Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

"Dans l’affaire Lenoci, Bouchez a mis les magistrats dans une situation embarrassante et bien difficile"

1 week_ago 37

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Le verdict rendu dans l'affaire Grégory Lenoci a suscité un tollé, tant dans la salle d'audience, où des insultes ont fusé, que sur les réseaux sociaux, où des menaces de mort ont été proférées.

Ce Namurois avait tabassé son voisin, qu'il soupçonnait d'avoir abusé sexuellement de son beau-fils de sept ans. La violence fut telle que sa victime se trouve désormais dans un état de coma vigile. Gregory Lenoci a été condamné à 17 ans de prison et à dix ans de mise à disposition du gouvernement pour tentative d'assassinat. Le tribunal a estimé que cet homme de 49 ans, qui avait déjà de lourds antécédents judiciaires, s'est érigé en "juge et bourreau". Pourtant, ses soutiens le présentent plutôt en héros, capable de protéger la société de pédocriminels face à une justice laxiste.

Que dit ce fait divers de notre société, des tensions qui l'habitent et du rôle de la justice ? Décryptage avec Margaux Coquet, docteure en droit pénal et sciences criminelles à l'UCLouvain.

Avez-vous été surprise par les insultes et les cris qui ont fusé au sein du tribunal à l'annonce de la condamnation de Grégory Lenoci ?

En tant que chercheuse travaillant sur ces questions, je ne suis pas surprise qu'il y ait des réactions fortes quand il s'agit de ce type de phénomène social et d'incrimination. Beaucoup de gens se sentent concernés par de telles affaires. Et puis, les passions, les émotions sont attisées par un dispositif médiatique ou politique.

Les commentaires sur les réseaux sociaux sont innombrables. Beaucoup de citoyens disent ne pas comprendre la sévérité de la peine et fustigent la justice…

Le déferlement de haine et les menaces de mort sont évidemment à proscrire, mais ces réactions sont intéressantes à questionner. Elles expriment des attitudes et des attentes de la population qui méritent d'être écoutées, et pas simplement disqualifiées, malgré leur brutalité. Elles informent sur les tensions qui traversent les rapports à la justice, au droit, à la violence et à l'État.

Dans le cas présent, a-t-on assisté à une sorte d'opposition entre la justice officielle (le tribunal) et la justice privée (Grégory Lenoci, qui a décidé lui-même de la peine à infliger à sa victime) ?

Il ne faut surtout pas opposer une justice pénale étatique, qui serait civilisée, apaisée, rationnelle, à une justice populaire, qui serait nécessairement violente, dangereuse, archaïque. Condamner Lenoci, ou n'importe qui, à de l'emprisonnement pour une longue durée, c'est violent et c'est une forme de vengeance institutionnalisée, légitimée par tout un appareil législatif et idéologique. D'ailleurs, la fonction rétributive, qui vise à infliger une sanction proportionnelle à la gravité du crime commis, est une fonction officielle de la sanction pénale. La justice populaire peut en revanche s'exprimer de façon sereine, réparatrice, voire transformatrice, même si ce n'est pas le cas dans cette affaire précise.

Certains voient aussi dans cette affaire une opposition entre classes sociales. Les couches populaires défendraient le condamné, alors que les couches supérieures soutiendraient la décision du juge. Est-ce si simple ?

Une chose est sûre : une lecture en termes de classes aide toujours à éclairer une situation. Elle est précieuse et joue certainement un rôle dans ce phénomène-ci, comme dans tous les phénomènes sociaux. Mais je ne suis pas capable de produire une analyse approfondie en utilisant cette grille par rapport à cette affaire-ci.

Dans ce dossier, tout part de soupçons de pédophilie. La répulsion face à de tels faits entraîne-t-elle une émotion incontrôlable chez certains citoyens ?

Dès qu'une affaire touche à l'enfance, elle devient particulièrement sensible pour beaucoup de gens. Il faut cependant reconnaître une contradiction fondamentale : malgré le choc suscité, il existe un manque d'efforts au niveau des gouvernements pour investir dans des politiques sociales, économiques, ou thérapeutiques d'ampleur. Se concentrer uniquement sur la répression pénale occulte la dimension structurelle des violences sexuelles, et empêche donc de prévenir ou de prendre en charge de manière adéquate ces situations. C'est d'autant plus paradoxal que les comportements pédocriminels sont courants dans des cercles familiaux, intimes, quels que soient les milieux sociaux, et ne peuvent donc être réduits à la culpabilité de quelques individus considérés déviants.

Lenoci et sa victime sont deux profils dangereux, qui avaient déjà été condamnés : un pédophile et un homme extrêmement violent. Que peut faire la société pour se prémunir face à de telles personnalités ?

La question de la dangerosité des personnalités est très complexe et controversée en criminologie, il faut donc manipuler ce terme avec précaution. On peut dire néanmoins que des réponses institutionnelles avaient été données aux comportements de ces deux personnes et force est de constater qu'elles ont abouti à un échec. Le système pénal ne paraît manifestement pas outillé pour une bonne prise en charge de telles situations. Même quand il intervient, il ne règle pas les problèmes car il ne va pas à la racine des phénomènes sociaux. La façon dont le système pénal conçoit la sécurité et la protection des citoyens est donc illusoire et cette affaire Lenoci illustre bien le double échec de la justice pénale : quand elle intervient et quand elle n'intervient pas.

