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Une publicité de yogourt. La voix de joueurs du Canadien dans le métro. Une chanson « Go, Habs, Go » virale sur TikTok. La fièvre des séries a balayé Montréal, qui a revêtu ses couleurs pour encourager le Tricolore alors qu’ils ont entamé les séries éliminatoires.
« C’est quelque chose de spécial de Montréal qu’il faut vraiment embrasser. C’est notre religion, le hockey », lance Kevin Beaudry, directeur général de la succursale La Cage du Centre Bell.
Dans le restaurant, quelques partisans occupent déjà des tables en début d’après-midi, des heures avant le deuxième match des séries qui opposera le CH au Lightning de Tampa Bay. Des clients pleins d’espoir qui appellent pour faire une réservation sont rapidement déçus : les seules tables disponibles sont celles sans réservation, et elles risquent de se remplir rapidement, si le match de dimanche se répète.
« C’était plein plein », illustre M. Beaudry. « L’ambiance était assez électrique. »
Et tout cela, pour un match à l’étranger. M. Beaudry s’attend à une ambiance encore plus intense pour le premier match des séries à domicile de l’équipe, vendredi. « À domicile, ça va être un peu plus chaotique, surtout s’ils gagnent ce soir. S’ils gagnent ce soir, ils vont revenir avec plus d’énergie. Je pense que toute la ville va les attendre. »
Au Centre Bell, des écrans vont permettre aux partisans de suivre le match de vendredi de l’extérieur, et la « zone des fan » offrira « le plus gros party extérieur d’avant-match », avec de la nourriture, un DJ, un barbier et une station de tatouages permanents.
Mardi, à l’entrée du Centre Bell, un groupe de jeunes attendait l’ouverture des portes pour le concert du soir. L’une d’elles déclare cependant qu’elle ne manquera pas de suivre le match pendant le concert.
Parmi eux, Clara Mandelli, qui suit l’équipe depuis son arrivée à Montréal il y a trois ans, dit avoir « encore plus envie de les suivre » maintenant que la fièvre des séries a commencé. « À l’université, j’ai plein d’amis qui sont fans et qui sont hypercontents. Et sur Internet, je n’arrête pas de tomber sur des vidéos des Canadiens, donc c’est génial. »
« On ressent vraiment la fierté de la ville », ajoute-t-elle. « Ça donne de belles couleurs à la ville et ça rend fier d’être ici et de pouvoir vivre tout ça. »
Dans les rues, le logo du CH est partout : sur les drapeaux fièrement accrochés à travers la ville, sur les chandails et les casquettes des partisans et sur les publicités qui couvrent les murs du métro.
À l’approche de la station Bonaventure, les usagers furent initialement surpris d’entendre une nouvelle voix sortir de l’interphone. Mais ce n’est pas un chauffeur annonçant un ralentissement de service :c’est plutôt le joueur du Canadien Juraj Slafkovský, héros du dernier match contre le Lightning, qui remplaçait la voix familière du métro.
Depuis le 16 avril, l’arrivée aux stations Bonaventure et Lucien-L’Allier est en effet annoncée par des joueurs de l’équipe, et ce, pour le reste de leur parcours en séries.
Ce n’est pas la première fois que la Société des Transports de Montréal (STM) affiche fièrement son soutien au Tricolore. Le fameux message « Go Habs Go ! » sur les autobus, qui avait été interdit par l’Office québécois de la langue française avant que celle-ci fasse volte-face, fait son retour depuis fin février.
En date de lundi, 38 % des près de 2000 autobus de la flotte étaient de nouveau en capacité de présenter le message, a confirmé une conseillère de la STM au Devoir. La mise à jour devrait être complète d’ici le 30 avril.
Des « piliers » de la ville
On ressent la fièvre des séries jusque dans le Musée des beaux-Arts de Montréal, où est affiché depuis peu une photo de l’équipe prise après le tant attendu 50e but de Cole Caufield.
« Au début, j’étais un peu surpris, mais honnêtement, j’aime beaucoup, déclare Tomas Dessureault, qui visitait le musée. J’aime beaucoup le Musée des beaux-arts de Montréal en général. Je trouve qu’il est super beau et très montréalais. Donc j’ai trouvé ça intéressant que les Canadiens de Montréal se retrouvent ici. »
« Le hockey, c’est une des choses les plus importantes de la culture de Montréal et ça nous unit tous, ajoute à ses côtés Alexei Kolakis-Landon. Il y a quelque chose de super à ce que ça se trouve dans le Musée. »
La plaque descriptive explique que la photo avait été publiée sur Instagram « avec la description “Accrochez ça au musée des beaux-arts” […] Et la voici ! »
« Quand le Canadien nous demande quelque chose, […] on claque des talons ! » lance Stéphane Aquin, directeur général du Musée et titulaire de la Chaire Fondation Rossy, en se mettant en garde-à-vous.
Pas étonnant que ce partenariat ait eu lieu quand on se rend compte que l’équipe du Musée est, comme le reste de la ville, pleine de partisans des Glorieux. Après avoir donné son analyse du Bleu-blanc-rouge cette saison, M. Aquin insiste sur la longue relation entre l’équipe et la ville. « L’équipe joue un rôle fédérateur dans l’esprit de la ville, estime-t-il. On est touché par ses exploits, on est touché par la vie de ses joueurs, on est attaché à son destin. On est misérable quand ils ne performent pas, on est fier et heureux quand ils performent. »
Pour lui, le Musée des beaux-arts joue un rôle similaire. « Ce sont les piliers de l’identité urbaine, de l’identité montréalaise. Alors qu’on s’unit autour de ça, je trouve que c’est un événement heureux. »
À la sortie du musée, une famille déguste une crème glacée, tous ses membres vêtus de bleu, blanc et rouge.
« On est si passionné par notre sport, c’est un autre niveau, selon Kevin Beaudry. C’est un autre niveau que toutes les autres villes de hockey. »


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