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Politique 03/09/2026 21:06 Actualisé le 03/09/2026 21:14
Le sénateur Horizons a été mis devant une contradiction dans l’émission de France 2 à propos du néonicotinoïde.

Capture d’écran France 2
Le sénateur Vincent Louault, ici interviewé dans l’émission « Complément d’enquête » diffusée sur France 2 le 3 septembre 2026.
« Fake news » assumée par un sénateur au programme de Complément d’enquête ce jeudi 3 septembre. Dans l’émission diffusée dans la soirée par France 2, Vincent Louault (Horizons) a été interviewé par une journaliste de la chaîne en février dernier.
Au cours de cet entretien (voir l’extrait ci-dessous), il lui affirme que l’acétamipride, un néonicotinoïde (ou pesticide) utilisé dans l’agriculture pour lutter contre les insectes ravageurs mais aussi présent dans certains produits domestiques, se trouve dans tous les colliers anti-puces des chiens et chats. Soit la même position tenue par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans une interview en mai 2025 sur franceinfo.
Or, dans la liste des composants de colliers anti-puces qu’elle s’est procurés pour les besoins de son enquête, la journaliste de Complément d’enquête indique qu’il y a des pesticides, mais aucune mention pour l’acétamipride : cette molécule n’a jamais été autorisée pour l’usage vétérinaire, ce qu’a confirmé par écrit l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à l’émission de France 2.
Mis face à cette contradiction, Vincent Louault ne va pas se démonter pour autant, assumant complètement d’avoir menti. « Nous, on se fait défoncer la gueule, et à un moment, les gens ils comprennent des messages simples », commence-t-il pour se justifier. « Quand je fais un raccourci sur la famille des néonicotinoïdes pour vous sensibiliser sur le fait que dans le collier à chien et chat, il y a bien des néonicotinoïdes ou des molécules aussi dangereuses que l’acétamipride, oui je fais une fake news. Voilà. Si c’est ça que vous voulez m’entendre dire, oui, j’ai simplifié un peu trop. Je m’en excuse. Mais j’assume », affirme-t-il sur France 2.
Désinformation
Toujours dans ce numéro de Complément d’enquête, Annie Genevard est aussi sommée de répondre à la journaliste de France 2 sur ses propos tenus au printemps dernier (mentionnés plus haut) sur l’acétamipride. Ce qu’elle refuse. « Je n’ai pas le temps d’aborder des questions aussi précises et importantes entre deux portes », répond-elle à Complément d’enquête, bien que son cabinet a visiblement été relancé plusieurs fois en amont pour des demandes d’interviews sur ce sujet précis, selon la journaliste.
La désinformation autour de l’acétamipride dans le milieu politique est un sujet qui revient au gré des prises de parole. Comme lorsque Ségolène Royal affirmait avec conviction en juillet 2025 sur le plateau de BFMTV que l’acétamipride était « cancérigène ».
Interrogée dans Complément d’enquête, la toxicologue Sylvie Bortoli affirme que ce n’est pas le cas, « les données (restant) encore limitées » sur cela, même s’il existe « un certain nombre de signaux s’alerte qui sont soulignés par un certain nombre de scientifiques ».
Rappelons que l’acétamipride n’est pas interdit au sein de l’Union européenne. Après une décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) datant de mai 2024, les agriculteurs peuvent continuer à l’utiliser jusqu’en 2033.
« Des incertitudes majeures » demeurent sur les effets neurodéveloppementaux de l’acétamipride, fait valoir l’Efsa, comme le rapportait franceinfo dans un article en mai 2025. Il faudrait de « nouveaux éléments » pour pouvoir « évaluer de manière adéquate les risques et les dangers » du pesticide, selon l’agence.


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