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Dans un pays sous tension, entre révolte étudiante étouffée et symboles nationaux dévoyés, le pouvoir instaure une hindouisation à marche forcée, appelant à l’effacement du passé et des autres religions.
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LETTRE DE NEW DELHI
La scène se déroule mi-août, dans un avion matinal entre Delhi et Bénarès, la capitale spirituelle de l’Inde. Avec une consœur journaliste indienne, nous discutons des manifestations des « cafards », ces étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines contre un système éducatif en crise – ils se sont donné ce nom satirique en référence à une remarque désobligeante du président de la Cour suprême sur les jeunes chômeurs. Ce mouvement a ébranlé le pouvoir, obligeant le premier ministre, Narendra Modi, à renvoyer son ministre de l’éducation. Nous devisons sur la portée de la révolte et l’avenir du Cockroach Janta Party, le Parti du peuple cafard, quand un passager, assis devant nous, se lève brusquement pour s’immiscer dans la discussion.
L’homme corpulent se présente comme membre du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), l’organisation d’extrême droite nationaliste hindoue dont découle le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), dirigé par Narendra Modi. L’homme chante les louanges du chef du gouvernement, en énumérant un catalogue de promesses et de réalisations. Pour lui, pas de doute, la jeunesse descendue dans la rue a seulement été mal informée ! Et, sans doute, nous aussi.
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