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De grandes ambitions derrière l’important virage du Brock

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BASEBALL. C’est une spectaculaire métamorphose que le Brock Nutrite Lambert a opérée durant la saison morte. Dans un entretien avec L’Express, les têtes dirigeantes de l’organisation ont tenu à s’exprimer sur cet important virage derrière lequel se cachent de grandes ambitions.

Depuis son élimination expéditive aux mains de l’Unicanvas de Thetford en quart de finale de la Ligue de baseball majeur du Québec (LBMQ), le Brock a procédé à plusieurs transactions majeures. Le départ de quelques piliers a d’ailleurs suscité de vives réactions chez certains des plus fidèles partisans de l’équipe.

Tenant à rassurer la base de supporteurs du Brock, le président Mathieu Audet et le directeur général Samuel Guilbert ont expliqué que c’est à la suite de ses insuccès répétés en séries éliminatoires que l’organisation a entrepris ce changement de cap.

«Dans les dernières années, l’équipe a connu une progression assez marquée en saison régulière, a fait valoir Mathieu Audet. Ce n’était pas nos résultats en saison régulière qui étaient décevants, mais plutôt ceux en séries éliminatoires, où on a affiché 5 victoires et 16 défaites ces dernières années.»

Mathieu Audet. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

«Dans un contexte où on avait presque toujours les meilleurs lanceurs internationaux de la ligue, qui généraient la majeure partie de nos victoires, on s’est mis à scruter un peu plus nos statistiques individuelles pour voir ce qu’on pouvait améliorer, a poursuivi celui qui est à la tête du club depuis maintenant 14 ans. Même si la progression a été marquée en saison, on a revu le plan de match. C’est là que le travail de Sam et de ses assistants a commencé.»

Ainsi, le Brock s’est notamment départi des services de Samuel Nadeau, Marc-Antoine Lefebvre et Xavier Langlois, qui ont rendu de fiers services à l’équipe ces dernières années. En retour, l’équipe a mis la main sur Karl Gosselin, Jonathan Raymond, William Verville et de multiples choix au repêchage.

«On ne se cachera pas que l’objectif ultime, c’est de performer en séries, a affirmé Samuel Guilbert. Quand on est revenu à la table à dessin après la saison, c’était clair pour nous qu’on ne s’enlignait pas nécessairement dans la bonne direction, surtout avec la défaite décevante contre Thetford. À ce moment-là, je me sentais vraiment imputable de comment on pouvait améliorer l’équipe.»

«En ayant les meilleurs lanceurs internationaux, on ne donnait pas beaucoup de points en séries, mais on n’était pas très productifs offensivement, a ajouté le dg. Ça nous a amenés au constat qu’il y avait une petite restructuration à faire au niveau de notre alignement offensif.»

Malgré la présence de deux des meilleurs frappeurs du circuit en Michel Dagenais et Alexandre Lapointe, le Brock a été balayé en quatre parties par l’Unicanvas.

«On a remarqué une certaine tendance : quand l’équipe adverse exécutait un plan de match, c’est-à-dire de ne pas trop affronter ces deux gars-là, il y avait moins de solutions à l’interne. On devait donc absolument revoir notre formule offensive», a indiqué Samuel Guilbert,

Des décisions difficiles

Par ailleurs, en coulisses, L’Express a appris que certains joueurs échangés par le Brock ne souhaitaient plus évoluer sous la direction actuelle. Mathieu Audet assure toutefois que ce divorce s’est effectué en bons termes.

Le visage du Brock sera transformé la saison prochaine. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)

«Avec le conseil d’administration, on leur a présenté notre nouvelle philosophie. On a mis cartes sur table concernant notre plan de match, la restructuration dont on vient de parler. Essentiellement, on avait un désaccord stratégique, que ce soit en termes de gouvernance ou d’où on voulait aller. D’un commun accord, on a décidé que c’était mieux de tourner la page.»

«C’est un peu comme ça que ça se passe dans notre ligue, a ajouté Mathieu Audet. C’est rare que les échanges se fassent de façon unilatérale.»

Le président du Brock a aussi fait valoir que ces mouvements ont été réalisés pour récompenser les partisans.

«On aurait pu prendre comme décision de ne pas changer les choses, de revenir avec la même équipe. Honnêtement, ça aurait été pas mal plus facile pour nous! Mais avec le nouveau stade et l’arrivée dans la grosse ligue, on sent que les gens en veulent plus.»

«Nos partisans nous ont supportés et ils étaient contents de nos résultats en saison régulière, mais au final, ils nous parlent d’un championnat. Il fallait donc faire les choix pour s’en aller vers là. Ce ne sont pas des décisions faciles, mais c’est ce qu’on jugeait nécessaire pour faire le pas supplémentaire en séries.»

