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Selon le Guardian, le département d’État aurait engagé des crédits sans attendre de rallier les parlementaires démocrates.
Passer la publicité Passer la publicitéPour défendre ses convictions à l’étranger, l’administration Trump a prévu davantage que des discours. Selon des documents consultés par le Guardian, Washington entend consacrer près de 177 millions de dollars à des programmes soutenant des causes conservatrices dans plusieurs régions du monde. La liberté d’expression en Europe, la protection des chrétiens au Nigeria ou les droits des Afrikaners en Afrique du Sud figurent parmi les objectifs retenus.
Pour financer ces ambitions, Washington dispose déjà d’une enveloppe votée par le Congrès au titre des droits humains et de la démocratie. Ce fonds du département d’État soutient traditionnellement des dissidents, des victimes de persécutions et des organisations de la société civile, notamment dans les régimes autoritaires. La sélection décrite par le quotidien britannique élargit cette action à des causes défendues par l’administration Trump, y compris dans des démocraties européennes. Ces ambitions avaient une date limite : à Washington, l’année budgétaire se termine le 30 septembre, et ces crédits avec elle. Le département d’État devait donc s’engager à financer les projets avant minuit, sans avoir à verser immédiatement l’argent.
L’anticommunisme en tête
Dans les priorités de Washington, la lutte contre le communisme conserve une place de choix. Un consortium conduit par la Victims of Communism Memorial Foundation doit recevoir 40 millions de dollars, la plus importante subvention de la sélection. Cette organisation américaine se consacre à la mémoire des victimes du communisme et à la défense des populations vivant encore sous des régimes imprégnés par cette idéologie. Parmi ses dirigeants figure Andrew Bremberg, ancien conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain auprès des institutions des Nations unies à Genève.
D’autres programmes concernent des populations auxquelles Washington entend accorder une attention particulière. Au Nigeria, des réseaux d’alerte doivent permettre de protéger les chrétiens menacés. En Afrique du Sud, un financement est prévu pour une organisation défendant les droits des Afrikaners blancs. La liberté d’expression constitue un autre point commun entre les projets. Au Brésil, Washington veut soutenir des associations opposées à ce que le programme décrit comme les excès judiciaires et la censure de la Cour suprême.
Des soutiens jusqu’en Europe
En Europe aussi, Washington entend financer la défense des libertés. Le département d’État affirme vouloir soutenir la liberté d’expression et la souveraineté de ses alliés européens, tout en renforçant leur «confiance civilisationnelle», selon les termes d’un responsable cité par le quotidien britannique. Des objectifs qui rejoignent les préoccupations de JD Vance sur l’avenir des valeurs occidentales en Europe, souligne le Guardian.
Un programme intitulé «Promouvoir les alliés de la civilisation occidentale» envisage ainsi de soutenir des organisations en Europe centrale et dans les Balkans. Il privilégie des approches anticommunistes et fondées sur les droits naturels, à savoir des droits que chacun possède du seul fait d’être humain, comme la liberté ou la propriété, et que les gouvernements doivent respecter plutôt que décider d’accorder, tout en excluant les organismes adhérant à ce que le document appelle «l’idéologie du genre». D’autres projets portent sur l’immigration ou sur les règles européennes encadrant les médias et les contenus en ligne.
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Au Congrès, ces projets ne font pas l’unanimité. La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen estime que financer des organisations conservatrices dans des démocraties établies s’éloigne de la vocation du fonds et risque de froisser les alliés. Selon un collaborateur parlementaire cité par le Guardian, Marco Rubio aurait néanmoins autorisé l’engagement des crédits malgré ses objections. Washington veut défendre les conservateurs à l’étranger. Il lui reste à convaincre les démocrates chez lui.


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