A quoi sert un psychatomomètre? A peu près à la même chose qu’un dynamistographe, selon celui qui permit leur invention, le Néerlandais Johannes Jacobus Zaalberg van Zelst (1827-1903). Un psychatomomètre sert à peser l’âme et à prouver, sans l’aide de médiums, que celle-ci est un objet matériel, quantifiable. Dans Het Geheim van den Dood (traduit en français en 1912 sous le titre Le Mystère de la mort), les deux collaborateurs de Zaalberg van Zelst expliquent être parvenus à la conclusion que «l’âme [est] composée d’une matière très fine, mais très lourde», et qu’elle «plane [dans] les intervalles moléculaires de l’organisme vivant».
On l’a vu avec le nécrophone d’Edison ou les enregistrements sur bande magnétique de Jürgenson et Raudive, le développement technologique (et surtout l’électrification) donnent au tournant des XIXe et XXe siècles un nouveau souffle aux fantômes. C’est, en s’appuyant sur la philosophie d’Ernst Bloch, ce qu’écrivait déjà en 2018 Philippe Baudouin, éminent spécialiste en la matière: «Dans un monde désormais envahi de câbles et d’ondes de toutes sortes, les esprits des disparus auraient ainsi simplement changé de demeures, préférant la fluidité de l’électricité à la discrétion de l’obscurité.*» Et de fait, les dispositifs visant à communiquer avec les défunts se sont multipliés au fil des décennies – jusqu’à relativement récemment d’ailleurs: en 1982, aux Etats-Unis, George Meek et William O’Neil proposeront un outil baptisé le Spiricom. Selon la description qu’en donnait Meek, l’ustensile associait un émetteur-récepteur fonctionnant dans la bande de fréquences de 30 à 130 MHz, qui devait être actionné par un opérateur (humain) doté de certaines capacités psychiques très développées, dites «bioplasmiques». L’auteur de ces lignes ne pense pas en être doté.


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