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Une mère dont la fille fréquente le centre de la petite enfance (CPE) de Roberval Le Jardin de Robi voit la lumière au bout du tunnel. La semaine dernière, le Tribunal administratif du travail (TAT) a ordonné le maintien de services dans le CPE, où une grève générale illimitée perdure depuis octobre.
Jeudi, les représentants syndicaux et la direction du CPE doivent participer à une rencontre en compagnie de conciliateurs du TAT. Les parties doivent déterminer quels services seront maintenus afin d’assurer le bien-être de la population, comme le réclame la loi 14.
À partir du moment où le TAT a rendu sa décision, le syndicat et l’employeur disposaient de sept jours pour tenter d’en arriver à une entente.
On vit ce problème-là depuis plus de cinq mois. [...] Ça a été un vent de fraîcheur, indique au micro de C'est jamais pareil Audrey Lemieux-Demers, dont la fille de cinq ans possède sa place au CPE.

Audrey Lemieux-Demers est la mère d'une fillette fréquentant le CPE Le Jardin de Robi à Roberval. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Pour les parents, les conséquences du conflit de travail ont été ressenties avant le déclenchement de la grève générale illimitée, le 22 octobre, puisque plusieurs journées de grève l’ont précédée, rappelle-t-elle. Ces journées de grève faisaient partie du mouvement provincial, alors que celles du présent conflit, relèvent des négociations locales.
Sur le plan de l’organisation familiale, les derniers mois ont été complexes, reconnaît-elle. Grâce à l’aide des grands-parents et au dépannage de la halte-garderie locale, elle a pu se débrouiller, mais estime que d’autres familles ont souffert davantage.
Il y a des nouveaux arrivants qui n’en ont pas, de famille, puis qui ne sont pas capables de se débrouiller. Il y en a qui ont eu des pertes d'emploi, il y en a qui ont changé d'emploi parce que ça leur prenait des [quarts] de soir plutôt que de jour, explique-t-elle.
De surcroît, la coupure de la routine familiale a engendré de l’anxiété chez son enfant. Elle s'ennuie de ses amis, elle s'ennuie de sa garderie. Elle est tannée de se faire promener d'un bord, puis de l'autre.
Je sais que pour d'autres enfants, c'est encore plus difficile. Il y a eu des régressions chez certains enfants, note-t-elle.
En tant que parents, on veut que nos enfants puissent retrouver leur routine, leurs amis, leurs éducatrices.
Pas la fin du conflit
Depuis le début du conflit, les parents ont été très peu consultés, estime-t-elle. Un groupe de parents dont elle fait partie a envoyé des lettres au Tribunal des droits de la personne et a cogné à énormément de portes pour que ça bouge le plus rapidement possible, explique-t-elle.
Si elle se réjouit de constater que le dossier progresse, Audrey Lemieux-Demers se dit bien consciente que la décision rendue par le TAT ne signe pas la fin du conflit de travail au CPE.
On souhaite qu'il y ait le plus d'ouverture possible, mais on sait bien que le syndicat va travailler à contresens de ce que le patronat va demander. Ça fait qu’on ne sait pas à quoi s'attendre, commente-t-elle.

Le conflit de travail au CPE Le Jardin de Robi est le premier à être visé par un décret gouvernemental en vertu de la loi 14. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson
Par ailleurs, certaines des conclusions du TAT ouvrent la porte à diverses interprétations qui pourraient influencer la nature des services maintenus, selon elle.
Notamment, le TAT a statué que la privation d’un service de garde éducatif sur une si longue période a un impact disproportionné sur la sécurité sociale des enfants, en particulier ceux qui présentent une vulnérabilité particulière.
Audrey Lemieux-Demers redoute que les enfants qui n’ont pas de besoins particuliers, comme sa fille, soient exclus d’une telle définition.


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