Quelles sont les pistes concrètes pour une approche plus efficace ?

Il faudrait plutôt privilégier, comme l'invitent à le faire des chercheuses, chercheurs et collectifs, des dispositifs qui agissent à plusieurs niveaux. Au niveau interindividuel, par la protection, le soin, l'accompagnement et la responsabilisation des personnes concernées. Au niveau de l'entourage proche, en essayant de comprendre et d'agir sur ce qui a permis aux situations de se manifester. Et au niveau structurel, en questionnant les rapports de pouvoir qui façonnent la vie sociale et la façon de les transformer.

The accused Gregory Lenoci reacts during the judgment session in the trial of Gregory Lenoci, regarding the attempted murder of his neighbour Marc P., at the Namur Criminal Court, on Thursday 20 August 2026. Grégory Lenoci is accused of assaulting his neighbor on 24 July 2025, following suspicions that the neighbor had sexually assaulted his stepson, leaving the victim in a vegetative state.
BELGA PHOTO BRUNO FAHYGrégory Lenoci ©Belgaimage

Il existe une défiance à l'égard des institutions. Peut-on objectiver cette défiance à l'égard de la justice ?

Des recherches en criminologie et en sociologie sont effectuées sur les représentations populaires de la justice. L'étude des sociologues Virginie Gautron et Cécile Vigour, par exemple, a montré que les individus interrogés de but en blanc ont tendance à associer presque automatiquement la justice au laxisme. Mais dès qu'ils sont invités à discuter de manière posée avec des éléments de contexte, ils font preuve de beaucoup plus de nuances, leurs représentations et leurs attentes se modifient. Les exigences de punitivité et de répression sont alors moins prégnantes. Cela montre l'importance de la façon de construire une discussion autour d'une problématique sociale.

Grégory Lenoci ira en appel. Le tribunal peut-il prendre en compte l'émotion pour réduire la peine ?

Juridiquement, ils ne le devraient pas, mais les juges sont des êtres humains. Ils ne peuvent pas se déconnecter complètement d'un contexte social et médiatique, ni de leurs propres émotions, représentations et convictions personnelles. C'est d'autant plus difficile pour eux quand des personnalités qui ne devraient pas se mêler de telles questions ne se gênent pas pour prendre la parole publiquement. Les magistrats sont alors mis dans une situation embarrassante et bien difficile car, selon les conditions formelles de leur fonction, ils ne devraient pas se retrouver exposés à des pressions politiques. Dans ce dossier, la tâche des juges qui devront se prononcer en appel va être compliquée…

Quand vous évoquez des "personnalités", vous pensez à Georges-Louis Bouchez, qui a estimé que cette peine était "disproportionnée". De telles figures devraient s'abstenir de commenter des décisions de justice ?

C'est sûr ! Mais c'est tout à fait classique. C'est un élément constitutif des interactions entre le judiciaire et le politique, qui instrumentalise des faits divers à des fins électorales et pour justifier le renforcement de dispositifs de surveillance et de répression qui vont aboutir, comme toujours, à la surpénalisation des populations marginalisées. Un tel dossier devrait plutôt représenter, pour des politiques, une occasion de mener une réflexion critique sur les institutions répressives et de considérer sérieusement une autre approche de la prévention, des soins, de l'accompagnement, de la protection des personnes vulnérables… Ils devraient se saisir de tels moments pour prendre le problème à sa racine et dans sa complexité, plutôt que se contenter de discours sommaires et absolument pas appuyés empiriquement.

Le président du MR a aussi prévenu que son parti allait "déposer un texte" pour qu'" une plainte pour pédophilie à l'égard d'une personne déjà condamnée préalablement donne lieu à un enfermement préventif de 48h". Cette proposition est-elle sensée ?

Non, ce qu'il propose n'a pas du tout de sens. Un enfermement de 48 heures, cela s'appelle la garde à vue, et ça existe déjà. Et, heureusement, elle n'est pas automatique : des conditions l'encadrent. Aucune proposition sensée ne pourra naître à chaud après un tel verdict. Ce qu'il faut maintenant, c'est prendre le temps de la réflexion et du débat, en consultation avec la recherche, les acteurs de terrain et collectifs concernés. Il faut essayer de comprendre ce qui se passe et d'écouter toutes les voix, y compris celles qui sont habituellement réduites au silence. Celles des personnes racisées, étrangères, queer ou vivant avec un handicap, qui sont particulièrement à risque non seulement de subir des violences sexuelles, mais aussi d'être ignorées ou brutalisées par le système pénal. Ensuite viendront peut-être des propositions qui seront intelligentes et porteuses d'une réelle transformation sociale.

Une cagnotte en soutien à Lenoci a déjà permis de récolter plus de 80.000 euros. Est-ce significatif ?

Bien sûr ! Cela montre qu'une sorte de solidarité s'organise, et que les réactions virulentes qu'on a vues sur les réseaux sociaux ne sont pas de la "folie populaire", comme certains les ont présentées, mais un geste politique. On peut débattre des logiques qui l'alimentent évidemment, mais cela montre toute de même qu'une partie de la population est prête à s'organiser pour un idéal de justice qui serait le sien, en dehors de ce que l'État et le système pénal peuvent offrir.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway