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France 21/05/2026 13:57 Actualisé le 21/05/2026 18:26
La compagnie aérienne et le constructeur avaient été relaxés en première instance. Le crash avait fait 228 morts en 2009.

AFP
Le crash du vol Rio-Paris a fait 228 morts en 2009
C’était un jugement extrêmement attendu. Air France et Airbus ont été condamnés ce jeudi 21 mai en appel pour homicides involontaires, 17 ans après le crash du vol Rio-Paris qui avait coûté la vie à 228 personnes en 2009. La compagnie aérienne et le constructeur avaient été relaxés en première instance mais la cour d’appel de Paris les a finalement déclarés « seuls et entièrement responsables » de l’accident le plus meurtrier de l’aviation française.
Les deux sociétés ont été condamnées à la peine maximale de 225 000 euros d’amende pour ce crash. Une condamnation essentiellement symbolique mais qui ternit l’image des deux entreprises.
Précisément, le transporteur Air France a été déclaré coupable de ne pas avoir mis en œuvre une formation des pilotes adaptée aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent à l’extérieur de l’avion la vitesse de l’appareil, ni procédé à une information suffisante des équipages, ce que la compagnie a toujours démenti.
Quant à Airbus, la justice lui reproche d’avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques et de n’avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour en informer d’urgence les compagnies aériennes qui en étaient équipées, ce que le constructeur conteste également.
Pourvoi en cassation
Désormais, Air France va se pourvoir en cassation. Le transporteur « regrette cette condamnation alors qu’un non-lieu avait été rendu au terme de l’instruction et qu’une décision de relaxe avait été prononcée en première instance par le tribunal judiciaire de Paris ». « La compagnie a conscience que ce recours vient prolonger une procédure déjà longue, particulièrement pour les familles et les proches des victimes, mais rappelle que la responsabilité pénale d’Air France a par deux fois été écartée par la justice », ajoute-t-il.
Pour sa part, Airbus avait annoncé dès la sortie de l’audience se pourvoir en cassation contre cette décision de justice avant tout symbolique mais désastreuse pour l’image des deux entreprises.
En première instance comme en appel, Airbus et Air France se sont farouchement défendus de toute responsabilité pénale. Pointant des mauvais choix faits par les pilotes dans l’urgence, le représentant d’Airbus a estimé à la barre que « les facteurs humains ont été prédéterminant » dans l’accident.
« Rien n’est venu, aucune parole de réconfort sincère. C’est une défense en granit. Un seul mot résume tout ce cirque : l’indécence », avaient fustigé les deux avocats généraux dans leur réquisitoire fin novembre. « Seize années pour venir raconter n’importe quoi et nous sortir des arguments de la manche ou du chapeau, c’est inadmissible de la part d’une compagnie ».
« Cette condamnation doit résonner comme un avertissement »
Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’était abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage. À bord de l’A330 immatriculé F-GZCP se trouvaient des personnes de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens.
Les boîtes noires ont confirmé le point de départ de l’accident : le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l’avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du « Pot au noir », près de l’équateur. Pour le parquet général au procès, les fautes d’Airbus et d’Air France sont « caractérisées » et ont « concouru, de façon certaine, à la survenance du crash aérien ».
« Cette condamnation jettera l’opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies » et « doit résonner comme un avertissement », avait estimé à l’audience l’an dernier l’avocat général Rodolphe Juy-Birmann.


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