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À la veille du 1er juillet, traditionnellement jour de déménagement pour de nombreux ménages, des organismes de soutien des locataires constatent le manque de logements abordables dans la région. La situation actuelle fait hésiter certaines personnes à faire respecter leurs droits.
L’augmentation générale du coût de la vie demande aux gens de faire des concessions sur des priorités essentielles, selon le Comité autonome d’accessibilité au logement (CAAL).
L'organisme rapporte qu'en raison de l’accroissement du loyer, certaines personnes se retrouvent quasiment sans option pour s'assurer d'avoir un toit au-dessus de la tête.
Gabrielle Neveu, membre du CAAL de la Côte-de-Gaspé, avance que les gens préfèrent rester dans un logement qui ne respecte pas leurs droits de locataire plutôt que de se plaindre par peur de se retrouver à la rue.
Elle constate que le loyer moyen dans la région a subi une augmentation brusque de 42 % dans les sept dernières années pendant que le reste du coût de la vie a augmenté de 24 % durant la même période.
Certaines femmes qui vivent des violences conjugales s’obligent à rester dans leurs foyers, car elles n’ont nulle part où aller. Les logements sociaux sont pleins. Oui, il y en a en construction, mais beaucoup d’entrevues pour déterminer qui va y habiter sont déjà faites avant même la fin des travaux.
Bien que plusieurs bâtiments soient en construction, c’est le manque de logements abordables qui rend cette crise difficile, explique-t-elle. Elle observe que ce manque laisse place à de la discrimination de la part de certains propriétaires.

Un peu plus de 2000 logements sociaux existent déjà en Gaspésie, selon l'Institut de la statistique du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis
Gabrielle Neveu dénonce la réalité de certaines personnes qui ont peur de défendre leurs droits de locataires pour ne pas se créer une mauvaise réputation auprès des autres propriétaires.
Elle souligne aussi que la clause F du bail au Québec, prévue dans le Code civil, est un problème énorme pour les gens qui sont en location.
La clause F permet aux propriétaires de fixer le loyer qu’ils souhaitent pendant les cinq ans suivant la construction ou la conversion d’immeubles locatifs.
Selon plusieurs rapports disponibles sur le site de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux de rotation des logements est à son plus bas. Ces rapports indiquent que les seules villes où une augmentation est visible sont celles avec une forte population étudiante.

Ambroise Henry, directeur général du Groupe ressource en logements collectifs Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, soutient les propos de Gabrielle Neveu. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Selon lui, une trop grande partie de l’argent des contribuables est utilisée pour construire des maisons qui ne correspondent pas aux besoins des citoyens.
Ça fait dans les environs de deux ans et demi qu’il n’y a eu aucun appel de projets au Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ). Avant, quand c’était connu sous le nom d’AccèsLogis, on savait ce qui se passait. Maintenant, il y a un manque de transparence de la part du gouvernement.
Il reproche que l'entente du Fonds pour accélérer la construction de logements (FACL) entre le gouvernement fédéral et provincial n’est pas respectée par le Québec.
Le FACL est un accord d’un total de 1,8 milliard de dollars où chaque gouvernement est censé donner 900 millions de dollars.


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