«L’élite du junior élite»

Le grand virage du Brock s’est poursuivi lors du repêchage de la LBMQ, qui s’est tenu dimanche, à Granby. Avec son choix de première ronde (7e rang au total), l’équipe a jeté son dévolu sur Zachary Gaudreau. Ce jeune lanceur a aidé les Ducs de Longueuil à remporter trois championnats consécutifs dans le circuit junior élite.

«Il a eu un impact très positif sur ces trois conquêtes, a souligné Samuel Guilbert. Il était souvent utilisé dans des situations clés où ça chauffait. En tant que gaucher, il vient aussi combler un besoin dans notre alignement. Il va nous donner un peu plus de profondeur au monticule.»

Au deuxième tour, le Brock a mis la main sur Zac Fréchette, des Guerriers de Granby, et Louka Daoust, des Royals de Repentigny. Natif de Drummondville, le premier est le fils du légendaire Sylvio Fréchette, dont le numéro 27 a été retiré par l’organisation en 2022. Le second est un produit de l’équipe canadienne junior.

«Zac et Louka sont deux jeunes frappeurs qui font partie de l’élite du junior élite en termes de menace offensive, a lancé Samuel Guilbert. Ils vont apporter beaucoup de puissance dans notre alignement. Ça vient combler notre besoin de gars qui peuvent frapper et allonger le cœur de notre alignement. On juge que ça peut rendre notre offensive beaucoup plus menaçante quand on a des coureurs sur les sentiers.»

Avec l’acquisition de William Verville, un jeune joueur obtenu du Big Bill, le Brock a ainsi mis la main sur trois éléments ayant multiplié les frappes de plus d’un but dans les rangs juniors élites.

Avec ses trois derniers choix, le Brock a repêché Antoine Tremblay (Voyageurs de Jonquière), Laurent Savard (Diamants de Québec) et Mathieu Lévesque (Royals de Repentigny).

«Ce repêchage marque la fin de notre réflexion. Globalement, on est vraiment satisfait de notre travail», a exprimé Samuel Guilbert.

Un duo japonais «de haut calibre»

Afin de combler le départ des joueurs internationaux Ky Hampton et Shinra Asano, le Brock a fait l’acquisition de deux lanceurs japonais. Ryosuke Hasegawa, un droitier de 26 ans, et Taiki Ashitani, un gaucher de 27 ans, possèdent une solide feuille de route.

Taiki Ashitani, (Photo : gracieuseté)

«Hasegawa lance à 95 mi/h, a souligné Mathieu Audet. Il a aussi une balle glissante dévastatrice. C’est un lanceur de haut calibre. Comme c’est la première fois qu’il va sortir du Japon, il voulait une terre d’accueil sécure. Il va pouvoir s’acclimater au baseball nord-américain et faire le saut chez les professionnels par la suite.»

«Quant à Ashitani, il vient de lancer un match parfait en Australie, dans une ligue un peu équivalente à la nôtre, a ajouté le responsable du recrutement à l’international chez le Brock. Il a réalisé 17 retraits sur des prises en neuf manches. Dans la ligue d’automne de la KBO, il côtoie des joueurs qui ont percé dans les ligues majeures.»

Mathieu Audet est convaincu que ces deux artilleurs suivront les traces de leurs compatriotes Ryo Kohigashi, Chikara Igami et Masatoshi Sakurai, qui ont dominé durant leur passage dans la LBMQ.

«Ce sont deux joueurs qui ont évolué sur de grandes scènes, que ce soit au baseball universitaire ou high school. Ils ont joué sous haute pression. Ça va en cohérence avec ce qu’on recherche : on bâtit un club pour les séries.»

Objectif : «Gagner un championnat»

Aux yeux de Samuel Guilbert, ce nouveau mélange entre jeunesse, talent et expérience rendra le Brock plus difficile à affronter lorsque le tournoi automnal se mettra en branle.

«Offensivement, de notre point de vue, on a plus d’options, de puissance et de profondeur. Défensivement, on a mis la main sur des joueurs très solides en Karl Gosselin et Jonathan Raymond. Au monticule, on a vraiment une belle flexibilité en vue des séries», a affirmé celui qui est également entraîneur-chef du club.

Karl Gosselin. (Photo : Vincent Lévesque-Rousseau)

Enfin, les nombreux choix au repêchage acquis dernièrement pourraient servir de monnaie d’échange si l’organisation flaire une opportunité ou devait combler un besoin.

«En date d’aujourd’hui, on juge le portrait global de ces mouvements-là très positif, a formulé Samuel Guilbert. Dans le fond, on est bâti avec un peu plus de puissance du premier au neuvième frappeur. On pense que ça va nous permettre de faire un pas de plus en séries.»

Quatre fois champion des séries au sein du calibre senior BB entre 2015 et 2019, le club drummondvillois n’a jamais atteint la demi-finale depuis son retour dans la LBMQ, en 2021.

«Nous, on y croit. On fonce avec ce plan dans le but d’aller gagner un championnat», a conclu Mathieu Audet.

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