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Coupe du monde 2026 : avant les 8es de finale, l’ambition sans limite du Maroc

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Le capitaine Achraf Hakimi qui semble dire que tout est dans la tête, et donc dans le mental

Le capitaine Achraf Hakimi qui semble dire que tout est dans la tête, et donc dans le mental Eloisa Sanchez / REUTERS

Perçus comme «un horrible cauchemar» par le sélectionneur canadien qui les défiera ce samedi (19h) pour une place en quarts, les Lions de l’Atlas rêvent en grand sur cette compétition. Avec confiance ou... arrogance ?

«On est entré dans une autre dimension, les joueurs croient en eux et les adversaires respectent le Maroc. On doit y croire, on doit viser ce titre. Comment va-t-on atteindre cet objectif ? En étant à 200% à chaque fois et en préparant au mieux les matches.» Il y a moins de dix jours, une fois la qualification pour les 16es de finale entérinée après un succès paradoxalement pas des plus convaincants contre Haïti (4-2), le sélectionneur marocain Mohamed Ouahbi n’avait pas caché son ambition, ainsi que celle de ses joueurs. À savoir devenir la première nation africaine à remporter le titre mondial, quatre ans après avoir déjà la première à atteindre le dernier carré. Et la victoire arrachée ensuite face aux Pays-Bas lors de la séance de tirs au but (1-1, 3 réussites à 2) n’est évidemment pas un frein à celle-ci, bien au contraire...

D’ailleurs, le même Mohamed Ouahbi en a remis une couche au moment d’évoquer le 8es de finale qui attend son équipe ce samedi (19h) face au Canada à Houston. «C’est une équipe qui va nous poser d’autres problèmes mais la clé, c’est que personne ne peut nous arrêter si on fait les choses comme on le doit. On donne les moyens depuis des années au Maroc de réussir, c’est la mentalité qu’on veut. On croit en nous mais on doit le montrer. La Coupe du monde au Qatar a changé les mentalités. Je suis bien placé pour le savoir avec les U20 (champions du monde en 2025 sous ses ordres). Aujourd’hui, les joueurs croient en eux. Les supporters aussi.» Un discours résolument positif qui pourrait s’assimiler à de la méthode Coué si les résultats ne donnaient raison au technicien de 49 ans.

On sait qu’on peut gagner en défendant très bien, mais on ira beaucoup plus loin en utilisant mieux le ballon.

Mohamed Ouahbi

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Dès leur premier match contre le Brésil lors de cette Coupe du monde, les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont donné le ton, notamment en termes d’intensité, de pressing, avec aussi un buteur inattendu, Ismael Saibari, auteur de trois buts depuis le début de la compétition à un poste de numéro 9 qui n’est pourtant pas le sien d’habitude. Mais qu’il a su apprivoiser à la vitesse de l’éclair, s’ouvrant ainsi les portes d’un transfert au Bayern Munich, lui qui évoluait jusqu’à présent au PSV Eindhoven. Néanmoins, tout n’est pas encore parfait dans le jeu des Lions de l’Atlas, comme le reconnaît Ouahbi, sans s’empêcher d’être optimiste quant à la capacité de ses troupes de poursuivre leur progression collective. «On essaye de s’améliorer en suivant l’évolution du foot moderne. Ainsi, on sait bien défendre bloc bas mais on doit s’améliorer encore dans l’utilisation du ballon pour avoir plus de maîtrise, tout en étant plus dangereux. Ça demande du temps, mais les joueurs assimilent vite. On sait qu’on peut gagner en défendant très bien, mais on ira beaucoup plus loin en utilisant mieux le ballon.»

Ayyoub Bouaddi, symbole d’un Maroc beaucoup plus joueur

Maintenant, se pose la question de savoir si cette ambition, clairement affichée et revendiquée, ne pourrait pas, in fine, se retourner contre le Maroc. Ce que ne croit pas l’ancien international Abdeslam Ouaddou, qui confiait son sentiment dans les colonnes de L’Équipe : «C’est une équipe sereine, elle connaît le projet de jeu. On est plus dans l’identité marocaine, des équipes joueuses. C’est teinté d’un peu d’arrogance et c’est important car elle n’est pas mal placée. C’est l’idée que ce Maroc des années 2020 vient pour chercher des titres, ne se contente pas de passer le premier tour.» Symbole du changement de paradigme marocain, désormais plus porté sur l’offensive, l’émergence au plus haut niveau international du Lillois Ayyoub Bouaddi. À 18 ans, celui-ci fait étalage d’une maturité et d’une maîtrise technique impressionnante dans l’entrejeu, là où un Sofyan Amrabat, il y a quatre ans, apportait surtout de l’impact sur le plan défensif et athlétique.

Ayyoub Bouaddi face au Brésil CAEAN COUTO / REUTERS

Beaucoup plus joueur qu’auparavant, le milieu de terrain marocain a séduit tous les observateurs lors des deux matches qui comptaient le plus : ceux face au Brésil et aux Pays-Bas. Et comme la défense, avec toujours un dernier rempart – Yassine Bounou – décisif si besoin est, demeure solide, les Lions de l’Atlas ont le droit de rêver en grand. Tout en perturbant la nuit de leurs futurs adversaires, à en croire Jesse Marsch, le sélectionneur canadien qui confie avant de les défier : «Se préparer pour le Maroc, c’est comme un horrible cauchemar. Je me dis que je ne veux pas les voir jouer car ils sont trop forts.» Difficile, en entendant cela, de ne pas être confiants et ambitieux…

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