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Par Martin Hézode
Publié le 30/09/2026 à 19h40, mis à jour le 30/09/2026 à 20h31
À la veille de la présentation du budget par le gouvernement, le deuxième plus gros gestionnaire d’actifs au monde dresse un constat alarmant sur les finances publiques du pays, s’inquiétant de la perspective de l’élection présidentielle 2027.
Passer la publicité Passer la publicitéLe gouvernement présentera sa copie pour le budget 2027 ce jeudi 1er octobre, le dernier de la présidence d’Emmanuel Macron. Les investisseurs l’auront à l’œil, car la situation financière de la France les préoccupe grandement. Notamment Vanguard, deuxième plus gros gestionnaire d’actifs au monde, avec près de 12.000 milliards de dollars sous gestion. Le géant américain a dressé ce mercredi 30 septembre, dans le Financial Times, un constat alarmant sur l’état des finances publiques du pays.
La France constitue désormais «un crédit dégradé de long terme» et même le principal talon d’Achille de la soutenabilité de la dette en Europe, estime Vanguard. À cette fragilité structurelle s’ajoute l’incertitude liée au scrutin présidentiel du printemps prochain, qui alimente les craintes des investisseurs. «Lors de l’élection de l’année prochaine, certains partis politiques pourraient se livrer à de la surenchère politique, ce qui pourrait faire émerger de nouvelles propositions d’assouplissement budgétaire», a déclaré Ales Koutny, responsable des taux internationaux de Vanguard.
«Les gens oublient que les offres sur les marchés de la dette qui deviennent le centre de préoccupations géopolitiques peuvent disparaître en période de crise», avertit également le gestionnaire d’actifs, alors que le résultat de l’élection présidentielle pourrait encourager certains investisseurs à ne plus financer la dette de la France. Le prestigieux quotidien britannique cite notamment l’inquiétude générée par la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’«annuler» la dette contractée par la France auprès de la Banque centrale européenne (BCE), y voyant le signal d’une absence de volonté politique de rétablir les finances publiques.
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Hausse des coûts d’emprunt
Le géant financier américain prévoit ainsi une augmentation prolongée du coût d’emprunt de l’État français, alors que les taux d’intérêt des obligations françaises ont atteint cette semaine leur plus haut niveau depuis 2008, à 4,8%. Faute d’efforts politiques visant à rétablir les comptes publics, ces taux pourraient continuer à progresser, tirés par la demande des investisseurs pour des primes de risque plus élevées. Il en serait ainsi de même pour le «spread», l’écart de rendement entre les obligations françaises et celles d’autres pays. Ce dernier a atteint 1,2 point entre la France et l’Allemagne ce mercredi, un niveau jamais vu depuis 2012, et une hausse à 1,5 point est «une forte possibilité» selon le fonds d’investissement.
En attendant l’échéance présidentielle de 2027, le gouvernement présentera ce jeudi son projet de budget pour l’année à venir. L’exécutif espère atteindre un déficit public de 5% du PIB pour le prochain exercice, alors que la dette publique représente désormais près de 119% du PIB. Selon l’Agence France Trésor, les intérêts de cette dette pourraient s’élever à 72,9 milliards d’euros en 2027, soit plus que le budget total de l’Éducation nationale.


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