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Les Bleus ont certes remporté le Six Nations pour la deuxième fois d’affilée, mais il y a beaucoup de choses à revoir. Verre à moitié plein ou à moitié vide ? La rédaction du Figaro n’est pas d’accord.
Passer la publicité Passer la publicitéUn Tournoi réussi : arrêtons de jouer les pisse-vinaigre
Depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête des Bleus en 2020, ce XV de France a remporté trois titres, un Grand Chelem en 2022 et un doublé en 2025 et 2026. C’est bien simple, aucune autre nation n’a fait mieux. Cela plante le décor. On est bien d’accord que tout n’a pas été parfait, tant s’en faut, mais il faut reconnaître à cette équipe une force de caractère qui a longtemps fait défaut aux Bleus. Combien de ses devanciers se seraient complètement écroulés après le naufrage de Murrayfield ? Combien d’équipes de France, dans un passé pas si lointain, n’auraient pas trouvé la force d’aller arracher la victoire sur une pénalité à la 82e minute ? À l’époque, c’était plutôt Sexton qui venait nous crucifier ainsi, d’un drop assassin, au Stade de France !
On a longtemps pesté contre les «défaites encourageantes» des Bleus, et il faudrait maintenant regretter des «victoires décourageantes» ? Un peu de sérieux. Le public venu récemment au rugby - on va dire dans la foulée de la Coupe du monde 2023 - n’a pas connu les années de déliquescence qu’a traversées le rugby français. Aucun succès dans le Tournoi entre 2010 et 2022, on le rappelle. Alors, arrêtons de faire les fines bouches.
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Cette équipe de France a été impressionnante lors de ses trois premiers matches, avant de connaître un coup de moins bien. Elle a plié mais elle n’a pas rompu. C’est à saluer. Beaucoup de choses restent à régler (défense et première ligne notamment), mais d’autres sont évidemment à saluer : la France s’est trouvée avec Matthieu Jalibert un autre ouvreur de classe mondiale, Louis Bielle-Biarrey est sûrement le meilleur ailier du monde, il y a eu des progrès sur les ballons hauts, le vivier à certains postes est hallucinant (centres, troisièmes lignes, demis de mêlée). Alors arrêtons de jouer les pisse-vinaigre. Et n’oublions pas d’où l’on vient.
Arnaud Coudry
Un Tournoi raté : ce titre est l’arbre qui cache la forêt
Quand l’euphorie sera redescendue, quand la délectation d’avoir coiffé l’Angleterre à la dernière minute d’un Crunch irréel sera dissipée, il faudra bien poser les questions qui fâchent. Sans le quadruplé stratosphérique de Louis Bielle-Biarrey et cette pénalité iconique d’un Thomas Ramos aux nerfs d’acier, quel aurait été le bilan de ce Tournoi des six nations ? Derrière quelle envolée aurait pu se retrancher Fabien Galthié ? Au pays du rugby français, l’écart semble bien mince entre une déroute et un deuxième sacre consécutif.
Certes, les Bleus ont atteint leur objectif de doublé face à une concurrence qu’il faut «respecter». Là est le principal, à en croire leur sélectionneur. L’enthousiasme naissant des trois premières sorties (Irlande, pays de Galles et Italie) a pourtant laissé place à un sentiment plus amer. La débâcle écossaise et le miracle anglais - car c’est de ça qu’il s’agit - ont ramené Antoine Dupont et ses partenaires devant leurs vieux démons. Ceux d’une équipe de France inconstante, aux failles encore trop nombreuses et aux doutes loin d’être évaporés.
S’il fallait pousser la réflexion, on oserait presque se demander si ces Bleus faits d’or ont réellement progressé depuis le drame de la dernière Coupe du monde. Bien sûr, la vérité de mars 2026 ne sera pas forcément celle de novembre 2027. Et ce nouveau titre est à n’en point douter réjouissant pour le XV de France. Mais il est peut-être aussi l’arbre qui cache la forêt.
Pablo Guillen


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