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Crise du logement: une inquiétante bombe à retardement

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Publié le 05 octobre 2026 à 19:17. / Modifié le 05 octobre 2026 à 19:59. 2 min. de lecture

Une retraitée de 87 ans expulsée de son logement qui provoque in fine des élections législatives anticipées. L’affaire qui secoue l’Espagne rappelle combien le logement est devenu, de New York à Berlin, en passant par Madrid ou Londres, un enjeu politique majeur sur lequel les gouvernements se cassent les dents.

Avec un taux de logements vacants de 0,93%, la Suisse n’échappe pas au phénomène. Face à ce constat, la tentation de réglementer davantage est grande. Le peuple sera d’ailleurs appelé à voter sur l’initiative contre les loyers abusifs qui a abouti cet été. En 2020, un premier essai portant sur l’extension du parc immobilier à loyer modéré avait subi un désaveu populaire avec un taux de rejet de 57%.

Le contre-projet indirect à la nouvelle mouture qui porte, elle, sur des mécanismes de contrôle et de protection contre des loyers excessifs vient d’être présenté. La bataille autour de cet objet promet d’être vive et l’issue de la votation bien incertaine dans ce pays de locataires qu’est la Suisse.

Lire aussi: Face à la crise du logement, la Suisse a identifié les solutions mais peine encore à passer la vitesse supérieure

Parachever l’effort de densification entrepris

L’essentiel est pourtant ailleurs. Le principal remède pour répondre à l’attente légitime de la population de pouvoir se loger à un prix décent est connu. La Suisse a un problème d’offre. Elle doit étendre son parc immobilier, défi qu’elle a tenté de relever ces quinze dernières années en suivant une politique de densification très pertinente. Celle-ci se heurte toutefois à des barrières bureaucratiques et procédurales, mais surtout à une «recourite» aiguë, très souvent motivée par des intérêts particuliers, au nom du tristement célèbre «not in my backyard». Des embûches qui dissuadent et renchérissent l’investissement, le coût se reportant au final sur l’acheteur ou le locataire.

A l’heure du bilan de l’action du ministre de l’Economie, Guy Parmelin, démissionnaire, des voix relevaient l’impasse dans laquelle se trouve ce dossier. Si quelques mesures fédérales peuvent contribuer à améliorer la situation, la plupart des clés de sortie de crises se trouvent au niveau cantonal, voire communal. Il faut parfois oser rêver un peu pour espérer que nos édiles soient capables de transcender différends politiques et clivages partisans pour que la densification planifiée puisse devenir réalité. Dans le cas contraire, qui est à redouter, c’est dans les urnes que le peuple, qui a fait preuve le 14 juin d’une sagesse exemplaire en refusant l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», se défoulera. Et malheureusement, on ne pourra pas tout à fait lui donner tort.

Lire aussi: Saturation des transports et pénurie de logements: qu’est-ce qu’on a raté?
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