Le mois dernier, l'hôpital du Valais avait envoyé des copies de factures à des familles de blessés et des factures à l'État italien. Le président suisse Guy Parmelin a rencontré Giorgia Meloni et Sergio Mattarella pour désamorcer le conflit.

La rédaction - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 08:52 - Temps de lecture :

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Quinze jours après le scandale, l'apaisement : alors que des blessés italiens de l'incendie de Crans-Montana avaient reçu fin avril des copies de factures d'hospitalisation en Suisse, provoquant l'indignation de Rome, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, s'est entretenu avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni lundi et avec le président Sergio Mattarella mardi pour désamorcer le conflit.

« Les personnes blessées lors de l'incendie à Crans-Montana et leurs familles, quel que soit leur lieu de résidence, n'auront rien à payer pour les soins médicaux dispensés dans les hôpitaux suisses immédiatement après la catastrophe. Ces frais seront pris en charge par l'aide aux victimes, dans la mesure où ils ne sont pas couverts par les assurances. Afin d'éviter tout malentendu, la Suisse n'enverra plus de copies de factures aux familles des victimes », a-t-il écrit dans une série de tweets après avoir rencontré Giorgia Meloni en marge du sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, en Arménie.

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Mardi, à Rome, Guy Parmelin a réitéré ses engagements auprès de Sergio Mattarella et du ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani.

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Le mois dernier, plusieurs familles de blessés italiens du drame de Crans-Montana avaient reçu des copies de factures de plusieurs dizaines de milliers d'euros venant de l'hôpital du Valais, à Sion, qui avait accueilli de nombreux blessés graves juste après la catastrophe du Nouvel An. L'État italien, de son côté, avait reçu trois factures pour un total de 109 000 euros.

Giorgia Meloni avait alors dénoncé « une insulte, mais aussi une véritable farce, que seule une bureaucratie inhumaine pouvait produire ». De son côté, l'ambassadeur d'Italie à Berne, Gian Lorenzo Cornado, avait affirmé que « l’État italien ne prendra jamais à sa charge les frais des soins prodigués pendant seulement quelques heures à nos jeunes qui ont été intoxiqués ou brûlés et qui ont souffert à cause de l’irresponsabilité des gérants de l’établissement où les sorties de secours avaient été condamnées, et des autorités communales et cantonales qui auraient dû effectuer ou ordonner les contrôles et ne l’ont pas fait ».

L'ambassadeur italien en Suisse est « soulagé »

Interrogé mardi par la Radio télévision suisse, l'ambassadeur s'est dit « soulagé ». « Il n'y aura plus de copies de factures envoyées aux patients, on ne demandera jamais de paiement aux familles pour les soins reçus en suisse et il y a un engagement à chercher une solution pour éventuellement renoncer à demander le remboursement de ces frais à l'État italien, mais c'est une décision que doit encore prendre le conseil fédéral », a détaillé Gian Lorenzo Cornado. « L'envoi des copies des factures est un procédé que nous ne connaissons pas chez nous, des factures en français où il était bien indiqué qu'elles n'étaient pas à payer, certains ne l'ont pas compris tout de suite [...] avec des montants exorbitants. » « La Suisse ne manque pas d’humanité, mais elle est certainement plus attachée à une approche bureaucratique », a-t-il encore commenté.

Six Italiens sont morts dans la catastrophe du Nouvel An au bar Le Constellation et 10 autres ont été blessés, ce qui fait de l'Italie la troisième nation la plus touchée par le drame derrière la Suisse et la France. Au total, 13 patients italiens avaient été hospitalisés à un moment ou un autre en Suisse. Fin janvier, la remise en liberté contre caution de Jacques Moretti, le patron français du bar, avait provoqué une crise entre la Suisse et l'Italie, qui avait temporairement rappelé son ambassadeur et demandé à participer à l’enquête judiciaire.

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