Il y a un risque à parler de David Lisnard: c’est d’être récupéré par David Lisnard. Lorsqu’un journal s’interroge sur le fringant candidat de droite à l’élection présidentielle française, figure libérale et anti-woke, pour savoir s’il constitue une bulle médiatique ou une réalité dans l’opinion, l’article est aussitôt pulsé sur les réseaux sociaux. Vous voyez, clament ses communicants, si la presse en parle, c’est forcément vrai, ce politique de 57 ans ne peut pas être une simple bulle… D’autres journaux ajoutent alors leur portrait. Puis un sondage spectaculaire est paru mercredi, qui le crédite à 6% des intentions de vote, devant le représentant des Républicains (droite classique) Bruno Retailleau. La spéculation devient, un peu, réalité.
Apolline Crapiz connaît les pièges et subtilités de la récupération. Cette femme de gauche a combattu David Lisnard puis l’a aidé à diriger la ville de Cannes, comme adjointe aux affaires sociales, entre 2020 et 2023. Retirée de la Côte d’Azur, elle continue de suivre, stupéfaite, l’ascension de son ex-allié, et ce qu’elle qualifie de «dérive». «Je l’ai écouté mercredi sur BFMTV, mais je n’ai pas pu aller jusqu’au bout, confie l’ancienne élue. Je trouve qu’il a changé.»


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