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ENTRETIEN - Dans son livre Sa majesté nomme, le journaliste Michaël Moreau enquête sur les nominations du chef de l’État sous la Ve République. Selon lui, ce pouvoir pose une question institutionnelle et éthique sur les dérives de « la République des copains ».
LE FIGARO. - La nomination d’Amélie de Montchalin, ancienne ministre de l’Action des Comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes, a suscité un vent de contestation. Comment analysez-vous cette séquence ?
Michaël MOREAU. - C’est la première fois, sous la Ve République, qu’une personnalité passe du ministère des Comptes publics à la présidence de la Rue-Cambon, chargée de contrôler ces mêmes comptes publics. Cette nomination montre l’étendue du pouvoir de nomination des présidents successifs, et à quel point Emmanuel Macron aime s’y impliquer. Cette nomination ouvre aussi la période de fin de règne : le président sortant cherche à verrouiller le pouvoir en plaçant ses amis et fidèles collaborateurs. À ce titre, la désignation d’Amélie de Montchalin n’est pas la première nomination controversée du double quinquennat d’Emmanuel Macron, puisque l’arrivée de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel avait été aussi très commentée. Du reste, d’importantes nominations doivent…


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