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Un haut fonctionnaire chevronné du ministère de l'Éducation du Manitoba, David Yeo, assurera l'intérim à la tête de la Commission du registre des enseignants. Cet organisme est chargé d'enquêter sur les cas de comportements inappropriés au sein du corps enseignant.
Alors qu’un commissaire permanent sera nommé dès que possible, la ministre de l'Éducation, Tracy Schmidt, souligne par communiqué que David Yeo travaille au sein du ministère de l'Éducation du Manitoba depuis plus de 30 ans.
Au cours de sa carrière, il a notamment agi comme responsable des politiques de certification des enseignants et directeur au sein de la direction des services administratifs de l'éducation.
Il a également occupé les postes d'adjoint au sein des anciennes divisions des services généraux et de l'enseignement primaire et secondaire, en plus d'avoir été conseiller spécial auprès du ministère.
Pas de restriction géographique, selon Bobbi Taillefer
L’ancienne commissaire, Bobbi Taillefer, n'était plus à son poste au début du mois d'avril à la suite de révélations du Winnipeg Free Press selon lesquelles elle exerçait ses fonctions depuis la Floride.
Par communiqué, Bobbi Taillefer explique que cette clause n’existait pas dans son contrat de travail.
Mon contrat de travail ne comportait aucune restriction quant au lieu de travail ni aucune obligation de me rendre physiquement au bureau à un moment donné, souligne-t-elle.
J'étais en contact avec le personnel du département et les représentants du gouvernement presque tous les jours. À aucun moment personne n'a laissé entendre que les conditions de travail initialement convenues posaient problème ; si cela avait été le cas, j'aurais présenté ma démission.
Si la ministre Tracy Schmidt avait d’abord qualifié ce départ de démission, le premier ministre manitobain, Wab Kinew, a rectifié le tir vendredi en affirmant qu’elle avait en réalité été licenciée, ce que réfute la principale concernée.
J’ai présenté ma démission de ce poste le 8 avril, laquelle a été acceptée par Mona Padney, sous-ministre de l’Éducation, au nom du gouvernement, explique Bobbi Taillefer.
Par la suite, le 10 avril, ma démission volontaire a été requalifiée en licenciement pour motif valable, ce qui sous-entendait que j’avais eu un comportement justifiant mon renvoi. Cette insinuation est manifestement fausse et a causé un préjudice considérable à ma réputation, dont je suis fier de dire qu’elle a jusqu’à présent été exemplaire.
Il s'agit d'une manœuvre politique, et non d'une question de compétence, estime Bobbi Taillefer. En effet, le gouvernement m'a proposé un nouveau contrat afin d'assurer la transition auprès du nouveau commissaire du 13 avril au 13 juillet 2026, précise-t-elle.

Bobbi Taillefer n'occupe plus le poste de Commissaire au registre des enseignants depuis avril.
Photo : Bobbi Taillefer
Lundi, durant la période des questions, le porte-parole de Parti progressiste-conservateur en matière d'éducation, Wayne Ewasko, s’est dit perplexe devant ces versions contradictoires. Il a d'ailleurs pressé le gouvernement de faire toute la lumière sur cette affaire.
Le chef de l’opposition, Obby Khan, a également pointé du doigt les multiples déclarations depuis la mise en lumière de cette affaire. Ils ne parviennent même pas à s’accorder sur leur version des faits a-t-il indiqué.
Selon lui, le premier ministre et la ministre de l’Éducation ne disent pas la vérité.
Il est très, très inquiétant qu’ils aient choisi de persister une nouvelle fois dans ce mensonge , a affirmé Obby Khan.
De son côté, Tracy Schmidt a soutenu ne pas se soucier des termes choisis pour qualifier la situation.
Démission, licenciement, renvoi… appelez-ça comme vous voulez. Il y avait un problème. Nous y avons remédié, et nous allons de l’avant , a-t-elle répliqué.
Elle affirme que le gouvernement s’est séparé de Bobbi Taillefer suite à la décision qu’elle avait prise en tant que ministre de l’Éducation.
Contactée par téléphone mardi, Bobbi Taillefer a refusé d’accorder une entrevue, expliquant qu’elle suit des conseils juridiques qui lui demandent de s’en tenir à sa déclaration.
L’ex-commissaire a cependant indiqué qu’elle ne sait pas si elle comptait intenter une action en justice. Elle a confirmé qu’elle respectera les termes du nouveau contrat qui assure la transition du nouveau commissaire.
Avec les informations d'Ian Froese


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