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De «Pluribus» à «Empathie», nos dix séries favorites de 2025

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Après plusieurs années de créativité entravée par les grèves, les ralentissements dus au Covid-19 et les bouleversements incessants de l'industrie du streaming, les séries reprennent enfin des couleurs. En 2025, elles ont été particulièrement bonnes, livrant une multitude de réflexions sur l'amour, l'empathie et le passage du temps. Voici nos préférées, celles que vous devez rattraper sans plus attendre si vous ne les avez pas encore vues.

10. «Empathie» (Canal+)

Tout est dans le titre. Comment mobiliser de la compassion pour des personnes qui n'en bénéficient que trop rarement, en fiction comme dans la vraie vie? Écrite et incarnée par Florence Longpré, la série québécoise met en scène une psychiatre qui démarre un job particulièrement difficile, tout en traversant de lourds deuils et traumatismes personnels.

Malgré des codes esthétiques et narratifs parfois poussifs, Empathie impressionne par sa capacité à traiter tous ses personnages, même les plus difficiles à tolérer, avec une infinie bienveillance. Et l'alchimie entre Florence Longpré et Thomas Ngijol vaut le détour.

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9. «La Diplomate» (Netflix)

Voilà trois saisons déjà que ce thriller politique rocambolesque, sur un couple de diplomates soudainement propulsés à l'ambassade américaine du Royaume-Uni, nous régale. Ce troisième volet pourrait bien être son meilleur. Créée par Debora Cahn, ancienne scénariste d'À la Maison-Blanche et Grey's Anatomy, La Diplomate utilise avec brio les ressorts de la télé d'antan (tension sexuelle, cliffhangers et twists de plus en plus absurdes) pour livrer un antidote aussi fun qu'intelligent à l'ère de la télévision de prestige.

Après avoir incarné une espionne soviétique torturée dans The Americans, Keri Russell s'éclate dans un registre plus léger. Mais c'est Rufus Sewell, en mari éconduit et trop charismatique pour son bien, qui crève l'écran. Ajoutez à cette nouvelle saison les savoureuses retrouvailles d'une partie du casting d'À la Maison-Blanche, avec Bradley Whitford et Allison Janney en tant que couple présidentiel, et vous obtenez une des séries les plus divertissantes de l'année, dont on attend le retour avec impatience.

8. «Too Much» (Netflix)

En 2012, les vingtenaires new yorkaises aussi paumées qu'insupportables de Girls faisaient leur entrée fracassante sur HBO et bouleversaient un paysage sériel encore peu habitué aux antihéroïnes. Près de quinze ans plus tard, la créatrice, scénariste, réalisatrice et actrice Lena Dunham prouve qu'elle n'a rien perdu de son pouvoir de subversion, avec une nouvelle protagoniste «too much», mais aussi profondément attachante (incarnée par Meg Stalter).

Après une rupture particulièrement humiliante, Jess, Américaine stridente et excentrique, emménage à Londres et tente de se reconstruire. Elle y rencontre Felix, un musicien torturé (Will Sharpe qui, après The White Lotus et A Real Pain, poursuit son travail de caméléon). Rien ne devrait marcher dans leur histoire, et pourtant. Ex plus ou moins toxiques, présence en ligne, exclusivité… Cette charmante romcom prend à rebours les attentes d'une époque contaminée par la culture du dating, où l'engagement est désormais un concept cauchemardesque et où chercher l'amour revient à vouloir se transformer en produit lisse et invulnérable.

7. «Les Quatre saisons» (Netflix)

Au cours d'une année, trois couples d'amis de longue date se retrouvent pour des vacances en groupe. Au programme: séparations, disputes, problèmes de santé et crises existentielles. Cette adaptation d'un film d'Alan Alda offre un savant mélange de comédie vaudevillesque et de réflexions pas si légères que ça sur la crise de la cinquantaine et l'ennui dans les relations de longue durée.

Ce qui aurait pu sembler grossier scintille entre les mains d'un casting expérimenté, de Steve Carell à Tina Fey en passant par Will Forte. Mais la plus grande révélation est certainement Colman Domingo: plus connu pour ses rôles dramatiques dans Euphoria ou Sing Sing, l'acteur s'en donne à cœur joie dans un rôle presque purement comique et léger. Notre seul regret, c'est qu'il n'y ait que quatre saisons dans l'année.

6. «Dying for sex» (Disney+)

C'est la série qui nous a le plus fait rire cette année; pourtant, elle parle d'une jeune femme atteinte d'un cancer en phase terminale. Signée Liz Meriwether (créatrice de New Girl), cette adaptation lumineuse du podcast autobiographique de Molly Kochan suit une héroïne qui, après avoir reçu un diagnostic sans issue, quitte son mari et décide de partir en quête d'orgasmes. Avec sa fine écriture et ses interprétations magistrales (Michelle Williams, entourée de Rob Delaney, Jenny Slate ou encore Sissy Spacek), Dying for sex jongle sans cesse entre drame et comédie, et bouleverse par sa franchise et son humanisme.

