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Tous les mardis midi depuis le début de l’automne, les Rimouskois peuvent partager un repas à très faible coût au café solidaire Croque-Pop. Ce projet d’insertion sociale et professionnelle permet à des jeunes de 16 à 35 ans de se préparer à occuper un emploi, tout en permettant de lutter contre la précarité alimentaire.
Les huit participants à ce plateau de travail collaboratif peuvent ainsi découvrir l’univers de l’entrepreneuriat et de la restauration. Avoir de l’expérience c’est bon, même si le travail que je vais avoir [éventuellement] n’a aucun lien avec la cuisine, explique Nicolas Giroux, l’un des membres du groupe.
Juste le fait que je démontre que j’aime ça travailler, ça peut être très bon pour les employeurs, ajoute le jeune homme de 31 ans qui s’affaire à effeuiller du persil.
Avec ses collègues du Croque-Pop, il prépare ce jour-là des fettucines Alfredo et de la salade de betteraves. Ça m’apprend à faire des recettes, puis ça m’apprend aussi à travailler en équipe. C’est important, mentionne M. Giroux.
Je suis très motivé parce que j’aime ça venir ici et faire de la cuisine.

Nicolas Giroux, 31 ans, fait partie du groupe de huit jeunes qui prennent part à Croque-Pop, un projet préparatoire à l'emploi.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Le groupe s’occupe de tout. Ils font bouillir les betteraves, concoctent de la vinaigrette et élaborent la sauce pour les pâtes. La musique joue à fond et chaque personne s’affaire à la tâche qui lui a été assignée.
Tôt le mardi matin, les participants et les deux chargées de projet du Croque-Pop se donnent rendez-vous dans les locaux de la coopérative Bains Publics. Le restaurant et salle de spectacle de la rue Saint-Germain Est devient ainsi leur camp de base une fois par semaine.
Il y a d’autres bénéfices. Les relations avec les gens. Je me fais des amis et ça, c’est important pour moi, fait valoir Nicolas Giroux.
Une expérience formatrice
Les participants à ce programme préparatoire à l’emploi sont rémunérés grâce à une allocation d’Emploi-Québec. Ils ne sont ni aux études ni à l’emploi à temps complet et peuvent rester au sein de l’équipe jusqu’à un maximum de 20 semaines.

Tous les mardis matins, les participants au projet d'insertion sociale et professionnelle se rassemblent dans la cuisine des Bains Publics pour préparer un repas qui sera servi le midi même à très faible coût.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Les gens, des fois, vont quitter avant la fin quand ils ont trouvé des emplois. Le but de ce projet-là, c’est vraiment un tremplin. Donc on développe des compétences pour retourner soit à l’école, soit au travail, raconte Chloé Rancourt-Maltais, l'une des chargées de projet.
Jusqu’à l’an passé, les participants au programme préparatoire à l’emploi de la MRC de Rimouski-Neigette prenaient part à un projet axé sur la zoothérapie.
Lorsqu’elle en prend les rênes l’an dernier, Chloé Rancourt-Maltais, imagine plutôt une toute nouvelle forme. Je me disais que le développement de compétences chez les jeunes allait beaucoup plus se faire avec de l’expérience terrain.

Chloé Rancourt-Maltais est l'une des deux chargées de projet du café solidaire Croque-Pop.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
L’objectif est de leur offrir une expérience concrète qu’ils pourront ajouter à leur curriculum vitæ. Avant de se lancer en cuisine, les participants au Croque-Pop ont tous suivi un cours de réanimation cardiorespiratoire et ont appris les bases de l’hygiène et de la salubrité du MAPAQ.
Ils ne se destinent pas nécessairement à une carrière en restauration, mais l’expérience est formatrice. C’est une manière d’acquérir des compétences transférables dans d’autres métiers, souligne l’autre chargée de projet, Élisabeth Gingras.
L’intervenante est d’ailleurs impressionnée par la rigueur de ses protégés. On a vraiment un bon groupe travaillant.
Un constat partagé par sa collègue. L’évolution des participants est vraiment impressionnante depuis qu’on a ouvert le café. Non seulement au niveau du développement des compétences, mais de l’autonomie, de la prise en charge des responsabilités, du travail d’équipe, se réjouit Chloé Rancourt-Maltais.
Combattre la faim
Les résultats de ce plateau de travail sont aussi tangibles semaine après semaine, puisqu’une part de la population en profite chaque mardi. Le repas est offert au prix de huit dollars, mais il est également possible d’y avoir accès au prix solidaire de deux dollars.

Grâce à leur participation au café solidaire, Croque-Pop, ces huit jeunes développent des compétences par la gestion d'un service alimentaire collectif.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Ce n’est pas banal quand même de nourrir des gens qui ont faim, mentionne Mme Gingras. Elle avoue d’ailleurs le rappeler fréquemment aux huit participants du projet Croque-Pop.
On a même des habitués qui reviennent le mardi depuis qu’on est ouvert.
La chargée de projet raconte qu’un homme s’est déjà présenté à un dîner du café solidaire muni de deux pièces de deux dollars. Il a raconté avoir extrêmement faim et voulait une portion double. L’équipe a accepté de prendre une seule de ses pièces et lui a dit de ne pas hésiter à se resservir.
Quand on raconte ça aux jeunes, ils sont comme : OK, c’est important ce qu’on fait, rapporte Élisabeth Gingras, qui affirme du même souffle que ce genre d’histoire a un effet positif sur la motivation du groupe.


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