derrière le camion-benne qu’une personne devient visible dans les rétroviseurs gauche et droit du conducteur, a indiqué Patrick Gould.

D’après certains témoignages recueillis, le camionneur devait reculer pour pouvoir gonfler un pneu avant d’effectuer un déchargement.

Selon un autre témoin qui a comparu lundi - un contremaître qui n’était pas présent en juillet 2024 lors des événements - depuis l’incident, il y aurait eu plusieurs rappels, auprès des employés, quant à l'importance de limiter l’utilisation du téléphone cellulaire sur les chantiers.

Pour rappel, l’enquête du coroner a pour but de formuler des recommandations afin d’éviter d’autres décès dans des circonstances similaires. Cette enquête n'attribue aucune responsabilité juridique.

L’enquête se déroule toute la semaine à Campbellton, jusqu’à vendredi.

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