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France 17/04/2026 06:45 Actualisé le 17/04/2026 09:03
Interrogé par Tristan Waleckx, l’ancien ministre de la Culture prenait la parole pour la première fois depuis sa démission de l’Institut du monde arabe.

Capture d’écran France 2
Invité de « Complément d’enquête » consacré au volet français de l’affaire Epstein, Jack Lang répond aux questions sur ses liens avec le pédocriminel et conteste toute proximité avec le financier.
« Vous m’avez invité. » C’est ainsi que Jack Lang justifie sa présence sur le plateau de Complément d’enquête consacré au volet français de l’affaire Epstein. Après plusieurs semaines de silence depuis sa démission de l’Institut du monde arabe, l’ancien ministre de la Culture s’installe dans les célèbres fauteuils rouges de l’émission et annonce vouloir répondre « très précisément » aux questions.
« Ce n’était pas un ami », tranche-t-il d’emblée, réduisant sa relation avec Jeffrey Epstein à une simple connaissance. « Un ami, c’est quelque chose de sacré », insiste-t-il disant le voir « très rapidement » une à deux fois par an.
De retour sur le plateau après la diffusion de l’enquête, Jack Lang explique ne pas avoir regardé le reportage, refusant d’« entendre répéter les mêmes stupidités, les mêmes erreurs, les mêmes mensonges… Ras-le-bol, ras-le-bol, ras-le-bol ! ».
Tristan Waleckx revient alors sur différents éléments de l’enquête, en s’appuyant sur une série d’e-mails. À l’écran apparaissent alors des échanges entre Jeffrey Epstein et Caroline Lang, la fille de l’ancien ministre. Elle lui écrit encore après la publication d’articles de presse à son sujet, dit s’inquiéter pour lui et évoque notamment ce qu’elle lit dans Paris Match ou le New York Times.
Jack Lang se raidit. Il refuse d’endosser ces messages. « Je n’assume pas les écrits d’un autre », répète-t-il, tout en assurant avoir « confiance totale » en sa fille. Interrogé sur l’absence d’alerte de sa part, il répond : « Je n’en sais rien, interrogez-la », sans s’attarder.
Une « campagne de calomnie »
Le journaliste poursuit. D’autres e-mails apparaissent, cette fois écrits par Jeffrey Epstein lui-même, dans lesquels il évoque une relation bien plus soutenue : le pédocriminel parle d’« amitié » et se dit presque membre de la famille. Jack Lang balaie à nouveau. Ce vocabulaire, explique-t-il, relève de la politesse. « Je suis quelqu’un de chaleureux », glisse-t-il.
Mais les questions ne s’arrêtent pas là et Tristan Waleckx évoque alors un message plus précis : une possible rencontre organisée avec Dominique Strauss-Kahn, à l’initiative de l’ancien cadre du PS. Jack Lang coupe court. « Non », répond-il, avant de dénoncer une interprétation abusive. « Ne transformez pas votre conditionnel en affirmation », lance-t-il, de plus en plus agacé.
Le ton monte, et les relances se multiplient, tandis que Jack Lang s’interrompt, soupire et conteste. Il rejette toute idée d’avoir pu servir de relais, d’intermédiaire, ou de facilitateur. « Je n’ai pas été un intermédiaire, ni commercial, ni politique, ni rien du tout », insiste-t-il. Puis, plus sec : « Ça suffit maintenant ! »
Jack Lang reproche au journaliste d’insister et de mélanger les sujets. Il répète qu’il n’était pas « de l’entourage » d’Epstein, qu’il ne savait rien, et qu’il n’a jamais joué aucun rôle dans ses activités. Interrogé sur d’éventuels liens financiers, il se défend aussi frontalement : « Je suis un homme de culture, pas d’argent », assure-t-il, affirmant ne pas avoir touché « le moindre centime » et minimisant son rôle dans les projets évoqués avec le financier.
La question de sa démission de l’Institut du monde arabe en février dernier est alors posée. Pour Jack Lang, il ne s’agit « en aucun cas » d’un aveu : il affirme être parti pour éviter que l’institution ne soit « ternie » par une « campagne de calomnie ». Il ajoute avoir reçu des soutiens, évoquant notamment Emmanuel Macron, qui a « rendu hommage » à son action.
Au moment de quitter le plateau, l’ancien ministre reconnaît avoir « peut-être fait une connerie » en acceptant de venir répondre aux questions.


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