Alors que le Tour de France femmes se termine dimanche, à Nice, la directrice de l'épreuve Marion Rousse dresse un premier bilan. L'ancienne cycliste se félicite de voir un événement prendre de plus en plus d'envergure, avec un scénario haletant.

Recueilli par Arthur Sautrel, à Nice - Aujourd'hui à 17:43 | mis à jour aujourd'hui à 17:43 - Temps de lecture :

Marion Rousse, à Nice, dimanche. Photo Sipa Marion Rousse, à Nice, dimanche. Photo Sipa

Si vous deviez définir en un mot ce Tour de France, quel serait-il ?

« Incroyable ! Cette édition était magnifique à suivre sportivement parlant. Les concurrentes ont mis à profit toutes les difficultés qui leur étaient proposées. Chaque jour, il s’est passé quelque chose. On est à quelques heures de l’arrivée finale tout va se jouer aujourd’hui, avec huit secondes d’écart entre Demi Vollering et Kasia Niewiadoma. C’est exceptionnel. »

Comment observez-vous le développement du cyclisme professionnel ?

« On a un rôle à jouer c’est sûr. Déjà dans le sport de haut-niveau, on est là pour encourager les athlètes, mais aussi pour faire rêver les petites filles. Si elles veulent prendre une licence, s’identifier à des athlètes féminines, c’est hyper important pour nous. Quand j’ai commencé la compétition, je ne m’identifiais qu’à des hommes. Offrir cette opportunité à des petites filles de rêver de participer à la plus belle course du monde, c’est un bel objectif d’atteint. Dans un rôle plus grand public, sur la pratique du sport pour les femmes, les gens viennent nous voir sur le bord du route, et c’est important pour la santé physique et mentale de monter sur un vélo. Une femme a toute sa place sur un vélo. »

En termes d’engouement, notez-vous une évolution depuis la première édition ?

« Clairement, on a l’impression que chaque année, on passe un cap et on se demande même où est-ce qu’on va s’arrêter. Le rythme d’évolution de notre course est dingue, ce n’est que la cinquième édition. C’est un succès populaire incroyable. Les audiences ont été très bonnes toute la semaine, même s’il y avait un défi avec cinq jours d’écart entre la fin du Tour hommes et le début de celui des femmes. On se posait des questions pour savoir si ça allait marcher autant que l’année dernière et ça a encore mieux marché. Le Tour de France femmes fait partie du quotidien des gens, on a envie de voir les championnes et qui va gagner. »

On a eu un dénivelé positif record mais aussi un kilométrage record cette année. Peut-on s’attendre à avoir des éditions encore plus dures ?

« On peut faire plus difficile et les concurrentes sont prêtes. Mais je ne suis pas pour la surenchère des difficultés car je vois que certaines étapes trop dures tuent le suspense car tout le monde attend la dernière ascension. On essaie de faire un mélange des genres et les étapes comme dans le Beaujolais (mercredi) sont magnifiques à suivre. Ou comme samedi, à Nice, où deux murs dans les derniers kilomètres peuvent donner un final de classique. On pourrait faire plus dur, mais est-ce qu’on a envie ? Pas forcément. »

Avez-vous eu des nouvelles de Pauline Ferrand-Prévot ?

« On est triste pour l’abandon de Pauline mais je n’ai pas eu de nouvelles personnellement. Je l’ai croisée à chaque fois quand elle prenait le départ. Elle s’était entraînée comme il le fallait, elle arrivait à 100 % mais elle n’était pas dans le coup. Ce qui ne veut pas dire que ça ne sera pas le cas l’an prochain ! Je suis la mieux placée pour savoir que dans la vie d’un athlète de haut-niveau, parfois tu fais la même chose d’une année sur l’autre et ça ne marche pas forcément. J’espère que les gens n’oublieront pas le palmarès de Pauline Ferrand-Prévot et ce qu’elle va nous faire vivre dans les années futures. Je pense que c’est la première déçue de ne pas avoir été à 100 % sur la course. Mais j’ai aussi vu que tous les matins au départ et tous les soirs à l’arrivée, elle donnait beaucoup pour les gens présents sur les bords des routes. »

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