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Gio Petti mêle la passion du transport en commun avec celle du cinéma depuis tout petit. Enfant, ses premières vidéos mettaient en scène des figurines du dessin animé Thomas le petit train. Le 12 septembre, son dernier film a reçu le prix du meilleur documentaire au Festival international du film mobile du Canada, à Toronto.
La ligne 2 de l’O-Train est le personnage principal du documentaire intitulé The Train to Nowhere - The fight for Ottawa's South LRT [Le train vers nulle part : le combat pour le TLR du sud d’Ottawa, traduction libre, NDLR].
L’idée du documentaire est d’examiner l’histoire de cette ligne, quel était le raisonnement initial derrière son ouverture et, après avoir appris du passé, la regarder à l’aune du présent pour voir comment le système fonctionne actuellement, s’il remplit les besoins et peut être considéré comme un succès, résume Gio Petti.

Gio Petti a grandi à Ottawa et se passionne pour le transport en commun depuis son enfance.
Photo : Radio-Canada / Clément Lechat
Inaugurée en 2001, cette ligne de l’O-Train, qui est en fait la première du réseau, reliait à l’origine Bayview à Greenboro.
Gio Petti l’a empruntée un nombre incalculable de fois pour se rendre au centre-ville.
Lorsqu’elle a été étendue jusqu’à Limebank en 2025, c’était presque trop beau pour être vrai, pour celui qui a grandi dans le quartier Riverside-Sud, où se trouve le terminus.
À l’adolescence, sa quête d’autonomie s’est souvent heurtée aux lacunes du transport en commun.
Cette frustration grandissante a été le moteur derrière son premier documentaire sorti en 2024, intitulé Dude, Where's My Bus? A look at Ottawa's Messy Transit System.
Le film se terminait sur l’espoir de Gio, rêvant que l’extension en cours de la ligne 2 améliorerait le transport en commun dans la capitale fédérale.
J’ai reçu beaucoup de critiques me disant "tu as parlé des lacunes d’OC Transpo pendant 45 minutes et maintenant tu dis être impatient?", explique le documentariste.
Ça m’a trotté dans la tête.
C’est ainsi qu’est né Le train vers nulle part, coécrit avec Benjamin McLellan-Campbell et sorti en janvier 2026.

Le tournage du documentaire de Gio Petti s'est déroulé en partie dans des stations de l'O-Train.
Photo : Radio-Canada / Clément Lechat
Le train vers nulle part a été entièrement tourné avec un iPhone et complété par des documents d’archives.
Lors des tournages, Gio Petti a dû composer avec les restrictions d’OC Transpo entourant les enregistrements réalisés dans les trains et sur les quais.
Pour plus de discrétion, il a utilisé un trépied de petite taille, mais la possibilité d’être remarqué par un agent d’OC Transpo était toujours dans son esprit.
L'O-Train, un succès en demi-teinte?
Gio Petti a souvent dû attendre de longues minutes avant de pouvoir prendre quelques images de l’O-Train.
Ce dernier passe toutes les 12 minutes sur la ligne 2, un point faible qui limite son attractivité, selon le documentariste.
L’état actuel de la ligne est discutable, estime Gio Petti, bien que l’O-Train de 2001 ait été un succès en raison du faible coût de réalisation, soit 21 millions de dollars.
Le train devrait être beaucoup plus rapide que l’auto, mais il peine à la battre.

L'extension de la ligne 2 vers Limebank est entrée en service en 2025.
Photo : Radio-Canada / Clément Lechat
Gio Petti n’est pas le seul à montrer du doigt ces failles. Le conseiller municipal Riverside-Sud-Findlay Creek, Steve Desroches, a demandé à OC Transpo s’il serait possible d’ajouter des trajets express sur la ligne 2, lors d’une réunion de la commission des transports en commun de la Ville d’Ottawa, le 10 septembre.
La réponse du directeur des systèmes clients et de la planification d’OC Transpo, Pat Scrimgeour, était sans détours : il serait techniquement infaisable de mettre en place de tels trajets, car plusieurs tronçons sont en voie unique, imposant des contraintes sur le cadencement des trains.
Pour sa part, Gio Petti regrette que les voies n’aient pas été doublées sur l’ensemble du tracé dès son ouverture.
Il faut prioriser un meilleur produit et si cela veut dire qu’il faut payer plus cher pour un meilleur système, cela vaudrait la peine à long terme, pense-t-il.
Malgré ses imperfections, la ligne 2 de l’O-Train est devenue une partie importante de l’histoire et même de l’identité d’Ottawa, d’après Gio Petti.
Ottawa souffre en quelque sorte du syndrome du cadet de la fratrie. Elle est éclipsée par certaines des grandes villes qui l’entourent, estime le documentariste, en référence à Toronto et Montréal.
Ses réussites passent souvent sous le radar.
Comme dans son premier documentaire, Gio Petti le termine sur une note d’espoir, pour ne pas partir du principe que tout projet de transport qui se matérialise est condamné à être immédiatement mauvais, explique-t-il.
Ayant longtemps vécu à Ottawa, je sais que c’est dur de bousculer cette mentalité.


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