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Aux États-Unis, le "drive-through" est une institution avec plus de 130 000 établissements permettent de commander au fast-food sans quitter sa voiture. Mais certaines villes veulent désormais freiner son développement, accusé d’aggraver embouteillages, pollution et dépendance à la voiture.
Publié le 01/10/2026 09:54 Mis à jour le 01/10/2026 10:04
Temps de lecture : 3min
Le projet d’ouverture d’un nouveau restaurant de la chaîne californienne In-N-Out à Culver City a provoqué une mobilisation d’habitants (photo d'illustration). (Gina Ferazzi / Los Angeles Times)
Commander un burger, des frites ou un café sans même détacher sa ceinture de sécurité. Aux États-Unis, le "drive-through", que l’on appelle plus simplement "drive" en France, est un incontournable. Le principe est simple : le client commande depuis sa voiture, avance jusqu’à un guichet, récupère son repas et repart sans avoir à se garer.
Une étude menée par des chercheurs de l’université d’État de San José a recensé au moins 133 000 établissements équipés d’un drive aux États-Unis. Un symbole de la place occupée par la voiture dans le pays, mais aussi un modèle économique particulièrement efficace pour les grandes chaînes de restauration rapide : le drive peut représenter jusqu’à 70% de leurs ventes.
C’est notamment le cas à Culver City, une ville d’environ 40 000 habitants enclavée dans l’agglomération de Los Angeles, en Californie. Huit restaurants avec drive y sont déjà installés. Mais le projet d’ouverture d’un nouveau restaurant de la chaîne californienne In-N-Out a provoqué une mobilisation d’habitants. Comme le raconte Le Monde, cette implantation cristallise depuis plusieurs mois l’opposition d’une partie des habitants à l’expansion des drives dans la ville. Le projet prévoit, notamment, deux voies permettant aux automobilistes de faire la queue avant de récupérer leur commande. Parmi les opposants figure Cynthia Miller, une mère de famille qui a lancé une pétition contre le projet. "Les drives génèrent beaucoup de pollution, ce qui a des effets négatifs sur la santé. Ils créent également davantage de circulation, ce qui réduit la sécurité. Ils dégradent aussi la qualité de vie en ville", dit-elle.
"Nous préférerions largement avoir un café avec une terrasse plutôt qu’une file de voitures qui de récupérer de la nourriture. En plus, ils voulaient installer le drive à une intersection qui est déjà très encombrée par la circulation, et juste à côté d’une école primaire."
Cynthia Miller, habitante de Culver City
à Franceinfo
La mobilisation a contribué à relancer un débat plus large sur la place de ces établissements dans la ville. Culver City a décidé de geler temporairement l’ouverture de nouveaux drives et réfléchit désormais à une interdiction permanente. Les huit établissements déjà présents ne sont pas concernés. Fait révélateur : malgré la polémique actuelle, aucun nouveau drive n’avait ouvert dans la ville depuis 1997 d'après le journal Le Monde.
Culver City n’est pas un cas isolé. Plusieurs municipalités américaines ont déjà décidé de limiter ce type d’aménagement. Minneapolis, dans le Minnesota, interdit ainsi la construction de nouveaux drives depuis 2019, notamment pour réduire la place accordée à l’automobile dans l’aménagement urbain. Les établissements existants peuvent toutefois continuer à fonctionner. Ces paysages commerciaux illustrent une particularité de nombreuses villes américaines : de vastes espaces ont été conçus autour de l’automobile, avec de larges routes, des parkings et des commerces relativement éloignés les uns des autres.
Le modèle existe également en France, mais sous une forme différente. Le mot "drive" y est d’abord associé aux grandes enseignes de distribution qui permettent aux consommateurs de commander leurs courses en ligne avant de venir les récupérer en voiture. La structure des villes françaises, généralement plus denses et moins organisées autour de l’automobile que celle de nombreuses agglomérations américaines, limite la possibilité de multiplier de vastes restaurants entourés de voies dédiées aux voitures.
Le succès du drive repose aussi sur une promesse : faire gagner du temps au consommateur. Aux États-Unis, les grandes chaînes mesurent d’ailleurs très précisément le temps passé par leurs clients dans la file. Selon les enseignes, il faut généralement quelques minutes entre l’arrivée du véhicule et le moment où le client repart avec sa commande.
Mais ce modèle doit désormais composer avec un concurrent qui pousse encore plus loin la logique de commodité : la livraison à domicile. Uber Eats, DoorDash, Deliveroo et les autres plateformes permettent de commander les mêmes menus sans avoir à prendre sa voiture. Une évolution qui pourrait à terme modifier les habitudes des consommateurs, alors même que certaines villes américaines cherchent à réduire la place accordée à l’automobile.
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