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À Mesnil-en-Ouche, un piano sur lequel a joué et qu'a signé le pianiste virtuose de l'après-guerre Samson François fait l'objet d'un appel aux dons pour sa restauration.
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Par Rédaction Bernay Publié le 1 janv. 2026 à 17h00
Une passion de plus de 45 ans. Frédéric Demoulin, habitant de Mesnil-en-Ouche (Eure), est un passionné du célèbre pianiste Samson François (1924-1970). Parfois qualifié de « dernier des grands pianistes romantiques de l’école française », il fut une légende vivante. La critique et le public le reconnurent comme un génie de l’interprétation.
Tout a commencé quand Frédéric avait une quinzaine d’années, d’abord grâce à sa professeure de piano, Anne-Marie, qui lui a fait découvrir les enregistrements de l’artiste, puis par l’un de ses amis, Bernard Hennequin, qui lui aussi était un passionné et qui avait eu l’occasion à plusieurs reprises d’écouter Samson François au Festival de musique de Menton où on le surnommait « l’enfant du Pays ».
Abordable et proche de son public
Bernard Hennequin parlait souvent à son ami Frédéric des moments magiques qu’il a vécus lorsqu’il assistait à ces concerts. Il décrivait l’artiste comme quelqu’un d’abordable et très proche de son public.
Mais surtout, Bernard évoquait sa façon de jouer qui n’était jamais deux fois de la même : il s’appropriait l’œuvre qu’il jouait tout en la recréant.

En 1980, à l’occasion du dixième anniversaire de la disparition de Samson François, son épouse a proposé à Frédéric Demoulin de participer à une émission télévisée. C’est à partir de ce moment, qu’au fil des années, Frédéric Demoulin est resté en contact avec la famille de l’artiste et est aujourd’hui, avec sa co-auteure Anne-May Bendien, biographe du pianiste.
Le piano avait été acquis en seconde main par la mère de Samson en 1933, alors que la famille vivait à Nice et qu’il était élève au Conservatoire de la ville.
C’est là qu’Alfred Cortot entendit Samson François et convainquit son père de le faire venir étudier à Paris. Ce piano est donc le témoin de sa vocation et des années décisives de son apprentissage.
Un instrument unique
Orphelin de son père à l’âge de douze ans et demi, le jeune Samson et sa mère furent accueillis par les Jacoupy, une famille d’admirateurs de l’enfant prodige, dans leur hôtel de Neuilly-sur-Seine.
Ils y restèrent quatre ans, de sa deuxième année à l’École normale de musique de Paris en 1937 à sa deuxième année au Conservatoire de Paris.
La mère de Samson fit venir de Nice le piano à Neuilly et le vendit à Henriette Jacoupy. Depuis, Il est resté dans sa descendance. La famille Jacoupy continua d’entretenir des liens d’amitié avec Samson François toute sa vie durant.
Lorsqu’il leur rendait visite, Samson se faisait un plaisir de rejouer sur le piano de son enfance et de son adolescence. En mars 1964, il grava sa signature sur ce piano.
Au printemps dernier, Frédéric Demoulin reçu un appel d’une descendante de la famille Jacoupy, qui possédait toujours le piano en question. Malheureusement, devant déménager, elle se voyait à son grand regret dans l’obligation de s’en séparer. Sur les conseils de Frédéric Demoulin et de Anne-May Bendien, elle en fit don à l’hôtel de Conny à Moulins.
« Il fallait absolument pouvoir sauvegarder cet inestimable instrument – véritable symbole vivant de l’héritage musical et artistique de Samson François – afin qu’il puisse après restauration revivre sous les doigts des jeunes générations », insiste Frédéric Demoulin.
Populaire auprès du jeune public
D’ailleurs au cours de sa carrière, le pianiste était très « populaire » auprès du jeune public, notamment les « Jeunesses musicales de France ». Un de ses adhérents se souvient non sans une certaine émotion : « J’ai eu la chance de l’écouter à Alençon, où ma mère était déléguée des Jeunesses musicales. Exceptionnellement, la réception après le concert a eu lieu chez nous, où Samson François a joué sur notre piano. »
« Nous avons donc décidé de confier la restauration du Pleyel de Samson François à Nicolas Dumas, maitre artisan des métiers d’art, qui dirige un atelier spécialisé dans la restauration de ce type d’instruments », continue Frédéric Demoulin.
Ainsi, les touches en ivoire retrouvent l’éclat qu’elles avaient lorsque Samson jouait de cet instrument, tout en préservant les creux délicats laissés par ses doigts. Les cuirs à renouveler seront teintés pour correspondre exactement à leur couleur d’origine, chaque corde et chaque marteau seront fabriqués sur mesure.
3 710 € déjà récoltés
Sur les 8 376 € nécessaires pour permettre la restauration de cet instrument exceptionnel, 3 710 € ont déjà été récoltés. Chacun peut découvrir cette aventure musicale et la soutenir quel que soit son don, car « les petits ruisseaux font les grandes rivières. »
Grâce à vous, ce piano pourra résonner à nouveau sous les doigts de jeunes talents !
Le piano est un Pleyel modèle 3bis quart de queue, « Louis XV noyer trois pieds sculptés » n°133 228, sorti d’usine le 6 octobre 1904. Le modèle, recherché, fait partie des pianos « de style » qui devaient s’adapter à l’esthétique des salons classiques.Pour participer : www.samson.francois.com et [email protected]
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