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Le Groupe Damabois aimerait bénéficier des 60 millions de dollars annoncés par le gouvernement du Québec. Ces fonds visent, notamment, à pallier les effets des tarifs douaniers américains en misant sur la diversification des produits des scieries.
Le directeur des approvisionnements du Groupe Damabois, Harold Truchon, indique que l’entreprise est contente qu’il y ait une annonce. Elle se demande si elle fait partie des plans qui sont dans ces 60 millions-là.

Le directeur des approvisionnements du Groupe Damabois, Harold Truchon
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ce qu’on souhaite, c’est que ces 60 millions-là s’appliquent à notre entreprise, à notre groupe.
Damabois a fermé deux de ses usines la semaine dernière en raison des contrecoups financiers des mesures de protection du caribou en place depuis 2023. L’entreprise demandait alors une compensation financière et avait annoncé avoir présenté un projet de conversion de son usine de Cap-Chat.
À cet effet, Harold Truchon croit que l’entreprise cadrerait assez bien dans ce dossier-là.
On parle de deuxième, de troisième transformation ou d’ajustement d’usines vers autre chose que du deux-par-quatre, du deux-par-six, du deux-par-huit. C’est exactement ce qu’on propose au gouvernement actuellement avec nos usines, explique-t-il.
Il précise que ce sera au ministère des Ressources naturelles et des Forêts de confirmer l’éligibilité de Damabois à cette aide financière.
Des élus réagissent
Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, considère que l'annonce n'est pas adaptée à la situation de Damabois.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
La moindre des choses, ce serait que la ministre indique [au président] de Damabois comment ce programme va venir en aide à l’entreprise, [...] si elle va pouvoir continuer, affirme l’élu péquiste.
Ils veulent une conversion, ils ont un plan, mais ça prend du financement et il ne vient pas.
Pour lui, le programme annoncé par le gouvernement du Québec n’est pas suffisant. Il considère que la situation de Damabois nécessite une aide adaptée à la situation, c'est-à-dire une compensation sur le plan du caribou.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, indique qu’il faudra que les entreprises en discutent avec le ministère concerné. Il juge l’annonce comme intéressante puisqu'elle va permettre aux entreprises de se réinventer, de trouver une façon de faire plus avec [le] bois, [la] forêt, ce qu’on peut transformer.
La FQM croit toutefois qu’il faut soutenir l’ensemble de la filière. Pour Jacques Demers, cela signifie qu’il faut aussi penser aux travailleurs, au bûcheron, qui arrive avec sa bûcheuse, qui transporte le bois.
Des fusions qui inquiètent
La ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, a mentionné que les consolidations d’entreprises forestières seront « inévitables ».
Lors de son passage à l’émission D’Est en Est mardi, elle a réaffirmé que, selon elle, le futur est fait de ces consolidations, mais que les discussions appartiennent aux entreprises.

Le Groupe Damabois fait de la transformation de bois de feuillus et de résineux, précise Harold Truchon.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Cette idée inquiète Damabois, selon Harold Truchon. Le Groupe Damabois est un gros joueur dans le feuillu, en allant de la première transformation jusqu’à la troisième, mais dans le résineux, force est d’admettre que le Groupe Damabois est un petit joueur, explique-t-il.
Je pense que cette définition-là s’applique à notre situation et, oui, ça nous inquiète.
Le député Pascal Bérubé se questionne sur le sens de l’affirmation de la ministre. Pour lui, cela ne devrait pas signifier qu’il faudrait abandonner Damabois.
Pour Jacques Demers, président de la FQM, ça ne garantit pas une stabilité d’avoir seulement que des grands joueurs.
Souvent, c’est moins à risque pour une région quand on a plusieurs joueurs que quand on en a seulement un qui couvre tout le territoire, mentionne-t-il. Il croit qu’il y a des petits joueurs qui sont peut-être intéressants.
Avec les informations de Jean-François Deschênes et de Denis Leduc


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