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Lundi, La Havane a dénoncé la volonté des Etats-Unis d’« empêcher » l’Assemblée générale des Nations unies de se prononcer, mardi, sur l’impact du blocus et des autres sanctions imposées par Washington.

Ana Amelia Gracias, ancienne aide-soignante à la retraite âgée de 70 ans, pendant la panne générale, à La Havane, le 6 juillet 2026. Ana Amelia Gracias, ancienne aide-soignante à la retraite âgée de 70 ans, pendant la panne générale, à La Havane, le 6 juillet 2026.

Cuba s’efforçait de rétablir le courant dans le pays, lundi 6 juillet au soir, après une nouvelle panne générale, la troisième en moins de six mois, au moment où la production d’électricité est mise à rude épreuve par le blocus pétrolier imposé par Washington.

Le manque de carburant « rend indiscutablement plus compliqué le processus de restauration » du réseau électrique, a précisé, lundi soir, à la télévision d’Etat, Lazaro Guerra, directeur de l’électricité au ministère de l’énergie et des mines.

« Nous avançons en fonction de la capacité de production [électrique] qui est disponible dans le pays », a-t-il ajouté, sans faire de pronostic sur le rétablissement du courant par la compagnie nationale d’électricité (UNE).

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a mis directement en cause la politique américaine de sanctions contre l’île. « Alors que les Etats-Unis tentent de provoquer un soulèvement social en étouffant le pays, en bloquant l’approvisionnement en carburant de Cuba, l’UNE se mobilise pour remédier à la panne du réseau électrique », a déclaré le chef de l’Etat sur X. « Ce que font les électriciens en plein blocus énergétique génocidaire est héroïque », a-t-il ajouté.

« Déconnexion totale »

A la mi-journée, la compagnie électrique a annoncé « une déconnexion totale » du réseau, privant de courant les 9,6 millions d’habitants de l’île. Les causes de cette interruption de service n’ont pas été précisées. Le réseau électrique de Cuba subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant. Huit pannes générales ont eu lieu depuis la fin 2024.

Les coupures quotidiennes se sont aussi intensifiées depuis que Washington a imposé, en janvier, un blocus pétrolier. Ces derniers temps, « on n’avait que trois ou quatre heures de lumière par jour. Maintenant, c’est plus grave, on ne sait pas quand ça va un peu revenir », explique Meyboll Font, 51 ans, qui travaille chez elle comme animatrice de communauté (community manager). « Vivre comme ça, c’est une agonie », dit-elle.

La production d’électricité à Cuba repose principalement sur sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance, ainsi que sur un réseau de groupes électrogènes de secours alimentés par du diesel importé.

Lundi, la principale centrale électrique de Cuba, baptisée Antonio-Guiteras, située dans l’ouest du pays, était à l’arrêt pour réparation. Elle a été arrêtée plus de quinze fois depuis le début de l’année, en raison d’avaries successives. Cette situation provoque des délestages incessants, qui atteignent désormais plus de 30 heures d’affilée à La Havane, et plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans.

« Contraindre »

Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de La Havane. Outre le blocus pétrolier en vigueur depuis janvier, Washington a édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains.

Donald Trump estime que Cuba, qui se trouve à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu’il pourrait en « prendre le contrôle ». Les deux pays sont en difficiles pourparlers.

Mises sous pression, les autorités cubaines ont adopté, mi-juin, un paquet de mesures sans précédent en faveur de l’économie de marché, un bouleversement pour le modèle économique de l’île depuis l’adoption du communisme il y a près de 70 ans.

Lundi, Cuba a dénoncé la volonté des Etats-Unis d’« empêcher » l’Assemblée générale de l’ONU de se prononcer, mardi 7 juillet, sur l’impact du blocus pétrolier et sur les autres sanctions imposées par Washington. « Les Etats-Unis (…) font pression sur des gouvernements et cherchent à contraindre la volonté souveraine des Etats membres », a affirmé le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, sur X. Un vote des Etats-membres est nécessaire pour l’ouverture d’un tel débat devant l’Assemblée générale.

Le Monde avec AFP