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Crise à Kashechewan : la ministre des Services aux Autochtones rencontre les évacués

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La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, s’est finalement rendue samedi à Niagara Falls pour rencontrer les dirigeants et les membres de la communauté de Kashechewan, plus de deux mois après le déclenchement de l’état d’urgence lié à une crise de l’eau potable.

La visite survient après que la Première Nation eut récemment demandé la démission de la ministre, lui reprochant de ne pas s’être rendue sur place depuis la déclaration de l’état d’urgence le 4 janvier.

La panne du système de traitement de l’eau a forcé l’évacuation d’une grande partie des quelque 2300 habitants vers différentes villes de l’Ontario, notamment Timmins, Kapuskasing, Kingston et Niagara Falls.

La ministre Mandy Gull-Masty affirme que sa priorité lors de cette rencontre était d’entendre directement les membres de la communauté.

La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty

La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

 Ce qui comptait vraiment pour moi, c’était d’entendre directement les membres de la communauté. J’ai été invitée par le chef, le conseil et le grand chef, mais il était vraiment important pour moi de prendre le temps d’écouter attentivement les préoccupations des membres, explique-t-elle.

Même si certaines parties de la discussion ont été assez intenses, je tiens à reconnaître avec respect que ces membres sont aux prises avec un état d’urgence et une situation de crise […], je respecte ce qu’ils traversent.

Mme Gull-Masty, affirme vouloir travailler avec le chef et le conseil pour accélérer les discussions sur le déménagement tout en continuant de gérer la crise actuelle.

 Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est qu’il s’agit d’un dialogue permanent et que nous nous sommes engagés à collaborer, soutient-elle.

Le chef revient sur les appels à la démission

La semaine dernière, le chef Hosea Wesley avait publiquement demandé la démission de la ministre, dénonçant l’absence de rencontre avec la communauté depuis le début de la crise.

À la suite de la réunion publique du samedi, le ton semble s’être apaisé.

 Tout a changé par rapport à ça. C’était simplement de la frustration en voyant ma communauté vivre une situation comme celle-ci , explique-t-il.

Portrait du chef Hosea Welsey.

Le chef de Kashechewan, Hosea Wesley, affirme qu'il existe une voie positive à suivre, grâce à une collaboration avec le gouvernement fédéral pour résoudre les problèmes de sa communauté.

Photo : Jonathan Migneault/CBC

Le chef affirme vouloir maintenant travailler avec Ottawa pour accélérer le déménagement de la communauté, une revendication portée depuis plusieurs années.

Je suis convaincu que la Première Nation de Kashechewan et le gouvernement du Canada travailleront main dans la main pour résoudre ce problème qui perdure.

En attendant, les réparations de l’usine de traitement de l’eau devraient prendre entre huit et dix semaines, selon les ingénieurs rencontrés récemment, affirme le chef Wesley.

Quand va-t-on enfin trouver une solution pour nous?

Pour plusieurs habitants déplacés, l’attente devient de plus en plus difficile.

Rebecca Friday, une résidente évacuée à Niagara Falls, affirme que, même si les services sur place sont bons, la priorité demeure de rentrer chez soi.

 C’est bien d’une certaine façon parce qu’ils prennent soin de nous, mais c’est aussi difficile parce que je veux rentrer chez moi , confie-t-elle.

Portrait de  Rebecca Friday.

Rebecca Friday est une résidente de Kashechewan.

Photo : Jonathan Migneault/CBC

Selon elle, les évacuations répétées font désormais partie de la réalité de la communauté, mais celle-ci se distingue par sa durée et par son impact.

 C’est quelque chose que l’on n’attend pas avec impatience chaque année. On n’a pas hâte de devoir partir, on veut être chez soi , dit-elle.

Quand va-t-on trouver une solution pour nous ? Parce que ça fait presque 50 ans, voire plus. Pourquoi faut-il attendre si longtemps pour obtenir notre déménagement ?

De son côté, Leona Metatawabin, mère de cinq enfants, explique que la situation est particulièrement difficile pour les plus jeunes.Trois de ses enfants sont à Niagara Falls, avec elle, et deux sont à Kapuskasing avec sa mère.

Des personnes brandissent des pancartes.

Pour plusieurs familles, l’évacuation pèse lourdement sur le quotidien.

Photo : Jonathan Migneault/CBC

 Ce n’est pas facile. Je sais que mes enfants veulent rentrer chez eux. Leur maison et leur environnement familier leur manquent, raconte-t-elle.

Elle dit espérer que les discussions mèneront à des solutions concrètes, notamment pour  améliorer les infrastructures d’eau et envisager un déménagement de la communauté vers un autre terrain.

 Cette évacuation nous pèse à tous et c’est vraiment difficile pour tout le monde d’être ici, d’avoir dû quitter nos maisons, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Jonathan Migneault de CBC

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