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Eurodéputé écologiste, David Cormand analyse les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre et la crise démocratique qu'il y voit. Il dénonce aussi le modèle des réseaux sociaux, l'emprise des géants de l'intelligence artificielle et deux textes de la Commission européenne. Invité de l'Atelier politique, il répond aux questions de Frédéric Rivière.
Violences : comprendre sans excuser
Entre 550 000 et 800 000 personnes ont défilé le 17 octobre contre la vie chère. Mais des groupes ont aussi pillé et saccagé. La mairie de Limoges a brûlé, celle de Marseille a été envahie.
David Cormand condamne : « Je suis opposé à toute forme de violence. » Il y voit une pulsion d'accaparement plutôt qu'un message politique. Il demande de la fermeté, mais pas de « surréaction » dans les peines.
Pour lui, ces débordements ne viennent pas de nulle part. Il met en cause dix ans de mouvements sociaux restés sans réponse. Et il cite le refus d'Emmanuel Macron de laisser sa chance au Nouveau Front populaire après les législatives de 2024.
« Une stratification de rendez-vous manqués », résume-t-il. Résultat, une défiance qui nourrit les tensions.
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Présidentielle : la crainte d'un moment « contre-révolutionnaire »
David Cormand redoute une campagne ponctuée de soubresauts violents. Beaucoup d'électeurs, selon lui, ont le sentiment qu'on leur a volé des élections.
Son pronostic est sombre. Face à une offre perçue comme révolutionnaire, l'extrême droite l'emporterait. « Un moment davantage contre-révolutionnaire, hélas, que révolutionnaire. »
Il faut, dit-il, une transformation radicale contre les inégalités, mais dans l'apaisement.
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Réseaux sociaux : des algorithmes « toxiques par construction »
Le Parlement européen a adopté le 17 septembre une résolution sur les jeunes et le numérique. David Cormand y a déposé 43 amendements.
Son constat est simple. Les plateformes vivent de nos données. Les contenus problématiques génèrent le plus d'interactions. D'où des algorithmes « toxiques par construction ».
Il réclame des algorithmes transparents et neutres. L'utilisateur pourrait régler lui-même ses préférences. Il veut aussi soumettre les plateformes aux obligations des éditeurs de presse.
Sur l'interdiction aux moins de quinze ans, il tranche : « C'est un écran de fumée. » Les plateformes réclament ce contrôle pour s'exonérer de leurs responsabilités, avance-t-il.
Intelligence artificielle : une « rupture civilisationnelle »
Interrogé sur l'intelligence artificielle, il s'alarme d'un « accaparement absolu d'un pouvoir colossal aux mains de quelques entreprises ». Ces firmes captent le savoir-faire humain pour l'automatiser et le privatiser.
Il redoute une perte de compétences. Il rappelle qu'on apprend encore les tables de multiplication malgré la calculette : l'enjeu est d'apprendre à raisonner. Il distingue les outils de santé, entraînés sur des données choisies, des IA génératives.
Sa solution : des protocoles de conformité aux droits humains, sous peine de sanctions économiques ou d'exclusion du marché européen.
Bruxelles : pesticides et « 28è régime »
L'eurodéputé s'oppose au paquet « omnibus » sur les pesticides. Il y voit une autorisation sans limite de durée ni réévaluation. « La loi Duplomb au cube », lâche-t-il. Il réclame une étude d'impact sanitaire avant le vote, attendu en novembre ou décembre.
Il combat aussi le « 28è régime » pour les entreprises. Il craint un nouveau mécanisme à la Bolkestein, au détriment des droits sociaux collectifs.
Les lobbies, conclut-il, « c’est comme les vampires, pour leur faire peur, il faut mettre la lumière dessus »
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