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Les puissances impérialistes des États-Unis et d’Europe ont transformé l’Assemblée générale des Nations unies de cette année en sommet de guerre, faisant d’une institution dont la Charte interdit la guerre d’agression un salon de l’armement.
Ce sommet, ouvert mardi et marqué par une diatribe génocidaire du président américain Donald Trump, qui a menacé d’« anéantir » la République islamique d’Iran, s’est achevé mercredi sur l’intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a exigé la défaite militaire de la Russie, s’est vanté des morts russes et a salué la série d’accords d’armement conclus au cours de ce sommet.
Zelensky a semblé prendre le discours génocidaire de Trump comme point de départ, y ajoutant un appel à la guerre sans restriction contre un État doté de l’arme nucléaire.
La Russie, a déclaré Zelensky, « n’aurait jamais pu imaginer que des drones ukrainiens à longue portée atteindraient un jour ses usines [...] à des milliers de kilomètres des frontières ukrainiennes ». Il a ajouté : « Aucun amiral russe ne s’attendait à ce que nous soyons capables de couler les croiseurs qui font la fierté de la Russie. »
Le 9 septembre, lors d’une attaque que les Forces d’opérations spéciales ukrainiennes ont présentée comme un record, l’Ukraine a frappé des usines de condensat de gaz dans la région russe de Iamalo-Nénétsie, à près de 3 000 kilomètres de la frontière.
Zelensky a promis de rendre l’hiver qui vient « douloureux pour la Russie ». Après s’être vanté que la Russie avait « perdu le contrôle de son industrie du diesel » – formule qu’il a reprise d’une publication faite lundi par Trump sur les réseaux sociaux –, Zelensky a ajouté : « Il est difficile d’imaginer perte plus humiliante pour un pays qui détient un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et tire tant d’orgueil de ses exportations de pétrole. »
Il faisait référence aux frappes à longue portée que l’Ukraine a menées contre la Russie avec des armes financées par les puissances de l’OTAN, qui les fournissent souvent directement et en assurent le ciblage. Dans la nuit de lundi à mardi, l’Ukraine a attaqué à l’aide de drones la raffinerie de Kouïbychev de Rosneft, à Samara, et une raffinerie de Bachneft, au Bachkortostan. Le 18 septembre, l’Union européenne a versé 3,3 milliards d’euros pour des drones et des missiles ukrainiens, prélevés sur son prêt de 90 milliards d’euros à Kiev.
L’entreprise française Safran a mis au point le système de guidage du missile de croisière ukrainien Flamingo, dont Zelensky a dit dimanche qu’il avait été utilisé lors de l’attaque contre la région de Moscou dans la nuit du 19 au 20 septembre. Le Financial Times a rapporté le 30 juillet que, selon des responsables ukrainiens, les renseignements fournis par les États-Unis et la France avaient aidé l’Ukraine à localiser les défenses anti-aériennes russes pour permettre à ses drones de les contourner.
Pour justifier les attaques contre les infrastructures civiles russes, Zelensky a déclaré : « Notre cible, c’est la capacité de la Russie à financer cette guerre [...] Les revenus de la Russie doivent rester une cible. »
Zelensky a assimilé la Russie à un porteur de peste, qualifiant le président russe Vladimir Poutine de « patient zéro » et déclarant qu’« il faut arrêter le patient zéro ». Il a rappelé son discours à l’Assemblée générale un an plus tôt : « J’ai dit que nous vivons à une époque où ce sont les armes qui décident de qui survit. Et j’ai dit que si une nation veut la paix, elle doit travailler à se doter d’armes puissantes. »
Zelensky a affirmé que « l’armée russe a perdu 248 964 personnes sur le champ de bataille » entre janvier et août, « tuées et grièvement blessées », ajoutant : « Nous disposons d’une archive de vidéos de drones, des vidéos montrant des milliers et des milliers de Russes en train de perdre la vie dans des zones de destruction. »
Zelensky s’est vanté des accords d’armement conclus lors du sommet de l’ONU : « Aujourd’hui, j’ai signé un accord sur les drones, un accord sérieux sur les drones avec la Finlande, et c’est important. Aujourd’hui également, j’ai signé un accord de sécurité avec l’Australie, dont les drones font aussi partie. Et nous préparons des accords sur les drones avec le Canada et avec d’autres pays également. »
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a promis 60 millions de dollars australiens de nouvelle aide, dont 45 millions de dollars australiens de matériel militaire, et l’agence de presse australienne AAP a rapporté mercredi que l’accord prévoit de « produire conjointement des moyens de défense anti-aérienne, des missiles et des drones ».
Après sa rencontre avec Trump mardi, le cabinet de Zelensky a indiqué que celui-ci avait remercié Trump pour le travail des équipes américaines et ukrainiennes « sur le lancement de la production d’intercepteurs Patriot en Ukraine ». Zelensky a déclaré aux journalistes que Trump était « favorable aux licences » permettant de produire les missiles en Ukraine, a rapporté mercredi le Kyiv Post.
Après sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron mardi, le cabinet de Zelensky a indiqué que les deux hommes étaient prêts à obtenir davantage de systèmes de défense anti-aérienne franco-italiens SAMP/T et de missiles pour l’Ukraine, « en utilisant les ressources financières disponibles dans le cadre du prêt de l’Union européenne », qui réserve 60 milliards d’euros au volet militaire en 2026 et 2027.
Plusieurs alliés de l’OTAN qui se sont exprimés mercredi devant l’Assemblée générale ont tenu le même langage. « Nous devons collectivement contraindre la Russie à la paix en Ukraine », a déclaré le président estonien Alar Karis. Le président roumain Nicușor Dan a affirmé : « Nous devons dissuader la menace russe, et malheureusement nous ne pouvons le faire qu’en augmentant les dépenses militaires. » Il a ajouté que la Roumanie soutenait l’objectif de l’OTAN de porter les dépenses militaires à 5 pour cent du produit intérieur brut et qu’elle atteindrait 3,7 pour cent cette année.
Lors de la rencontre de Trump avec Zelensky mardi, un journaliste britannique a posé à brûle-pourpoint une question sur la perspective d’une guerre entre la Grande-Bretagne et la Russie. « Beaucoup de gens au Royaume-Uni sont très inquiets de ce qu’on entend de la part du Royaume-Uni et d’autres dirigeants européens sur l’inévitabilité d’un conflit direct entre nous et la Russie », a dit le journaliste. « Pouvez-vous empêcher que cela arrive ? »
Trump et Zelensky n’ont donné aucune réponse sérieuse au journaliste, mais la réponse est venue avec le discours de Zelensky. Les puissances de l’OTAN ont utilisé le sommet de l’ONU pour étendre massivement la guerre contre la Russie, engageant le monde sur la voie d’un affrontement de plus en plus direct entre États dotés de l’arme nucléaire.


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