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REPORTAGE - Arrivé de Suisse il y a un an, Nicolas Schweiger a rallumé à Aurillac un feu que l’on croyait éteint en France. Dans l’ancien haras de la ville, il coule au charbon des cloches uniques, pour les troupeaux, les maisons et les collectionneurs.
Le feu crépite bruyamment. Sous la lumière crue des néons, dans une vieille cuve d’acier calée contre un mur noirci, le charbon s’embrase sous le souffle d’un aspirateur détourné de son usage. L’air sent déjà la terre chaude et le soufre. Une bétonnière malaxe le sable, un vieux congélateur sert de bac, un compresseur rouge ronronne dans un coin. « 99 % de ce que vous voyez dans mon atelier, c’est de la récup’ », précise Nicolas Schweiger, qui n’a parfois même pas besoin de se déplacer pour s’approvisionner. « Le nombre de fois où je suis arrivé devant mon atelier et où j’ai découvert des tuyaux, des poêles, des gens venus me donner des matériaux ! »
À 33 ans, ce Suisse installé dans le Cantal est l’un des derniers fondeurs de cloches de France. Ses productions sont appelées des « clarines ». « C’est important d’être précis ! D’ailleurs, je suis un saintier. » Le mot vient de l’ancien français « sain », qui désigne une cloche. « Dans le pays, il y a cinq…


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