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Culture 03/06/2026 06:45 Actualisé le 03/06/2026 09:48
Avec Simon Abkarian dans le rôle du général français, ce blockbuster historique aux grandes ambitions surprend par son humour distillé tout au long de sa première partie.

Pathé Films
Derrière un vernis très sérieux, la première partie du diptyque sur le Général de Gaulle regorge de saillies humoristiques inattendues.
Moulin, Les Rayons et les Ombres, Fatherland, La Troisième Nuit, Pressure ou Notre Salut… Au milieu d’une année qui déborde de films traitant de près ou de loin de la Seconde Guerre mondiale, l’ambitieux diptyque sur Charles de Gaulle veut tirer son épingle du jeu par une approche grand public.
La Bataille de Gaulle, vaste film historique en deux parties, s’intéresse au rôle de Charles de Gaulle après la victoire de l’Allemagne nazie sur la France en 1940. Après sa présentation en grande pompe au Festival de Cannes 2026, le film dévoile ce mercredi 3 juin sa première partie, intitulée L’Âge de Fer.
Porté par l’impérial Simon Abkarian dans la peau de l’ancien président français, le film s’appuie aussi sur Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei, Niels Schneider ou encore Karim Leklou. Plus gros projet cinématographique français de l’année avec son budget officiel de 75 millions d’euros (mais qui avoisinerait plutôt les 100 millions d’euros selon Le Point), le film d’Antonin Baudry (Le Chant du Loup, la bande dessinée Quai d’Orsay) est une fresque historique de près de 5 heures puisant dans le blockbuster américain pour mieux raconter l’ascension nationale de De Gaulle. Avec comme point de départ son exil à Londres.
On pouvait s’attendre à un film froid, implacable et particulièrement sérieux au vu son sujet. C’est évidemment le cas durant les 2 h 40 de cette première partie. Élocution s’attardant sur la prononciation de chaque syllabe, posture droite et inflexible, grands gestes… le comédien et dramaturge choisi pour camper Charles de Gaulle est très convainquant sous le képi aux deux étoiles. Figure solitaire mais indéniablement habitée, le Général de Gaulle dépeint dans ce long-métrage coche toutes les cases attendues d’un biopic sur sa traversée du début des années 1940. À un détail près : l’humour.
De Gaulle, un Don Quichotte en pleine WWII
Antonin Baudry opte en effet par moments pour le décalage complet avec les enjeux de cette grande histoire. En apparence seulement. Aussi déstabilisant qu’original, ce parti pris en désarçonnera plus d’un.

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Droit comme un i et singlant dans ses répliques, l’acteur Simon Abkarian brille par son inflexibilité et ses touches d’humour dans « La Bataille de Gaulle - L’âge de fer ».
Comme lorsque Charles de Gaulle, en voyage en Afrique, est prévenu de la dangerosité des moustiques. Sa réponse ? « Les moustiques ne piquent pas De Gaulle ». Digne d’une « Chuck Norris Fact », cette réplique frôle le ridicule. La scène est toutefois suivie d’un cut soudain et d’un nouveau plan dévoilant cette fois le Général de Gaulle allongé sur un lit d’hôpital, pris d’hallucination après avoir contracté le paludisme… à cause d’un moustique.
Conscient du potentiel tragicomique de cette figure de chevalier errant de la 2e guerre mondiale, portant haut ses idéaux et convaincu d’avoir raison, le film en joue en glissant plusieurs dialogues le comparant à Don Quichotte. Un parallèle, assumé par Antonin Baudry, qui est renforcé par ces touches burlesques également présentes dans le livre de Cervantès.
De Gaulle à l’américaine
Ces ruptures de ton arrivent très vite dans le film. Dès son ouverture, où l’on suit le Général de Gaulle lors de la bataille de Montcornet, quelques jours avant le célèbre appel du 18 juin 1940. Au milieu des obus tirés par les tanks allemands, que De Gaulle esquive et anticipe presque comme un super-héros, un subalterne désemparé lui lance : « C’est la débandade, mon général ! ». Ce à quoi il répond : « Est-ce que j’ai l’air de débander ? ».
Impossible, aussi, de passer à côté du décalage provoqué par le personnage de Karim Leklou. Personnage fictif ajouté dans les pattes de De Gaulle à Londres, Blazej est un plombier baladant son sourire benêt à chacune de ses apparitions. Ces exemples, le film en est étonnamment truffé, au milieu des interminables joutes verbales illustrant la complexe relation entre le général français et le Premier ministre britannique Winston Churchill.

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Digne d’un blockbuster américain par bien des aspects, le film réserve une bataille desertique où Benoit Magimel vole la vedette.
Malgré ses dialogues un peu balourds, ses effets exagérés (la musique) et ses longues digressions narratives (l’intrigue autour du jeune Florian Lesieur), la première partie de La Bataille de Gaulle n’en reste pas moins divertissante. Comme se doit de l’être un bon gros blockbuster doté aussi de scènes de grand spectacle, comme cette reproduction irrespirable de la bataille de Bir-Hakeim, où Benoît Magimel crève l’écran sous les traits du général Pierre Koenig.
Resserrée sur deux ans (de 1940 à 1942), cette première partie du diptyque sur De Gaulle est aussi atypique que techniquement soignée (quelques effets spéciaux mis à part). L’Âge de Fer laisse aussi l’espoir que sa seconde moitié soit un peu plus incisive, notamment avec la création du Conseil National de la Résistance autour de Jean Moulin, incarné dès ce premier film par Félix Kysyl. Pour s’en convaincre, il faudra encore patienter jusqu’au 3 juillet, date de sortie de la seconde partie, intitulée J’écris ton nom.


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