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Dans ses commentaires d’après-match, Martin St-Louis insiste continuellement sur la nécessité de « se fier au processus », sans se laisser distraire par ce qui se passe autour. Ses joueurs ont compris la leçon. « Si on continue à jouer de la bonne façon, de bonnes choses vont arriver », a résumé le défenseur Mike Matheson. À en juger par la performance de l’équipe depuis le début des séries, la recette fonctionne.
On pourrait dire que Christine Fréchette a adopté la méthode St-Louis depuis qu’elle est devenue première ministre, et les résultats semblent être au rendez-vous, si on en croit les sondages. Alors qu’on la croyait éliminée il y a à peine un mois, la Coalition avenir Québec (CAQ) est revenue dans le « mix ».
L’effet Fréchette se fait particulièrement sentir dans l’électorat féminin, traditionnellement plus réfractaire à la CAQ. Même si la nouvelle première ministre n’a pas réussi à former un cabinet paritaire, on peut difficilement continuer à qualifier un gouvernement dirigé par une femme de boy’s club.
« Il faut juste qu’on garde les pieds sur terre », disait encore l’entraîneur du Canadien. Rien n’est encore gagné pour la CAQ non plus. Ni Pallas Data ni Synopsis ne lui font passer la barre psychologique des 20 %, mais elle est au seuil de la zone dite « payante », où chaque point additionnel peut se traduire en gain de sièges.
Depuis que Mme Fréchette est entrée en fonction, le « processus » a consisté à enchaîner les annonces et les déplacements à un rythme d’enfer. Le défi est de maintenir la cadence. Sa visite officielle en France, la semaine prochaine, lui assurera encore une visibilité soutenue pendant que l’Assemblée nationale fera relâche.
À son retour, il ne restera toutefois que trois semaines avant qu’elle ajourne ses travaux jusqu’aux élections et que l’espace médiatique se répartisse plus équitablement entre les partis. Il faudra trouver un moyen de conforter la population dans la bonne impression créée pendant les deux mois précédents, en espérant que le souvenir des dernières années continue de s’estomper.
Si l’arrivée de Mme Fréchette apporte indéniablement un vent de fraîcheur, elle ne peut pas incarner le renouveau à elle seule. Malheureusement, alors que libéraux et péquistes vont multiplier les nouvelles candidatures, la CAQ ressemble plutôt à un navire que plusieurs veulent quitter.
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Même si le Parti libéral du Québec (PLQ) et son chef font les frais de l’effet Fréchette, Charles Milliard peut s’estimer heureux que les deux sondages placent toujours les libéraux nez à nez avec le Parti québécois (PQ) malgré les semaines difficiles qu’il a vécues.
La méfiance des francophones envers un parti dont les orientations en matière de langue semblent dictées par sa base anglophone demeure cependant aussi vive. Les détails de l’utilisation de la clause de dérogation échappent peut-être au commun des mortels, mais il comprend très bien que l’élection d’un gouvernement libéral entraînerait un affaiblissement de la protection du français.
Rien ne laisse croire que M. Milliard ait su quoi que ce soit du « fling flang » dont la députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, a fait une démonstration spectaculaire, mais il demeure troublant qu’aucun des mécanismes de surveillance prévus par le code d’éthique du parti ou dans les règlements de la course à la chefferie n’ait relevé la moindre irrégularité. L’histoire récente du PLQ a été trop marquée par la magouille pour qu’il n’en reste aucune trace dans les esprits.
Les libéraux ont pris une longueur d’avance au chapitre du recrutement. On a beau savoir que l’habit ne fait pas le moine, la notoriété fait toujours bon effet. L’ancien recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, ferait peut-être un excellent ministre, mais c’est aussi ce qu’on croyait d’un de ses prédécesseurs, Pierre Reid. L’ancien président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, est sollicité depuis des années et répondra peut-être aux attentes, mais les gens d’affaires qui ont manqué leur coup en politique sont aussi nombreux que ceux qui ont connu du succès.
Au bout du compte, les qualités et les défauts du PLQ ou de la CAQ pèseront sans doute moins lourd dans la balance que leur capacité d’empêcher la tenue d’un référendum. Le 5 octobre prochain, ceux qui redoutent cette éventualité plus que tout se tourneront vers celui qui aura les meilleures chances de battre le PQ, à tout le moins de l’empêcher de former un gouvernement majoritaire.
Ses chances de faire élire une majorité de députés à l’Assemblée nationale dépendent largement de la division du vote fédéraliste entre le PLQ et la CAQ. Le retour de la CAQ dans le « mix » constitue donc une excellente nouvelle pour le PQ.
Cette remontée ne doit cependant pas se transformer en vague et les libéraux doivent demeurer les seuls à en souffrir. Il ne faudrait surtout pas que la nouvelle popularité de Mme Fréchette lui permette de récupérer des électeurs caquistes excédés du gouvernement Legault qui sont passés au PQ.


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