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De Jérusalem à Tel-Aviv, les Israéliens prêchent la chute du régime iranien : “Cette euphorie frénétique risque de se dissiper”

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En ce deuxième jour de riposte de l'Iran après l'attaque israélo-américaine de ce samedi, les rues de Jérusalem voient passer de rares badauds. Dimanche est pourtant le premier jour de la semaine de travail dans l'État hébreu.

Haya, une juive orthodoxe âgée de 38 ans, sort de chez elle avec trois de ses six enfants. "Si j'ai peur ? Bien sûr que non. Il est là", dit-elle en pointant un doigt vers le ciel. "Pour chaque missile, Dieu a une adresse. ajoute-t-elle avec un grand sourire, Si quelqu'un meurt, c'est qu'Il l'a décidé."

L'air détendu, Haya attache ses filles une par une à l'arrière de la voiture pour aller faire des emplettes. Elles ont sur les joues de fausses moustaches de chat et sur la tête de petites oreilles pointues. Israël doit bientôt célébrer la fête juive de Pourim, qui commémore la survie du peuple juif face à une ancienne puissance iranienne, l'empire achéménide. "Achéménide, ça ressemble à Khamenei, vous ne trouvez pas ?", plaisante l'Israélienne avant de s'éclipser.

Quelques minutes plus tard, une sirène retentit. C'est le signe qu'un missile se dirige vers Jérusalem et les rares passants s'engouffrent là où ils trouvent porte ouverte.

La Cisjordanie et Israël se réveillent avec une nouvelle guerre. La population aux abris, dans l'attente et l'angoisse

Rue de Jaffa, le tram, qui longe la ligne verte et sépare Jérusalem Ouest de la partie occupée de la Ville Sainte, est à l'arrêt. Des ambulances stationnent et de nombreuses motos de police patrouillent. "Au cas où un débris d'intercepteur tomberait", explique un homme en uniforme. "Mais ne vous inquiétez pas, Israël ne risque rien", poursuit-il en roulant des mécaniques.

Une musique arabe résonne dans cette artère habituellement bondée. Elle vient du supermarché d'Avi. La quarantaine, ce petit homme trapu est mollement appuyé sur sa caisse. Il n'a vu passer presque aucun client de la journée. "La mort de Khamenei ? J'en suis très content. Si Israël va gagner ? On gagne à chaque fois !", s'exclame-t-il.

Avi est né en Israël d'une famille juive iranienne. Ses parents ont quitté Téhéran en 1977 à la suite de persécutions de la part du régime iranien. "Mon père attend leur chute depuis longtemps. Quand ils seront tombés, nous irons", affirme-t-il.

La Vieille Ville sous cloche

À quelques centaines de mètres de là, les créneaux de la Vieille Ville se découpent sur un ciel bleu électrique. Des militaires bloquent l'accès à l'ensemble des entrées des quartiers chrétien, juif, arménien et arabe, à l'exception de leurs résidents. Passé la barrière de sécurité, on accède aux rues étroites de la partie arabe de la ville historique. Les rares Palestiniens d'Israël qui ont ouvert leur commerce refusent de s'exprimer sur cette énième guerre avec l'Iran déclenchée par l'État hébreu et sur la mise sous cloche de la Vieille Ville. Un doigt sur la bouche, ils portent l'autre en direction des nombreuses caméras de surveillance installées aux coins des rues.

Mohammad*, 30 ans, accepte d'échanger à condition de modifier son nom. "Netanyahou a déclenché cette guerre uniquement pour échapper à la justice, et pour renforcer sa popularité, juge-t-il. Quel est le but, sinon de tuer tous ces innocents des deux côtés ?"

S'il dit ne pas regretter l'assassinat du Guide suprême iranien Khamenei, il admet avoir peur de voir "un nouveau chef, peut-être bien pire pour Israël et ses voisins", s'installer à la tête du régime iranien.

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Une "euphorie frénétique" après la mort de Khamenei

À cinquante kilomètres à l'ouest, Dana Olmert, professeure de littérature et petite-fille de l'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, partage l'analyse de Mohammad. Elle a passé avec sa femme et sa fille de longues heures dans un abri anti-bombardement à l'est de Tel-Aviv. "Netanyahou a désespérément besoin d'une image de victoire, qu'il a eu du mal à obtenir dans la guerre à Gaza", commente-t-elle sur WhatsApp.

Cette militante de gauche regrette de voir la majorité des Israéliens ne pas "voir la situation dans son ensemble" et se repaître de la "satisfaction immédiate" créée par la mort de Khamenei. "Pour l'instant, ce n'est que le deuxième jour, et ceux qui n'ont pas été directement touchés ont le sentiment qu'Israël a réussi son coup, expose-t-elle. "Mais après quelques jours supplémentaires comme celui-ci, sans école, sans travail, sans routine quotidienne et avec des civils blessés, cette euphorie frénétique risque de se dissiper."

S'il lui paraît irréaliste de "renverser le régime iranien par des bombardements aériens", elle espère que les manifestations organisées à Téhéran, associées à la déstabilisation du régime par l'attaque conjointe d'Israël et des États-Unis, permettront au peuple iranien de "faire avancer sa propre lutte".

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