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Coupable du meurtre « crapuleux » d’un bambin, elle pourra demander une libération

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Elle a beau avoir commis des gestes « atroces » et le « meurtre crapuleux d’un enfant », Stéphanie Meunier pourra s'adresser à un jury afin d'obtenir une libération anticipée, a tranché un juge de la Cour supérieure, mercredi.

Emprisonnée depuis 2008 et reconnue coupable du meurtre au premier degré du petit Jérémy Bastien-Perron en 2011, Meunier n'est pour le moment admissible à une libération conditionnelle qu'en 2033. Or, elle a demandé au tribunal la permission de présenter une demande de libération anticipée et a obtenu ce que l’on appelle communément la clause de la dernière chance.

Cette clause avait été abolie par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2011. Stéphanie Meunier y demeurait admissible, puisqu’elle avait été emprisonnée avant ce changement législatif.

Dans sa décision, le juge Mario Longpré a rappelé les circonstances horribles et inimaginables qui ont mené à la mort du bambin. En 2008, Stéphanie Meunier commençait une relation avec le père de l’enfant, Francis Bastien, lui-même condamné à 50 mois de prison en 2015 pour son rôle dans cette histoire.

Rapidement, la belle-mère a commencé à infliger à l'enfant des sévices corporels pénibles à décrire. Ce martyre a perduré plusieurs mois, jusqu’à la mort de Jérémy, frappé brutalement à la tête en décembre 2008.

La pathologiste qui a examiné le corps de l'enfant après son décès a décrit l’ampleur de ses blessures, des observations que le juge Longpré a rappelées mercredi. Coups avec divers objets, plaies ouvertes aux fesses et même morsures sur les bras et les jambes : le magistrat a souligné le drame humain que [Jérémy] a vécu durant la dernière semaine de sa courte vie.

Malgré cela, le juge Longpré a conclu que la gravité de l’infraction en soi [n'était] pas suffisante pour refuser la demande de Meunier.

Une femme sort escortée par deux policiers, un capuchon sur la tête.

Stéphanie Meunier lors de son arrestation en 2008. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

C’est que, malgré l’horreur de son crime, Stéphanie Meunier a plaidé son parcours exemplaire depuis qu’elle est emprisonnée.

Le juge Longpré devait établir s'il existait une probabilité marquée qu'un jury puisse trancher en faveur de Meunier et la laisse sortir avant la fin de la période de 25 ans.

Le magistrat a rappelé que, même si les jurés se rangeaient derrière la demande, la décision incomberait à la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Un parcours exemplaire

Selon le juge, la femme de 46 ans a montré qu’elle avait fait des progrès importants et méritoires depuis son incarcération. Elle a notamment cessé de consommer de la drogue, s’est impliquée dans plusieurs groupes de soutien et a obtenu plus de 300 sorties supervisées.

Elle est pleinement investie dans sa réhabilitation et fait preuve d’une grande motivation à s’améliorer, a-t-il noté.

La preuve démontre qu’elle admet son délit et reconnaît le tort qu’elle a causé à la victime et à son entourage.

Lors d’une audience en septembre dernier, plusieurs membres de la famille de Jérémy Bastien-Perron avaient déposé des lettres pour s’opposer à la demande de Meunier. Ce serait une injustice insupportable, avait écrit l’un d’entre eux.

Stéphanie Meunier sera de retour au tribunal en avril pour la suite des procédures.

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