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Ce document découvert chez le financier interroge sur son rôle dans les procédures judiciaires.

JONATHAN RAA / NurPhoto via AFP
Des copies imprimées de documents rendus publics par le ministère de la Justice américain dans des affaires liées au financier Jeffrey Epstein.
C’est un fichier qui glace les enquêteurs. Au cœur du prochain numéro de « Complément d’enquête » consacré au volet français de l’affaire Epstein, un document intrigue les enquêteurs : il s’agit d’un tableur informatique saisi en 2019 dans l’appartement parisien du financier, avenue Foch.
Découvert lors d’une perquisition menée par la justice française, ce fichier Excel prend la forme d’un registre détaillé. Noms, âges au moment des faits, parfois des éléments permettant d’identifier les personnes… Certaines lignes distinguent les femmes majeures de celles qui ne le seraient pas, tandis que plusieurs colonnes décrivent explicitement des actes sexuels. Un niveau de précision qui interroge jusqu’aux enquêteurs eux-mêmes.
Au total, 62 noms de femmes apparaissent dans ce tableau, dont certains correspondent à des victimes ayant déjà témoigné publiquement. Contactée par « Complément d’Enquête », l’une d’elles dit découvrir l’existence de ce fichier avec effroi. « Qui garde trace de ce genre de choses ? Franchement, qui s’assoit pour noter quelles filles il a violées et lesquelles il n’a pas violées ? », s’interroge-t-elle, évoquant un document qui, selon elle, vient renforcer la réalité des faits dénoncés depuis des années.
Un fichier de plaignantes ?
Mais à quoi servait ce fichier ? À ce stade, les enquêteurs n’en ont pas déterminé précisément l’origine ni la fonction. Un élément, toutefois, oriente les soupçons : le fichier a été enregistré pour la dernière fois le 13 juin 2007, alors que Jeffrey Epstein faisait déjà l’objet, depuis deux ans, d’une enquête aux États-Unis pour trafic sexuel de mineures.
Le document pourrait correspondre à un recensement des femmes susceptibles de témoigner contre lui, et justement, plusieurs indices vont dans ce sens. Une colonne mentionne notamment « contact sexuel (2246(3)) », en référence au Code pénal fédéral américain, qui définit juridiquement les actes pouvant être poursuivis. Une terminologie qui suggère un usage lié à une procédure judiciaire, possiblement pour anticiper des accusations ou préparer une défense.


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