5. «Los Años Nuevos» (Arte)

Cette magnifique série espagnole retrace, en dix épisodes et autant de soirées du Nouvel An, l'histoire d'amour entre Oscar et Ana. Rodrigo Sorogoyen, Sara Cano et Paula Fabra parviennent à retranscrire les moments charnière des relations amoureuses à l'aide d'une écriture incroyablement juste et d'une mise en scène brillante, où les plans séquences nous happent sans jamais faire d'esbroufe. Qu'il s'agisse d'une séquence de dîner en famille, d'un week-end à Berlin qui tourne mal ou d'une scène d'intimité, on se laisse entièrement absorber par ce récit éblouissant de réalisme et de poésie.

4. «Slow horses» (Apple TV)

On le répète tous les ans: qu'attendez-vous pour vous mettre à Slow Horses? Cinq saisons déjà que l'on retrouve avec jubilation ce groupe d'espions placardisés du MI5, menés par un Gary Oldman au sommet. Après une saison 4 un poil en deçà des précédentes, la meilleure série d'espionnage du moment a livré cette année un cinquième volet très réussi, dans lequel nos attachants bras cassés doivent une nouvelle fois déjouer un complot terroriste londonien tout en gérant leurs propres traumatismes, addictions et egos déréglés.

La recette reste la même, pour notre plus grand plaisir: une écriture ciselée, un suspense insoutenable et l'un des castings les plus charmants du paysage audiovisuel actuel. Et si vous êtes en retard, pas d'inquiétude: comme il s'agit d'une série procédurale, vous pouvez rattraper les saisons dans l'ordre qu'il vous plaira.

3. «Pluribus» (Apple TV)

Alors qu'un virus bienveillant fait fusionner les consciences de la population mondiale, une romancière revêche et bornée décide qu'elle seule sera le dernier rempart pour sauver l'humanité. À moins qu'elle ne trouve encore plus têtu qu'elle…

Après Breaking Bad et Better Call Saul, voilà plus d'une décennie que Vince Gilligan ne s'était pas aventuré dans un tout nouvel univers de fiction. Et ça lui réussit plutôt bien. Cette série d'anticipation décalée semble avoir digéré un grand nombre de préoccupations contemporaines (pandémie, polarisation politique, crise climatique et individualisme exacerbé), mais aussi de réflexions créatives, mêlant ressorts traditionnels (les cliffhangers) et outils modernes de narration. Le résultat est une série patiente, dense et inventive, qui rebat sans cesse les cartes pour nous surprendre. Avec en prime, un écrin sans pareil pour son actrice Rhea Seehorn, révélée par sa performance époustouflante en Kim Wexler dans Better Call Saul.

2. «Andor» (Disney+)

Après sa première saison magistrale, la série de Tony Gilroy a dû se conclure prématurément et emballer dans ces douze derniers épisodes assez d'intrigues pour tenir en théorie cinq saisons (le plan initial). Faite d'ellipses ébouriffantes et de séquences d'action haletantes, la fin d'Andor nous offre une montée en puissance mémorable, sans jamais sacrifier la complexité de son écriture.

Situé dans l'univers Star Wars, cet implacable thriller politique frappe une nouvelle fois par son retentissement avec notre monde actuel –cette puissante saison 2 raconte le soulèvement populaire d'une planète, confrontée à la persécution et à la répression brutale d'un régime autoritaire. Cette immense série prouve que même dans une industrie culturelle dominée par les adaptations de franchises existantes, des miracles de narration sont encore possibles.

1. «The Pitt» (HBO Max)

C'est l'obsession sérielle qu'on n'attendait plus et sans conteste la révélation de cette année 2025. Créée, produite et incarnée par des anciens d'Urgences (dont Noah Wyle, l'ancien docteur Carter), The Pitt suit le service d'urgences d'un hôpital de Pittsburgh au cours d'une même garde: chaque épisode, en quasi temps réel, décrit une heure de la journée. On a donc le temps de s'attacher aux médecins, aux infirmières, mais aussi aux nombreux patients et aux membres du personnel.

Avec son atmosphère dépouillée et immersive, la série de R. Scott Gemmill trouve le moyen de réinventer un des genres les plus éculés de la télévision. Une série résolument moderne dans sa forme et son propos, qui nous rappelle cependant les plaisirs des séries traditionnelles –notamment son casting d'inconnus tous plus charismatiques les uns que les autres, que l'on espère pouvoir suivre pour les douze prochaines années. C'est tout simplement inratable, à condition d'avoir le cœur bien accroché.

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