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L'Angleterre affronte l'Argentine ce mercredi à 21 heures en demi-finale de la Coupe du monde. Au-delà du sport, cette confrontation ravive une forte rivalité historique et géopolitique.
La rédaction - Aujourd'hui à 16:07 | mis à jour aujourd'hui à 16:56 - Temps de lecture :
« Ce n'est qu'un match de football, rien de plus, point final », a affirmé le sélectionneur argentin Lionel Scaloni après avoir gagné son ticket pour les demi-finales du Mondial qui opposeront son équipe à l’Angleterre. Pourtant, l’histoire entre les deux nations, aussi bien sportive que géopolitique, n'a rien d’un « simple match de football ». Le symbole le plus frappant pourait être cette chanson, devenue l'un des hymnes des supporters argentins de la compétition et reprise en chœur dans les vestiaires par les joueurs : « Je veux voir briller la quatrième étoile sur le maillot. Je suis argentin du berceau à la tombe. Pour les Malouines. Pour Diego (Maradona), et pour la dernière de Léo (Messi) ».
« Pour les Malouines » dit la chanson. Voilà peut-être l'une des premières pierres à l'édifice de leur rivalité. En avril 1982, l'armée argentine débarque sur ces îles de l'Atlantique Sud, alors sous souveraineté britannique depuis le XIXe siècle. La riposte du Royaume-Uni, dirigé par Margaret Thatcher, est immédiate et brutale : le conflit fait plus de 900 morts, avant une victoire britannique qui précipitera la chute de la junte militaire argentine. Plus de quarante ans plus tard, l’Argentine continue de revendiquer la souveraineté de l'archipel, une position inscrite dans sa Constitution, tandis que Londres s'appuie sur un référendum organisé en 2013, où la population locale s'est très largement prononcée pour rester britannique. Régulièrement, Buenos Aires réclame à Londres la réouverture de négociations.
La « main de Dieu » et le feu aux poudres
Sur le terrain, les deux nations n'ont pas attendu 1982 pour cultiver ce sens de l'affrontement. En 1966, un quart de finale d'une intensité rare avait valu aux joueurs argentins d'être qualifiés d'« animaux » par le sélectionneur anglais de l'époque, Alf Ramsey. Vingt ans plus tard, en pleine séquelle de la guerre des Malouines, Diego Maradona entre dans la légende avec deux buts inscrits contre l'Angleterre en quart de finale du Mondial 1986. D’abord, la légendaire « main de Dieu », but marqué délibérément du poignet, puis un slalom individuel resté dans l'histoire comme le « but du siècle ».
Les confrontations suivantes n'ont rien arrangé : élimination de l'Angleterre aux tirs au but en 1998, où David Beckham avait écopé d'un carton rouge après des mois de provocations, puis une revanche anglaise en phase de poules en 2002. Lors de ce Mondial, la fédération argentine a d'ailleurs obtenu l'autorisation de disputer cette demi-finale dans son maillot bleu foncé, celui-là même porté par l'Albiceleste il y a quarante ans. Symbole, une fois encore, que le choc s'annonce éléctrique ce mercredi à l'Atlanta Stadium.


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