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Si l’église Saint-Jérôme de Matane est jugée globalement en bon état, les professionnels qui l’ont inspectée de la cave au clocher dénotent d’importantes interventions correctives à faire pour sa restauration et sa requalification en salle de spectacle par la Ville.
L’audit technique révèle d’abord que l’ossature en béton armé est jugée saine et stable. La dalle du plancher de la nef, quant à elle, possède une capacité portante adéquate pour des usages normaux.
Le bâtiment n’est toutefois pas à l’abri de l’humidité, puisqu'il repose sur les fondations en pierre de l’ancienne église construite en 1887. Les expertises démontrent que ces fondations souffrent de l’infiltration de l’humidité du sol, ce qui laisse des traces au sous-sol.

Selon le Répertoire du patrimoine culturel du Québec, l'église Saint-Jérôme de Matane a été construite en 1887. Elle a ensuite été agrandie par le chœur vers 1905 et reconstruite après un incendie en 1933 et 1934.
Photo : BAnQ Rimouski, Fonds J.- Gérard Lacombe
Il est également mentionné que l’enveloppe extérieure du bâtiment religieux est en déclin. La charpente d’acier non galvanisé du clocher est notamment rouillée et commence à se dégrader, tout comme le revêtement de tôle de la toiture.
Le parvis de l’église est également mal en point : les marches en béton de l’entrée principale sont fissurées et certaines ne sont plus ancrées.
Aussi, le rapport d’évaluation des matières dangereuses, réalisé par le Groupe Gesfor Poirier, Pinchin, révèle la présence d’amiante dans le crépi et le plâtre, ainsi que de plomb dans la peinture. D’autres matériaux sont aussi touchés par la croissance de moisissures, d’après le même document.
Or, ces révélations ne freinent pas la Ville dans ses démarches de requalification de l’église. Ce sont des contraintes qui sont surmontables et qui sont normales pour un bâtiment de cet âge-là, soutient le maire de Matane, Eddy Métivier.
Tout nous oriente vers une continuité et c’est sûr que, dans le projet, le financement va être au rendez-vous pour s’occuper de corriger ces choses-là.
Travaux pressants et défis budgétaires
Toujours selon l’audit technique, plusieurs de ces éléments nécessitent des interventions assez urgentes, soit dans un horizon d’un an, pour éviter une détérioration accrue.
Listes des travaux jugés prioritaires, selon l’audit technique :
Le remplacement complet des toitures plates du dessus de la sacristie, qui ont atteint leur durée de vie utile, pour éviter l’infiltration d’eau (évalué à 250 000 $).
La cheminée de pierre sur la façade nord doit être inspectée et sécurisée par un maçon, puisqu’elle présente des joints creusés et des signes d’instabilité potentielle (évalué à 10 000 $).
Les débris d’amiante accessibles doivent être ramassés immédiatement. La réalisation d’une expertise environnementale doit aussi être effectuée (évaluée à 20 000 $).
La vérification et la mise à niveau du système d’éclairage d’urgence doivent être effectuées rapidement (évalué à 5 000 $).
Les rapports évaluent donc ces interventions prioritaires à environ 290 000 $. Toutefois, la Ville précise qu’elle n’engagera pas d’autres frais que ceux qu’elle a déjà investis pour les études et l’entretien de l’église, soit les montants prévus à l’acte de vente, puisqu’elle n’en est pas encore propriétaire.
Pour ce qui est des coûts du projet, ils ne sont pas encore précisés, mais de manière préliminaire, la Ville aurait à débourser au minimum 3 millions $ seulement pour l’entretien, les réparations et la mise aux normes de l’église.
L’audit technique répartit ces estimations préliminaires sur 15 ans, mais le plus gros des travaux devra être fait, selon les experts, à court et moyen termes. Il est également noté dans le rapport que ces estimations excluent tous frais reliés aux travaux de requalification en salle de spectacle.
Ces estimations préliminaires comportent les travaux prioritaires mentionnés ci-haut, le remplacement complet de la toiture, la reconstruction du parvis ainsi que l’ajout potentiel d’un système de gicleurs et la mise aux normes électromécaniques.
C’est sûr qu’au départ, c’est un projet de plusieurs millions de dollars. Il est encore trop tôt pour avancer des chiffres précis.

Le maire de Matane, Eddy Métivier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le Programme fonctionnel et technique, rapport qui viendra chiffrer et préciser le coût total du projet de requalification, est attendu par la Ville à l’automne 2026.
Subventions et désacralisation
L’avantage de ce projet-là, étant donné qu’il est dans un bâtiment patrimonial, c'est qu'il y a des aides financières [pour] financer de façon vraiment substantielle le projet, renchérit Eddy Métivier.
Pour obtenir ces subventions, M. Métivier prévient que l’église devra être désacralisée, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ça fait partie des critères des ministères pour les aides financières. Il faut que ce soit laïc, dit-il.

L’église Saint-Jérôme de Matane a été officiellement jugée excédentaire par la Fabrique Cœur-Immaculé-de-Marie en 2018.
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le maire précise que le conseil municipal travaille pour obtenir des subventions du Conseil du patrimoine religieux du Québec, du ministère de la Culture et des communications par le Programme d’aide aux immobilisations ainsi que le Fonds du Canada pour les espaces culturels du côté du fédéral.
Notre devoir, au niveau politique, c’est d’aller chercher le financement auprès des institutions pour le culturel et le patrimoine. Les aides financières vont venir couvrir la majeure partie des coûts de ce nouveau complexe-là pour essayer de minimiser la dette nette ou la partie que les citoyens vont avoir à [payer], pour qu’elle soit la plus minime possible , assure M. Métivier.
Des consultations, sous forme d’ateliers collaboratifs sur l’avenir de l’église Saint-Jérôme, auront lieu le 30 avril et le 2 mai pour les citoyens ainsi que le 1er mai pour les milieux culturel et communautaire, à la récréathèque du Colisée Béton-Provincial.


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