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De Gaulle résiste encore : le diptyque dépasse les cinq millions d’entrées au cinéma

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Pendant que certains financent des navets militants, le public paie pour revoir un homme qui disait non.

Le premier épisode, L’Âge de fer, rassemble 2,81 millions de spectateurs. J’écris ton nom, sorti trois semaines plus tard, en compte 2,38 millions. Le diptyque devient ainsi le plus gros succès français de l’été 2026. Pas mal pour un personnage qu’une partie de l’époque traite volontiers comme un vieux meuble encombrant, à déplacer discrètement au grenier entre deux cours de repentance.

Le public a sauvé le Général

Le budget, estimé entre 74 et 80 millions d’euros, rendait le démarrage particulièrement inquiétant. Mais le film a connu une remontée peu commune : +17 % lors de sa troisième semaine, puis une forte accélération portée par la Fête du cinéma, la sortie rapprochée du second volet et surtout le bouche-à-oreille. Les spectateurs ont visiblement apprécié autre chose que les productions françaises sous subventions, souvent très généreuses en messages obligatoires et beaucoup moins en entrées payantes.

Le succès du film ne signifie évidemment pas que cinq millions de Français sont devenus gaullistes, ni qu’ils préparent tous leur sortie de l’OTAN entre deux séances. Il dit simplement qu’un grand récit national, fait de courage, de guerre, de trahisons et de souveraineté, peut encore remplir les salles sans costume moulant ni leçon de morale livrée avec le pop-corn.



Les Américains contre De Gaulle, l’angle que les manuels survolent

Le film ne se contente pas de rejouer l’appel du 18 Juin et la Libération de Paris. Il montre aussi ce que les manuels scolaires résument souvent en quelques lignes : Charles de Gaulle n’avait pas seulement affaire à Vichy et à Berlin. Il devait également arracher une place à la table des Alliés, face à des dirigeants américains qui ne lui faisaient aucune confiance.

Franklin Roosevelt jugeait le Général dangereux et envisageait, après le Débarquement, d’administrer la France par l’AMGOT, une administration militaire alliée. Les Américains avaient prévu leurs administrateurs et leur monnaie d’occupation. Le film va plus loin en montrant des projets de redécoupage de l’Europe, voire de la France. Le cœur du sujet est documenté : l’AMGOT devait bien s’installer en France, avant que De Gaulle n’obtienne son abandon en juillet 1944.

Voilà ce qui rend le récit plus intéressant qu’une simple statue animée pendant cinq heures. De Gaulle ne demandait pas seulement l’aide des Alliés. Il refusait que la France libérée devienne un territoire administré par d’autres. Une nuance qui mérite mieux que les trois lignes polies habituellement accordées à la souveraineté nationale.

Une France qui n’a pas totalement disparu

Le triomphe du diptyque ne répare pas soixante ans de renoncements. Il ne rend pas davantage les dirigeants actuels plus courageux. Mais cinq millions de billets vendus pour suivre un homme qui refusait de placer son pays sous tutelle, c’est déjà une réponse assez claire à ceux qui rêvent d’effacer notre histoire au profit d’un récit sans racines, sans frontières et sans mémoire.

De Gaulle est mort en 1970. Au box-office, manifestement, il résiste encore.

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