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Sport 04/07/2026 07:15
Consultant de France Télévisions sur cette 113e édition, l’ancien coureur Yoann Offredo, livre au « HuffPost » quelques clés sur les étapes qui vont compter en ce mois de juillet.

MARCO BERTORELLO / AFP
Tadej Pogacar (maillot jaune), ici lors de la 18e étape du Tour de France entre Vif et Courchevel, le 24 juillet 2025.
Le 113e Tour de France s’élance ce samedi 4 juillet de Barcelone en Espagne, une édition bâtie pour aller crescendo qui traversera pas moins de cinq massifs montagneux (Pyrénées puis Massif central, Vosges, Jura et Alpes). Le vainqueur des deux dernières années, le Slovène Tadej Pogacar, sera aux prises avec le Danois Jonas Vingegaard, et on l’espère le prodige français Paul Seixas, sur les 3 321 km du parcours et son dénivelé positif de 54 450 mètres.
Pour Le HuffPost, Yoann Offredo, ancien cycliste professionnel et consultant sur le Tour pour France Télévisions depuis 2020, analyse le profil de six étapes à ne pas rater sur cette édition 2026, qui se terminera le 26 juillet sur les Champs-Élysées.
· Étape 1 : Barcelone > Barcelone (contre-la-montre par équipe) - 19,6 km - 4 juillet
Cela faisait 55 ans que le Tour ne s’était pas ouvert par un contre-la-montre par équipe. Dans les rues de la ville catalane, les coureurs termineront notamment par une cote de 800 m à 7 % menant au Stade olympique. Il ne sera pas forcément obligé d’arriver groupé pour les équipes, le temps de chaque coureur étant pris individuellement pour le général.
L’avis de Yoann Offredo : « Le contre-la-montre par équipe, c’est impressionnant, c’est très graphique. C’est un exercice qui va être révélateur de beaucoup de choses sur ce Tour de France : la capacité d’un leader à fédérer autour de lui, à trouver la quintessence de ce qui se fait de mieux dans chaque équipier et puis surtout de se positionner par rapport aux autres équipes. C’est déjà l’occasion d’un premier ascendant psychologique et physique. »
· Étape 6 : Pau > Gavarnie-Gèdre (montagne) - 186,2 km - 9 juillet
Pour ce premier rendez-vous en haute montagne, plusieurs cols mythiques seront escaladés par le peloton, dont l’Aspin et le Tourmalet. La montée de Gavarnie-Gèdre sera une nouveauté sur le Tour. Le programme pyrénéen sera globalement plus « doux » cette année.
L’avis de Yoann Offredo : « C’est la première étape pyrénéenne. Elle est très importante car il y a plus de 4 000 m de dénivelé. Il y a le Tourmalet par le côté de La Mongie, pour moi le côté le plus dur. On est sur un faux plat montant qui semble interminable au début, et ça fait 17 km de montée à 7,3 % au total, c’est vraiment très difficile. Avec donc le col d’Aspin juste avant. Ce sera un premier rendez-vous très attendu par les leaders. »

ASO
Le parcours complet du Tour de France 2026.
· Étape 14 : Mulhouse > Le Markstein Fellering (montagne) - 155,3 km - 18 juillet
Voici une étape sans répit pour les coureurs dans le Nord-Est, avec deux ascensions inédites notamment : le col du Page et le col du Haag.
L’avis de Yoann Offredo : « On est sur un massif montagneux qui peut paraître moins dur que les Alpes sur le papier, mais qui en réalité est vraiment très difficile : un enchaînement de difficultés, des routes escarpées et quasiment pas un mètre de plat dans la journée. On a quasiment 4 000 m de dénivelé positif, avec des pentes à chaque fois très raides. Après une dizaine de kilomètres de plat au départ, cela devient rapidement très musclé. On peut très bien ne pas avoir d’échappée sur ce genre d’étape. »
· Étape 16 : Évian-les-Bains > Thonon-les-Bains (contre-la-montre individuel) - 26,1 km - 21 juillet
Il s’agit du seul chrono individuel sur ce Tour, au lendemain d’une journée de repos. Le parcours, exigeant, se décompense en trois parties : une montée de 9 kilomètres pour grimper du lac Léman sur les balcons en hauteur ; une descente rapide ; et enfin 10 derniers kilomètres plats.
L’avis de Yoann Offredo : « Il n’y a plus vraiment de différences sur la discipline entre les favoris pour le général. C’est un parcours assez simple dans son ensemble, même s’il y a une difficulté. Celle-ci est rectiligne, dans le sens ou c’est un pourcentage assez facile où l’on peut emmener largement du braquet. La descente n’est pas trop technique. Ça va aller extrêmement vite, il n’y aura pas la possibilité de faire beaucoup d’écart. Un coureur comme Jonas Vingegaard peut rester dans le match sur ce genre de contre-la-montre. »
· Étape 20 : Le Bourg d’Oisans-Alpe d’Huez (montagne) - 170,9 km - 25 juillet
C’est l’épouvantail et le point d’orgue de cette 113e édition, tout simplement « l’étape la plus dure qu’on ait jamais faite à la veille de l’arrivée finale », selon le directeur du Tour Christian Prudhomme. C’est un vrai marathon de la montagne qui attend les coureurs avec un col de première catégorie, le Télégraphe, et trois hors-catégorie, la Croix-de-Fer, le Galibier et enfin le col de Sarenne. Le dénivelé total est vertigineux : 5 450 mètres.
L’avis de Yoann Offredo : « C’est une étape que j’appréhenderais beaucoup si j’étais encore coureur. Je n’en ai jamais vu une avec autant de dénivelé positif. La journée va être longue avec 170 km. Ça va être compliqué dès le départ, avec des coureurs qui seront déjà épuisés par trois semaines de course. C’est un peu un dessert qui pourrait être indigeste. Il y a le col de Sarenne, très sauvage, avec une route plus petite, où il n’y aura pas de spectateurs car c’est un domaine préservé. Cela peut avoir son incidence. L’étape pourrait être dramatique pour certains, comme les sprinteurs. »
· Étape 21 : Thoiry > Paris (plat) - 133 km - 26 juillet
Au lendemain de la vertigineuse alpine, les rescapés de ce Tour ont rendez-vous comme traditionnellement dans la capitale, avec pour la deuxième fois d’affilée trois passages par la Butte Montmartre. Espérons que cette année, la pluie ne vienne pas à nouveau geler les temps d’arrivée avant le passage dans le quartier mythique du 18e arrondissement parisien.
L’avis de Yoann Offredo : « Au début, j’étais contre le passage par Montmartre, car en tant que coureur, j’appréciais beaucoup les Champs-Élysées et l’aspect tranquille de cette dernière étape, qui est une sorte de célébration après un voyage mouvementé. C’était aussi une carotte pour les sprinteurs pour s’imposer sur la plus belle avenue du monde. Mais le succès de l’an dernier, cette liesse populaire, qui est pour moi synonyme du Tour de France, c’est une ambiance qui est pour moi celle du Tour, donc c’est validé à 100 %. Et cela donne une vraie 21e étape avec du spectacle. »


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