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Course contre la montre pour le plus grand projet immobilier de Montréal

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Une course contre la montre est engagée à l’Assemblée nationale en vue de l’adoption du projet de loi 22, qui est essentiel pour lancer le chantier du futur quartier Namur-Hippodrome, à Montréal. Cette loi doit être adoptée pour que la gestion du projet de 20 000 logements, dont la moitié sociaux ou abordables, soit confiée à l’organisme à but non lucratif GALOPH (Groupe d’accélération pour l’optimisation du projet de l’hippodrome). Le point sur ce projet majeur de la Ville de Montréal, attendu depuis près de 15 ans sur le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets.

Où en est cet ambitieux projet immobilier ?

Selon ce que Le Devoir a appris, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a fait part de son inquiétude à la première ministre, Christine Fréchette, lors d’une rencontre mercredi à l’hôtel de ville : si le projet de loi 22 n’est pas adopté d’ici la fin de la session parlementaire, à la mi-juin, elle craint que le chantier fort attendu du quartier Namur-Hippodrome soit reporté de plusieurs mois.

Les élections provinciales du 5 octobre viennent bousculer le calendrier parlementaire. Le gouvernement doit déterminer ses priorités législatives en vue du sprint de fin de session qui s’amorcera le 5 mai. Des sources ont indiqué être persuadées que ce projet de loi soit adopté avant la fin de la session parlementaire.

Pourquoi ce projet de loi est-il important ?

La Ville de Montréal a besoin d’une autorisation de Québec pour confier la gestion du projet immobilier à un OBNL. Le projet de loi 22, déposé par l’ex-ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault, permettra à la Ville de céder des terrains à l’OBNL appelé GALOPH et de les exempter de taxes foncières.

Il s’agit d’une façon inédite, pour la Ville, de créer un nouveau quartier. « C’est un modèle innovant, qui nous permet de répondre plus rapidement à la crise du logement. On n’a plus le luxe d’attendre, on a besoin de logements maintenant », a expliqué Caroline Braun, responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Qu’est-ce que le GALOPH ?

Ce groupe issu de la société civile a été créé en 2023 pour relancer le projet de quartier Namur-Hippodrome, qui stagnait depuis plus d’une décennie. Claude Pinard, numéro deux de l’administration Martinez Ferrada, a contribué à la fondation du GALOPH alors qu’il dirigeait Centraide.

Le GALOPH, formé d’une quinzaine de personnalités issues du milieu des affaires, de l’immobilier et du communautaire, a rallié la Ville de Montréal et le gouvernement du Canada, qui ont accordé un total de 320 millions de dollars pour construire les égouts et les aqueducs du futur quartier.

Qui sont les membres de cet OBNL ?

En attendant l’adoption du projet de loi 22, le groupe s’est mis en pause et réfléchit à sa future gouvernance. Les coprésidents du groupe restent Pierre Boivin, président et chef de la direction de Claridge (anciennement chez le Canadien de Montréal) et Janie Béïque, présidente et cheffe de la direction du Fonds de solidarité FTQ. Clément Demers, architecte, urbaniste, professeur et gestionnaire émérite, a pris la relève de Claude Pinard en tant que l’un des administrateurs du GALOPH.

La composition du conseil d’administration de l’OBNL reste à déterminer, après l’adoption du projet de loi 22.

Pourquoi la gouvernance du GALOPH est-elle importante ?

Cet OBNL aura la responsabilité de lancer le plus important développement immobilier à Montréal, au Québec et possiblement au Canada. Un chantier crucial, en pleine crise du logement et de l’itinérance. Projet Montréal, qui forme l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, a déposé cette semaine une motion « pour assurer une gouvernance transparente et une gestion rigoureuse des actifs et fonds publics dans le développement du quartier ».

Dans l’ensemble, la motion réclamait que la cession du terrain de l’hippodrome par la Ville soit conditionnelle à la mise en place, par le GALOPH, d’une gouvernance qui intègre des élus du comité exécutif et de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, des représentants du milieu communautaire et des experts en logement hors marché.

« Nous trouvons que le GALOPH a fait du bon travail pour accélérer le développement du futur quartier. On ne doute pas de la bonne foi du GALOPH et de l’administration, mais on veut s’assurer que le groupe continue de travailler pour le bien commun », explique au Devoir Émilie Brière, conseillère municipale dans Côte-des-Neiges.

Quelles sont les inquiétudes liées au futur quartier ?

Autrefois, le logement social était entièrement subventionné et géré à l’aide de fonds publics. Les habitations à loyer modique, ces fameuses HLM gérées par les municipalités, sont conçues sur mesure pour les ménages défavorisés, qui consacrent 25 % de leurs revenus à leur loyer.

Devant l’explosion des coûts de construction, le logement social est graduellement mis de côté pour des concepts comme le logement « hors marché » ou abordable. Québec a même créé une nouvelle catégorie d’habitations « abordables intermédiaires », qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses : 1267 $ par mois pour un studio, 1465 $ pour un logement d’une chambre, 1648 $ pour deux chambres, 1939 $ pour trois chambres et 2638 $ pour quatre chambres.

On peut se demander pour qui ces loyers sont « abordables ». C’est pour cela que Projet Montréal insiste pour que le GALOPH compte dans ses rangs des représentants de la communauté et des experts en logements sociaux.

Quelle est la vision de la mairesse pour ce futur quartier ?

L’administration Martinez Ferrada s’engage à respecter la vision ambitieuse pour le quartier, décrite dans le plan directeur d’aménagement et de développement adopté en 2024 par l’équipe de l’ancienne mairesse Valérie Plante. En coulisses, on nous dit que le conseil d’administration du futur GALOPH continuera de refléter la communauté locale — ce qui a permis de mettre en place un projet de quartier qui fait consensus dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Le parti au pouvoir a battu la motion de Projet Montréal, en assurant que tout est en place pour un futur quartier inclusif. L’opposition officielle craint de n’avoir pas la même définition de l’inclusivité.

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