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Pantin un jour, pantin toujours. Entraîné aveuglément dans sa guerre contre l’Iran, Donald Trump s’y trouve aujourd’hui enlisé par ce même Benjamin Nétanyahou dont les sanglantes offensives effrénées menées jusqu’ici dans l’impunité quasi totale, à Gaza comme au Liban, n’ont qu’exacerbé les élans de provocation outrancière.
Le président américain se trouve pris au piège dans un guêpier dans lequel il s’est lui-même précipité. Incapable — ou pire, se souciant peu — d’endiguer de toute urgence la fureur destructrice de son homologue israélien. Pendant que la communauté internationale, excédée mais résignée, les regarde tous deux aller, de même que ces conflits meurtriers s’enliser.
De Washington à Téhéran, en passant par Jérusalem, se chorégraphiait en début de semaine un ballet de prétentions diplomatiques ou de démentis d’avancées de pourparlers révélant avant tout que Donald Trump, pris en étau, ne maîtrise rien du tout. Et que le Liban et ses près de six millions d’habitants demeurent pris en otages depuis des mois par ces trois belligérants.
Face à l’Iran qui menaçait de rompre toutes négociations de paix, faute de voir Israël mettre un terme à ses opérations militaires chez son voisin libanais, Donald Trump, désespéré de convenir enfin d’une sortie de crise, s’est targué d’avoir forcé un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hezbollah. Une « trêve » de dernière minute, en outre, à la veille de nouvelles négociations diplomatiques entre l’État hébreu et le mouvement chiite pro-iranien du Liban.
Un accord épargnant certes heureusement le sud de Beyrouth, qu’Israël s’apprêtait à bombarder. Une entente qui ne disait toutefois pas un seul mot sur tout le sud du Liban, où l’armée israélienne étend pourtant de jour en jour son occupation à coups de frappes — qualifiées de crimes de guerre par plusieurs organisations — contre des civils, des secouristes, des journalistes, des villages, des villes, des établissements de santé, des terres agricoles.
Un urbicide et un écocide dont Donald Trump ne se préoccupe (à peine) que lorsque sa propre sortie de guerre avec l’Iran s’en trouve précarisée. Faut-il alors s’étonner que Benjamin Nétanyahou estime avoir la voie libre ?
Et ce, au point de pousser la bravade jusqu’à planter son drapeau dans le sud du territoire libanais, sur la citadelle médiévale de Beaufort qui surplombe la région et qu’occupait l’armée israélienne lors de la dernière occupation (1982-2000). Le symbole ne pouvait être plus provocateur et plus clair. Cette incursion, la plus profonde depuis 20 ans, était dans la mire d’Israël avant même la signature de ce premier simulacre de cessez-le-feu du 17 avril n’ayant absolument rien freiné lui non plus, au cours duquel plus de 600 Libanais ont à ce jour été tués. Huit autres sont morts mardi, au lendemain de la nouvelle « trêve » de Donald Trump — parmi plus de 3400 victimes depuis le début de la guerre le 2 mars, contre 26 décès au sein de l’armée israélienne.
La France et d’autres osent enfin hausser le ton aux Nations unies contre cette occupation israélienne qui n’a rien de proportionnel à se défendre contre le Hezbollah. Sans résultats, face au veto des États-Unis confortant d’autant plus Israël dans son impunité entière…
Tout comme dans la bande de Gaza, tragiquement tombée dans l’oubli. Là aussi, la signature d’un prétendu cessez-le-feu avec le Hamas devait offrir un peu de répit aux deux millions de Gazaouis entassés dans un champ de ruines, où les deux dernières années et demie de guerre ont causé des ravages sociaux ayant fait reculer de 77 ans le développement humain, déploraient les Nations unies, l’Union européenne et la Banque mondiale.
Benjamin Nétanyahou scande maintenant, sans aucun scrupule, qu’il saisira 70 % de ce territoire (« d’abord »…), où la densité de population était déjà au départ la plus élevée au monde. La brutalité de ses guerres est sans limite. Ses volontés d’annexion, jusqu’en Cisjordanie, de plus en plus limpides.
De « lignes jaunes » de démarcation en lignes rouges de provocation, les drones parlent plus fort que les prétendues promesses de trêves. Pendant que les Libanais, comme les Gazaouis, en paient le prix, au gré des avertissements de bombardements et des proclamations d’armistices factices.
« Le Liban se retrouve à nouveau pris au piège », explique l’éditorialiste de L’Orient-Le Jour Anthony Samrani, entre Israël et le Hezbollah se disputant tous deux l’intégralité de sa souveraineté. De cette sombre prophétie clairvoyante, Donald Trump n’a visiblement que faire. Mais si tant est que la communauté internationale se ressaisît, le gouvernement libanais pourrait, avec son aide, la démentir cette fois-ci.


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