Isabelle Huppert, 73 ans, succède à Costa-Gavras à la présidence de cette association renommée, véritable gardienne de la mémoire du cinéma. Le cinéaste de 93 ans passe le relais à l’une des actrices les plus cinéphiles de sa génération.

Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 12:37 | mis à jour aujourd'hui à 12:40 - Temps de lecture :

Isabelle Huppert est la première femme à présider la Cinémathèque française.  Photo SIPA /SIPA/Jacques Benaroch Isabelle Huppert est la première femme à présider la Cinémathèque française.  Photo SIPA /SIPA/Jacques Benaroch

Pour la première fois de son histoire, la Cinémathèque française est présidée par une femme. Isabelle Huppert n’est pas seulement l’une des actrices françaises les plus prolifiques et les plus internationales, une star même à Hollywood, mais elle entretient depuis longtemps un rapport particulier avec la mémoire du cinéma.

Au-delà des plateaux de tournage, Isabelle Huppert, 73 ans dont 55 d’une carrière qui compte plus de 168 films et séries, deux César et un Golden Globe, vit le cinéma comme spectatrice assidue. Une cinéphilie à tendance art et essai et patrimoniale, qu’elle partage avec sa famille. Elle a participé au rachat du Christine Cinéma Club (ex-Christine 21) à Paris, dont la programmation, consacrée aux films de patrimoine, est assurée par son fils Lorenzo Chammah, au côté de son père Ronald Chammah. La famille dirige également une seconde salle dans le quartier Latin, l‘Écoles Cinéma Club. Les deux salles sont exploitées sous le label Paris Cinéma Club.

En 2006, la Cinémathèque française avait consacré un hommage à Isabelle Huppert peu après la réouverture dans le bâtiment de Frank Gehry à Bercy, signe précoce d’une relation de longue date entre l’actrice et l’institution, qui avait programmé alors 48 films, parmi les 76 longs-métrages qu‘à cette date l’actrice avait tournés depuis son apparition dans Faustine ou le Bel Été , de Nina Companeez, en 1972.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Costa-Gavras, deux décennies à la tête de l’institution

Isabelle Huppert succède à Costa-Gavras, cinéaste engagé rendu célèbre par Z ( 1969) et Missing (1982, Palme d’or à Cannes). Il a présidé la Cinémathèque française à deux reprises. Une première fois de 1982 à 1987, puis à nouveau à partir de juin 2007, succédant alors à Claude Berri. Reconduit à plusieurs reprises, en septembre 2020, puis en juillet 2024 pour un mandat courant jusqu’en 2026, il aura présidé le plus haut lieu de mémoire du cinéma pendant près de vingt ans. Le cinéma, disait-il en substance, doit rester un outil de mémoire et de réflexion autant qu’un art populaire. Une conviction qu’Isabelle Huppert, qui a traversé un demi-siècle de cinéma d’auteur sans jamais oublier le grand public, devrait prolonger.

La Cinémathèque française, gardienne de la mémoire du cinéma

Fondée en 1936 par Henri Langlois, Georges Franju, Jean Mitry et Paul-Auguste Harlé, la Cinémathèque française est une association à but non lucratif dont la mission est de collecter, conserver et montrer au public les films du monde entier, ainsi que les objets et documents liés à l’histoire du cinéma.

Longtemps installée au palais de Chaillot, face à la Tour Eiffel, elle occupe depuis 2005 un bâtiment conçu par l’architecte Frank Gehry, au 51 rue de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris, près de la gare de Bercy et de la gare de Lyon, à deux pas de la grande salle de l’Accor Arena. Elle est l’une des cinémathèques les plus renommées au monde pour la richesse de ses collections et sa programmation pointue et exigeante.

Financée pour l’essentiel par la subvention publique du CNC, elle reste un organisme de statut privé, jaloux d’une indépendance artistique qui remonte à son fondateur. Sa programmation se déploie toute l’année entre avant-premières, masterclasses, rétrospectives de films consacrées à des cinéastes ou acteurs et actrices, expositions temporaires (Marylin Monroe depuis le 8 avril et jusqu’au 12 juillet), reprise de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes.

La Cinémathèque française doit ouvrir en avril 2027 une antenne à Marseille, sur le Campus de La Plateforme, dans le quartier des Crottes, dans le 15e arrondissement de la ville.

Articles les plus lusCulture - Loisirs