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500 milliards de FCFA, presque 900 millions de dollars, c’est le montant que Baba Ahmadou Danpullo envisagerait d’investir dans un projet baptisé Danpullo Air Line. L’homme d’affaires camerounais, connu jusqu’ici pour ses plantations et ses télécoms, viserait la création d’une compagnie aérienne et de deux aéroports privés à Yaoundé et Douala. Le chiffre fait mal, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il mérite d’être regardé de près.
Un projet à l’ambition démesurée
L’architecture annoncée dépasse la simple création d’une compagnie aérienne. Danpullo viserait d’abord la connexion des dix régions camerounaises, avant une extension vers les six pays de la CEMAC. Deux plateformes aéroportuaires privées viendraient compléter le dispositif, à Yaoundé et à Douala.
Plusieurs médias ont présenté cet investissement comme représentant 92% de la fortune de Danpullo. Le truc, c’est que cette estimation s’appuie sur un classement Forbes Afrique datant de 2015. Onze ans plus tard, difficile de considérer ce chiffre comme une photographie fidèle de son patrimoine actuel.
Reste que l’ambition, elle, est bien réelle sur le papier. Contrôler à la fois les avions et les aéroports, c’est une stratégie que peu d’entrepreneurs privés africains ont tentée à cette échelle.
Le marché existe, la rentabilité reste à prouver
L’Afrique centrale demeure l’une des régions les moins connectées du continent par voie aérienne. Les difficultés chroniques de Camair-Co ont laissé une brèche béante que personne n’a vraiment su combler jusqu’ici. Là-dessus, franchement, le calcul économique de Danpullo tient la route.
Mais l’aérien n’a jamais pardonné les erreurs de calibrage. Carburant, maintenance, devises, assurances : chaque poste de dépense peut transformer une ambition régionale en gouffre financier. Deux aéroports privés ajoutent encore une couche de complexité, entre foncier, certification et trafic minimal garanti.
On ne sait pas encore quelle part des 500 milliards viendra réellement des fonds propres de Danpullo, ni quels investisseurs pourraient l’accompagner. Difficile de ne pas y voir un pari à très haut risque, même pour un entrepreneur habitué aux actifs lourds.
Danpullo a construit sa fortune dans l’agro-industrie et l’immobilier. L’aviation, elle, ne connaît pas la même logique.
Entre l’annonce et le décollage effectif, il reste un long chemin réglementaire et financier. Le dossier mérite d’être suivi de près dans les prochains mois.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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